Au Maroc, le Comité de solidarité avec le professeur Saïd Nachid a estimé que l’affaire de ce dernier soulève « la question centrale du degré d’appréciation et de considération que notre pays confère aux différentes expressions de notre capital symbolique, y compris dans les domaines de la production créative, du génie intellectuel, scientifique et littéraire », soulignant que c’est dans ce cadre que doivent être traités les cas de Nachid et d’autres créateurs.

Dans un communiqué relayé par le site arabophone Hespress.com, , le comité appelle à accorder toute la considération aux formes de créativité intellectuelle, littéraire et scientifique, et à les placer au cœur de la valeur ajoutée culturelle de notre pays, conformément à la vision royale exprimée en 2014, selon laquelle « le capital immatériel a commencé à être intégré comme une des composantes fondamentales d’évaluation de la richesse… ».

Et d’ajouter que c’est un critère qui permet d’intégrer « les atouts qui ne sont pas pris en compte dans les approches financières classiques », en ce sens qu’il s’agit de « mesurer le capital historique et culturel de tout pays, parallèlement aux autres caractéristiques qui le distinguent, notamment son capital humain et social, la confiance, la stabilité, la qualité des institutions, l’innovation et la recherche scientifique, la création culturelle et artistique, la qualité de la vie et de l’environnement, et d’autres éléments encore ».

Le comité a fait savoir qu’il a confié à sa cellule juridique, composée d’experts et de spécialistes en droit, d’examiner si la décision de l’exclusion prise à l’encontre du professeur Nachid est en adéquation avec les faits qui lui sont reprochés et de voir si cette mesure ne relève pas plutôt d’un abus de pouvoir de la part de certains responsables administratifs.

Bio express

Selon le site casablancais Medias24.com, voici la version des faits qu’évoque M. Nachid sur sa page Facebook:

« J’ai débuté ma carrière, en tant qu’enseignant de français, dans une école primaire puis je suis devenu enseignant de philosophie au secondaire, dans des écoles à Fès et à Settat. Grâce au soutien de feue Assia El Ouadie (magistrate et femme de terrain, décédée en novembre 2012, NDLR), et de trois organisations de défense des droits de l’Homme, j’ai, ensuite, réussi à obtenir le poste de directeur éducatif, dans un centre de réforme. Malheureusement, bien qu’elle ait été signée par les ministères de l’Education nationale et de la Justice, la décision relative à cette nomination ne m’est jamais parvenue ».

« J’ai ainsi continué mon métier d’enseignant, tout en me mettant à l’écriture ». Après la publication de son deuxième livre, « la direction provinciale de l’éducation nationale de Settat a décidé que je devais retourner à l’enseignement primaire, dans une région reculée, pour combler le manque d’enseignants. Malgré les interventions de l’inspecteur de philosophie et du directeur du lycée où j’exerçais pour me défendre ainsi que mon travail, la direction a maintenu sa décision ». Des jours après, M. Nachid « a, ensuite, été surpris par une décision lui interdisant de quitter le pays, pour participer aux séminaires internationaux, auxquels il était invité, sous prétexte que son retour à l’enseignement primaire le prive de ce droit ».

Article19.ma

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