La célèbre plateforme pirate a été la cible d’un raid de la justice suédoise, et ses serveurs ont été saisis. Le site est indisponible depuis mardi.

Le galion pirate prend l’eau. La justice suédoise a saisi mardi matin des serveurs importants pour le fonctionnement de la plateforme de téléchargement la plus célèbre du monde. Le site est indisponible depuis.

Ce n’est pas la première fois que The Pirate Bay est la cible des autorités : il y a 8 ans déjà, la police suédoise avait attaqué ses infrastructures, et le site s’en était rapidement remis, en réorganisant ses serveurs globaux. Mais cette fois, il est possible que ce soit le coup de grâce, non pas à cause de la police (il suffirait à The Pirate Bay d’ouvrir de nouveaux serveurs, comme d’habitude), mais à cause du ras-le-bol d’un des fondateurs, qui appelle la communauté des hackers à créer un système de partage plus moderne et sécurisé.

La justice suédoise avait déjà condamné à des peines de prison ferme et de lourdes amendes les quatre fondateurs, les Suédois Carl Lundström, Fredrik Neij, Gottfrid Svartholm Warg et Peter Sunde, sans jamais réussir à faire fermer le site. Toutefois, Peter Sunde a réagi aujourd’hui en appelant à la mise à mort immédiate de The Pirate Bay. S’il ne fait plus partie de l’équipe de direction, il donne régulièrement son avis et dénonce l’évolution de la plateforme (nous l’avions par exemple rencontré en 2011). « The Pirate Bay est devenu un site que tout le monde s’attend à trouver là, et personne ne cherche à améliorer la technologie », explique-t-ilsur son blog.

The Pirate Bay a perdu son « âme »

« Nous nous étions entendus pour fermer le site le jour de son dixième anniversaire, mais au lieu de cela, il y a eu une grande fête à Stockholm avec des jeunes filles dénudées qui donnaient des produits promotionnels à des clients potentiels, lesquels avaient payé un billet d’entrée pour la soirée », tonne-t-il. « Ces dernières années, The Pirate Bay n’avait plus d’âme, l’équipe originale ayant passé la main à d’autres », écrit encore Peter Sunde. « Je n’aime pas ce que The Pirate Bay est devenu », ajoute-t-il, dénonçant l’omniprésence de la publicité et le besoin de créer une nouvelle structure pour retrouver les idéaux d’origine à l’aide d’une technologie plus avancée.

Ces derniers jours, The Pirate Bay a été la cible de plusieurs assauts dans le monde. Google a par exemple supprimé les applications de son magasin d’applications Google Play. En France, le tribunal de grande instance de Paris a donné raison la semaine dernière à la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), en ordonnant à quatre fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de bloquer le site sur le Web français. Une décision qui a fait polémique : elle est à la fois juridiquement logique, et franchement absurde. La demande de la SCPP était bâclée (elle avait oublié le fournisseur d’accès Numericable, qui a racheté SFR), et elle visait l’ensemble du site, y compris les contenus légaux.

Par ailleurs, le filtrage est une mesure qui a déjà prouvé son inefficacité, puisqu’il est très facile de contourner les blocages des fournisseurs d’accès. « L’impossibilité d’assurer une complète et parfaite exécution des décisions susceptibles d’être prises n’est pas un obstacle (…), et ne doit pas entraîner l’absence de reconnaissance des droits des ayants droit par les juridictions », avaient expliqué les juges. Tout un aveu…

Article19.ma/ lepoint.fr

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