Avec beaucoup de confiance en soi, le secrétaire général du Parti justice et développement, Abdelillah Benkirane, a commenté les résultats du scrutin de vendredi en affirmant : « ce jour est un jour de joie et l’allégresse a envahi la Nation et tous les marocains ».

Cependant la victoire du PJD lors de ces élections législatives ne signifie pas que tout est fini, il reste encore, selon les observateurs, un autre défi qui n’est pas plus facile et que le parti de la lampe se doit de relever afin d’éviter « le scénario indésirable », à savoir, la tenue d’un nouveau scrutin.

Il s’agit de la question des alliances politiques avec les autres partis en vue de parvenir à une majorité au sein du parlement permettant au parti islamiste de former un nouveau gouvernement.

Difficulté des alliances

Les résultats des élections montrent que le PJD a remporté 125 sièges, mais que son rival le Parti authenticité et modernité a obtenu 102 des sièges 395 sièges que compte la Chambre des représentants alors que le Parti de l’Istiqlal, qui n’entretient pas de bonnes relations avec le PJD, en a gagné 46.

Le Rassemblement des indépendants est, quant à lui, arrivé à la 4ème position avec 37 sièges.

Ces résultats montrent que le PJD, malgré sa victoire, est suivi par des partis dont un (le PAM) refuse catégoriquement de s’allier avec lui pour former un gouvernement, alors que le PI s’était déjà retiré en 2013 du gouvernement que conduisaient les islamistes pour rejoindre les rangs de l’opposition. Le RNI a, quant à lui, des « divergences avec le Parti justice et développement et pourrait ne pas accepter de s’y allier de nouveau », selon l’analyste politique marocain Tarek Benhanda.

Dans un entretien au site d’Alhoura, Benhanda a expliqué que « le maintien de l’alliance actuelle est quasi impossible vu le nombre des sièges emporté par les partis formant la coalition avec le PJD ».

La coalition gouvernementale actuelle est formée, en plus du PJD, du RNI (37 sièges), du Mouvement populaire (27 sièges) et du Parti du progrès et du socialisme (12 sièges).

Un simple calcul permet de voir que l’ensemble des sièges obtenus par les 4 partis de la coalition gouvernementale atteint 201 sièges sur les 395 sièges de la Chambre des représentants, c’est à dire qu’ils dépassent la majorité requise (198 sièges).

Cependant qu’arrivera-t-il si le PJD échoue à maintenir cette coalition ?

Les scénarios les plus probables

Selon l’analyste politique Abderrahim Manar Slimi, les résultats des élections de vendredi ont divisé le champ politique marocain en « deux pôles principaux ».

Manar Slimi a ajouté sur sa page Facebook que cette dualité pourrait être à l’origine d’une interprétation diverse de l’article 47 de la constitution au cas où le PJD ne parviendrait pas à former une coalition gouvernementale.

L’article 47 de la constitution affirme que « le Roi nomme le Chef du Gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des Représentants, et au vu de leurs résultats. Sur proposition du Chef du Gouvernement, il nomme les membres du gouvernement ».

Pour cet analyste, au cas où le PJD et le PAM ne formeraient pas une alliance gouvernementale, certains commencent à avancer l’hypothèse de faire appel au Parti authenticité et modernité si le parti de la lampe ne parvient pas à former un gouvernement. Cette hypothèse n’est pas conforme au texte de la constitution qui ne permet nullement cette possibilité.

Le scénario le plus probable, selon Slimi, au cas où le PJD ne parvient pas à former un gouvernement, reste la tenue de nouvelles élections législatives.

Pour sa part, Benhanda avance le scénario d’un « gouvernement d’entente nationale » regroupant au côté du PJD d’autres partis politiques dont le PAM, estimant, toutefois, que ce scénario reste peu probable.

De son côté, le porte-parole du PAM, Khaled Adnoun, a rappelé, à l’annonce des résultats : « Le secrétaire général (du parti) l’a dit et je le répète, pas d’alliance avec le PJD ».

Benhanda pense que pour éviter de nouvelles élections, le roi pourrait désigner un chef de gouvernement sans appartenance à un parti politique comme c’était le cas en 2002 lorsqu’il a nommé Premier ministre le technocrate Driss Jettou.

Article19.ma 

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