Selon une nouvelle enquête, l’opinion des Arabes sur l’Etat islamique se fait plus négative de jour en jour.

La majorité de la population de la région arabe est opposée à l’Etat islamique (EIIL) et soutient l’idée de son élimination par une coalition internationale, affirme une nouvelle étude.

D’après les résultats d’une enquête téléphonique réalisée le 12 novembre par le Centre arabe de recherches et d’études politiques basé à Doha, 85 pour cent des personnes interrogées disent avoir une vision négative de l’organisation terroriste.

Sur les sept pays ciblés par cette étude, ce sont la Tunisie, l’Irak et le Liban qui manifestent l’hostilité la plus forte envers Daesh.

En Tunisie, 78 pour cent des personnes interrogées estiment que Daesh constitue une menace directe pour la sécurité de leur pays.

« L’EIIL associe violence et bains de sang, et doit être détruit », explique Maher Ben Mokhtar, un habitant de Tunis de 33 ans.

Manel Kaouch, femme au foyer de 29 ans, déclare pour sa part : « Tous les pays du monde sont concernés par ce danger imminent ; pour l’arrêter, une action conjointe est donc nécessaire. »

Un sentiment également perceptible en Libye, même si la ville de Derna est le bastion de Daesh au Maghreb.

« Derna est devenue un émirat secondaire affilié à l’Etat islamique », explique à Magharebia Iheb Meftah, journaliste à February Radio.

Les seuls soutiens libyens à cette organisation se trouvent à Derna et dans certains quartiers de Benghazi, ajoute ce journaliste basé à Tobrouk.

« Les Libyens sont solidaires de l’armée dans sa lutte contre les organisations extrémistes, et ils sont favorables à l’idée d’une coalition », ajoute-t-il. « Ils ont conscience de la dangerosité de leurs pratiques, notamment des décapitations et du fait de prendre les femmes comme prisonnières de guerre. »

Cette situation ne pourra se résoudre que par le biais d’une solution politique entre Libyens, poursuit-il.

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Pour Mohamed Akmii, journaliste à Tripoli, Daesh et ses partisans venus de différents pays arabes et musulmans sont désormais une réalité incontestable en Libye. La déclaration d’allégeance à l’EIIL par les extrémistes de Libye n’a, selon lui, rien de surprenant.

Le soi-disant califat pourrait pourtant prendre le contrôle du territoire libyen, met-il en garde, compte tenu de la situation politique et sécuritaire, ainsi que de la disponibilité des armes et de l’argent.

« Il est certainement plus meurtrier, plus perspicace et plus mûr qu’al-Qaida et que le reste des organisations extrémistes », précise-t-il, imputant à la situation politique, sécuritaire et économique la responsabilité de la transformation de la Libye en un terreau propice à une installation durable de Daesh.

Il faut agir maintenant, poursuit-il, avant que la situation ne devienne catastrophique pour l’ensemble des pays de la région.

En effet, le chaos sécuritaire qui règne en Libye a poussé Tunis à renforcer les contrôles le long de la frontière avec ce pays, après que les leaders de Daesh eurent manifesté leur intention de s’en prendre à la Tunisie.

La semaine dernière, le Premier ministre tunisien Mehdi Jomaa a fait part de son inquiétude quant aux retombées possibles de la crise que traverse la Libye voisine.

« Notre crainte est de nous retrouver devant un nouvel Afghanistan aux portes de la Tunisie », a-t-il déclaré. « Nous avons beaucoup souffert lorsqu’ils étaient loin. Que se passerait-il s’ils étaient à nos portes ? »

Magharebia/Article19.ma

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