L’atelier de maintenance des TGV : pour une exploitation fiable et régulière

 

L’atelier de maintenance des TGV, que le Roi Mohammed VI a inauguré samedi à Tanger en compagnie du Président français, M. François Hollande, vise à assurer une exploitation fiable et régulière.

La construction de cet atelier, dont l’implantation en zone urbaine est dictée par la nécessité de préparer et entretenir les trains au plus près de la gare terminus de Tanger, s’inscrit dans le projet de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Tanger et Casablanca.

Le but principal de cet atelier, dont le coût de réalisation s’élève à 640 millions de dirhams et qui s’étend sur une surface totale de 14 ha dont 20.000 M2 de bâtiments couverts, est de disposer des installations nécessaires pour effectuer la maintenance préventive et corrective, pour un parc de 30 Trains à Grande Vitesse.

Dans un premier temps, il permet de réaliser le remontage des éléments de trains à grande vitesse en provenance des usines Alstom de La Rochelle, via le port de Tanger Méditerranée qui a reçu le premier train le 29 Juin 2015.

L’atelier de maintenance de Tanger, dont les études et travaux ont débuté en octobre 2011 et qui dispose de 14 voies pour une longueur totale de 10 Km, a été conçu pour réaliser des opérations portant sur 4 niveaux. Le premier niveau est relatif à la surveillance en exploitation et le deuxième concerne les examens en service tous les 7500 km (13 Allers/Retours Tanger-Casablanca) et les examens mécaniques tous les 37 jours, couplés aux examens ”confort” qui doivent permettre de déceler d’éventuelles anomalies pouvant affecter les organes de roulement et les pantographes.

Ces examens sont programmés entre 2 rotations afin d’optimiser la disponibilité du matériel (immobilisation d’environ deux heures). Le troisième niveau porte sur les visites périodiques qui comprennent des essais, des vérifications et des contrôles qui peuvent conduire à des réglages ou à des remplacements de pièces d’usure, sachant que les échanges d’organe sont réalisés soit lors de ces visites, soit suite à défaillance. La rame est retirée du service commercial et l’immobilisation est comprise entre 2 et 5 jours.

Quant au quatrième niveau de maintenance, il s’intéresse à la révision périodique des organes nécessitant une dépose pour leur révision (bogies, essieux, climatisation ).

Et afin d’accomplir ses différentes missions, l’atelier de maintenance, doté d’un poste de commande informatique et réalisé par le Groupement marocain (TGCC/ jet alu), dispose d’un hall principal fermé comportant 4 voies traversantes de 230 m chacune, qui ont été conçues pour recevoir les TGV. Ces voies sont électrifiées au choix en 3 KV continu (tension des lignes classiques), ou 25 KV alternatif (tension de la ligne à grande vitesse), avec une caténaire escamotable permettant de garantir la sécurité des mainteneurs lors des accès en toiture.

Il est doté, en outre, d’un chantier d’examen en service (2 voies sur fosse de longueur 400m pour contenir deux trains, encadrant une galerie de service), permettant l’examen des voitures, motrices et pantographes ainsi que la visite des bogies, essieux et pont-moteur, la vidange et le remplissage d’eau des WC et des lave-mains et d’un chantier de remisage SIV (Service Intérieur Voiture), composé de 2 voies pour le nettoyage intérieur des remorques et des motrices, pour le petit entretien correctif et la vidange occasionnelle des WC à l’aide d’outillage mobile.

L’atelier est également équipé d’une machine à laver des trains au défilé, pour réaliser leur nettoyage, d’un bâtiment avec tour en fosse et Vérin en fosse, d’un chantier dit de maintenance niveau 4 pour la révision des organes mécaniques, d’un bâtiment pour accueillir les produits ”dangereux”, d’une installation de sablage, de locaux liés à la production à l’intérieur du bâtiment principal, d’un bâtiment administratif, d’un magasin de pièces détachées, des outillages spécifiques, 8 ponts roulants, un banc de compression des bogies, 6 Vérins 20 t de levage, 8 passerelles fixes permettant les visites et interventions sur la toiture des motrices et de 8 nacelles mobiles permettant tous travaux en hauteur le long des 4 voies sur fosse.

Par ailleurs, l’ONCF, a choisi, dans l’objectif de l’exploitation de l’atelier et la réalisation de la maintenance des TGV, de créer une Joint-Venture avec la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF).

L’objectif des deux partenaires est de capitaliser sur l’expertise SNCF et de contribuer à assurer, de façon durable, une exploitation fiable et régulière des trains à grande vitesse et permettre à l’ONCF de monter progressivement en compétence dans ce domaine.

Aussi, la formation des itinéraires nécessaires aux différents mouvements est-elle prévue pour être assurée par un poste informatisé pour voies de service garantissant une grande souplesse d’exploitation et surtout une sécurité des mouvements et divers enclenchements à l’intérieur de l’atelier.

Article19.ma/MAP