Analyse – L’Afrique, aire de prédilection du soft power marocain

Nation Growth Concept, Green Up Arrows - Businessman Holding Card of Morocco Flag

Par Dr Mohamed Chtatou


Le soft power c’est quoi au juste ?

Qu’est-ce que la puissance douce ? : La puissance douce (soft power) est la capacité d’influencer d’autres nations en utilisant la persuasion et l’attraction plutôt que la coercition ou la force. Le soft power s’appuie sur la culture, les arts et la science. Dans le domaine diplomatique, le soft power se construit notamment par le biais de la diplomatie éducative, de la diplomatie scientifique, de la diplomatie publique et de la diplomatie numérique.

Quelle est la différence entre le hard power et le soft power ?: La puissance dure (hard power) fait référence à l’utilisation de la coercition, de la force militaire ou économique pour influencer le comportement d’un autre État. La puissance douce est la capacité à façonner les préférences des autres par le biais de la culture, des valeurs et des idées. Le soft power tente d’influencer indirectement en créant un désir pour les objectifs du détenteur du pouvoir, alors que le hard power s’appuie sur la coercition et la puissance militaire pour atteindre ses objectifs.

Quels sont les instruments diplomatiques du soft power ? : Les ressources du soft power sont utilisées dans de nombreux contextes des relations internationales et de la politique mondiale.

L’e-diplomatie/diplomatie digitale est un outil important du soft power. Elle consiste à utiliser les sites web, les blogs et les médias sociaux pour façonner l’opinion publique et influencer les conversations mondiales. Pendant le Printemps arabe, l’importance des médias sociaux a conduit à l’utilisation de la diplomatie Twitter et Facebook. Vous pouvez en savoir plus sur l’utilisation des médias sociaux et d’autres outils en ligne pour renforcer la puissance douce.

La diplomatie culturelle est un moyen important d’entrer en contact avec différents groupes et d’aider les gens à comprendre les valeurs et la culture d’un pays. La diplomatie culturelle comprend l’organisation de festivals et d’expositions, l’échange d’artistes et le soutien à des projets cinématographiques et artistiques. La diplomatie culturelle fait partie du concept plus large de diplomatie publique.

La diplomatie de l’éducation devient de plus en plus importante, car les pays utilisent les échanges éducatifs et les bourses d’études pour établir des relations, un prestige international et une puissance douce globale. Il s’agit notamment d’offrir des possibilités d’étudier à l’étranger, ainsi que des programmes éducatifs et des échanges visant à améliorer les relations diplomatiques et la coopération internationale. En général, les étudiants et les universitaires qui participent à des programmes d’échanges éducatifs développent une image et des liens positifs.

La diplomatie publique est utilisée pour entrer en contact avec des personnes du monde entier et diffuser une bonne image. La diplomatie publique est un élément important du « soft power », un concept qui englobe la diplomatie culturelle, les échanges éducatifs et la communication avec les médias. Grâce à la diplomatie publique, les pays favorisent les relations, promeuvent leurs objectifs de politique étrangère et accroissent leur influence sur la scène internationale.

La diplomatie sportive est en train de devenir un élément important de la puissance douce. Elle comporte un large éventail d’aspects. L’accueil d’événements tels que la Coupe du monde de la FIFA a amélioré l’image publique du Qatar. L’importance des grands événements sportifs pour le soft power est la raison pour laquelle les pays font un lobbying important pour accueillir les Jeux olympiques, la Coupe du monde et d’autres événements sportifs. Le deuxième aspect important est la réussite sportive. La victoire de l’Argentine au Qatar a accru la visibilité et le prestige du pays et la même est vraie pour ce qui concerne l’arrivée de l’équipe du Maroc au demi-finale.

La diplomatie économique est également utilisée pour renforcer la puissance douce. Après la Seconde Guerre mondiale, le « plan Marshall » a été utilisé pour développer l’économie de l’Union européenne. Toutefois, ce plan a également façonné la culture européenne et les priorités sociétales. L’initiative chinoise « la Ceinture et la Route » est un autre exemple d’une initiative qui ne se limite pas à des projets économiques et d’infrastructure.

Le soft power, selon Joseph Nye

Le soft power, terme inventé par le politologue américain Joseph Nye à la fin des années 1980, désigne la capacité d’une nation à séduire, attirer ou influencer par des moyens autres que la force, la coercition ou la puissance militaire. Fondé en grande partie sur les valeurs, la culture et la diplomatie, il permet à un pays d’être perçu sous un jour attrayant dans le monde entier, une image d’autant plus nécessaire qu’elle contribue à attirer l’énergie, la créativité, les investissements, les touristes, etc.

