Dans la région chinoise à majorité musulmane du Xinjiang au nord-ouest, les autorités ont interdit aux parents de donner à leurs enfants plusieurs noms à connotation religieuse musulmane, sous couvert de la lutte contre l’extrémisme dans la région.

Selon le journal britannique The Telegraph, une liste officielle de noms interdits a circulé à Hotan, dans cette région qui abrite la plus grande population musulmane en Chine, dès 2015, et publié par le Parti communiste chinois.

Les noms avec des connotations « excessivement » religieuses – comme Jihad, Imam, La Mecque, Saddam et Hadj – ont ainsi été interdits. Et les bébés portant ces prénoms seront exclus du système d’enregistrement des familles utilisé dans toute la Chine et ne bénéficieront pas, par conséquent, de l’accès aux soins de santé et à l’enseignement public.

La province du Xinjiang se trouve à l’extrême nord-ouest de la Chine, en bordure de la Mongolie, du Kazakhstan, du Kirghizistan et du Tibet.

Près de la moitié de ses 20 millions d’habitants sont des ouïgours (turcophones et sunnites), un groupe ethnique minoritaire musulman venu d’Asie centrale.

Selon la même source, le gouvernement chinois a renforcé ses restrictions religieuses dans cette région dans le cadre de sa guerre contre l’extrémisme religieux en y effectuant régulièrement des descentes et en y ont interdisant le port du voile et des barbes longues.

Plusieurs incidents violents ont éclaté dans la région au cours des dernières années faisant des centaines de victimes comme l’attaque au couteau survenue en février et qui a fait plusieurs morts et la tentative d’attentat terroriste en décembre au cours de laquelle quatre assaillants ont lancé une voiture pleine d’explosifs contre un bâtiment administratif.

Pékin reproche régulièrement aux ouïghours de provoquer des tensions régionales et de provoquer des troubles à Xinjiang, alors que l’islamophobie alimentée par les médias sociaux est en hausse dans tout le pays.

Cette région est aussi depuis des décennies le théâtre d’une lutte indépendiste, ses habitant estimant que leur territoire est occupé illégalement depuis 1949 par la Chine.

Selon un porte-parole des ouïghours, le gouvernement chinois continue de détruire la culture traditionnelle en utilisant ces nouvelles règles. Pour lui, « le gouvernement chinois est engagé dans la persécution politique sous une autre forme ».

Pour la directrice de la section chinoise de Human Rights Watch, Sophie Richardson, « ces politiques sont des violations flagrantes de la liberté de croyance et d’expression ».

Article19.ma

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