Des associations jugent « inapplicables » les mesures censées protéger les droits des jeunes travailleuses et dénoncent une légalisation de l’emploi des mineures.

Le porte-parole du gouvernement marocain n’a pas caché sa fierté lorsqu’il a annoncé, jeudi 3 août, l’adoption de deux décrets relatifs aux conditions de travail des employées de maison âgées de 16 à 18 ans.

Présentés comme une avancée significative dans la protection des droits pour les jeunes travailleuses, les décrets ont toutefois suscité une vague d’indignation du côté des associations, qui regrettent des mesures « inapplicables » et « une loi prétexte » pour légaliserl’emploi des 16-18 ans.

« Sous couvert de protéger les mineures, on légalise leur travail en douce. Ces décrets sont une excuse pour éviter d’interdire le travail des mineures », s’indigne une militante pour la scolarisation des petites filles au Maroc, qui souhaite rester anonyme.

Il y a un an pourtant, une loi avait donné un espoir à cette catégorie fragile de la population. En juillet 2016, le Parlement marocain avait voté une loi donnant pour la première fois un cadre juridique aux travailleuses domestiques, autrefois exclues du code du travail. Le texte fixe à 18 ans l’âge minimum de travail, avec une période de transition de cinq ans, à compter de l’entrée en vigueur de la loi, pendant laquelle les filles de 16 à 18 ans peuvent continuer de travailler. A l’époque déjà, cette autorisation avait fait polémique. Les responsables politiques s’étaient alors engagés à garantir la sécurité des jeunes travailleuses. Un an plus tard, le gouvernement a tranché : leur travail est légal, sous certaines conditions listées dans les nouveaux décrets.

Quinze travaux ménagers interdits

« Des conditions impraticables ! », dénonce Bouchra Ghiati, présidente de l’Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (Insaf). Vivement critiqué depuis son entrée en vigueur le 10 août, un des décrets dresse une liste de quinze travaux ménagers interdits aux mineurs : l’utilisation du fer à repasser, des appareils électroniques ou tranchants, la manipulation des produits médicamenteux ou des détergents composés de substances reconnues dangereuses, entre autres.

Mais comment faire appliquer ces mesures ? « Les domiciles sont inviolables. Les inspecteurs, déjà peu nombreux, et les assistantes sociales, qui n’ont pas de statut juridique, ne peuvent pas y accéder. Il est impossible de garantir les mesures de contrôle prévues par la loi », déplore Mme Ghiati.

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Article19.ma

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