Comme une rivière, dit Nye, l’image d’un pays a de nombreuses sources. Seules quelques-unes sont sous le contrôle direct du gouvernement et se prêtent à une amélioration délibérée. La question de savoir si les États doivent améliorer leur image – dépenser pour renforcer leur « soft power » – est débattue dans le livre, sans résultat clair. Dans un monde idéal, le « soft power » s’accumulerait automatiquement grâce à des actions bonnes et convaincantes – tout le reste n’est que « propagande ». Les images de manipulation grossière par les nazis ou les Soviétiques viennent à l’esprit. Mais convaincre les autres de sa propre valeur peut nécessiter une action volontariste. Et de toute façon, comme tout intellectuel post-moderne pourrait le dire cyniquement, il n’y a pas de vérité, il n’y a que des opinions. Qu’y a-t-il donc de mal à faire valoir une opinion favorable ?

Le soft power, l’image de marque d’une nation, n’est pas nécessairement en contradiction avec le hard power. Les États-Unis, par exemple, sont capables de projeter sans complexe leur puissance militaire, économique et stratégique tout en séduisant les cœurs et les esprits par le cinéma hollywoodien, l’American way of life et le mythe de l’immigré, tout comme la France le fait par le tourisme, la gastronomie, le vin, la littérature et la richesse de son patrimoine culturel. Dans un monde globalisé, fortement concurrentiel, où les canaux de communication se multiplient (télévision, médias sociaux, Internet), le concept prend une valeur stratégique. Pour exister, il faut séduire !

La notion de soft power fait référence à la capacité d’un pays à étendre son influence et à persuader efficacement sans recourir à la coercition et à la force traditionnelle. Cependant, alors qu’au lendemain de la guerre froide, ce concept faisait exclusivement référence à la force de persuasion culturelle et économique des États-Unis sur la scène internationale, aujourd’hui, l’utilisation de la puissance douce n’est plus spécifique à la diplomatie étrangère américaine. En fait, les puissances émergentes telles que la Chine et l’Inde utilisent également leurs ressources en matière de soft power, notamment les investissements, l’aide étrangère et les produits culturels, pour promouvoir leurs intérêts nationaux et leurs objectifs stratégiques à l’étranger.

L’utilisation d’outils militaires, économiques ou diplomatiques pour exercer un effet de levier sur les efforts diplomatiques reste une question récurrente dans le domaine des relations internationales. La dichotomie entre puissance dure et puissance douce a également été revue et remise en question, certains affirmant qu’il existe une zone « grise » où les deux moyens sont utilisés par les États pour défendre leurs intérêts. La croissance de l’extrémisme violent et le défi qu’il représente pour l’ordre international existant ont également appelé à une approche inclusive et globale qui rassemble les outils de puissance dure et douce. Ces mécanismes sont de plus en plus pris en compte sur le continent africain, où les décideurs politiques ne comptent pas uniquement sur l’effet que le pouvoir traditionnel peut avoir pour mettre fin aux crises et aux conflits.

La promotion des pratiques de bonne gouvernance, le renforcement de la coopération économique et la disponibilité de récits alternatifs au discours extrémiste, combinés à des outils diplomatiques pertinents pour promouvoir la justice sociale et l’égalité, une éducation de qualité, de meilleures infrastructures, l’autonomisation sociale et des opportunités d’emploi équitables pour les jeunes, vont souvent de pair avec des moyens militaires afin de trouver des solutions durables et efficaces aux menaces à la sécurité et aux conflits. En outre, la question de l’alimentation pourrait devenir un enjeu politique majeur dans le monde entier et surtout en Afrique, où la population devrait doubler d’ici à 2050.

Les liens anciens du Maroc avec l’Afrique subsaharienne

Les liens sociaux, économiques, culturels et religieux entre le Maroc et ses voisins subsahariens remontent à plusieurs siècles. Dès la fondation du Royaume au VIIe siècle, les échanges commerciaux se sont renforcés avec les royaumes existants en Afrique de l’Ouest. Les routes commerciales ont également contribué à la diffusion de l’Islam et ont amené les traditions soufies marocaines et les confréries spirituelles (par exemple, la Tijaniyyah) dans la région. Ces liens spirituels ont contribué à forger un lien unique entre le Royaume et les pays allant du Sénégal au Nigeria. Des milliers d’Africains de l’Ouest se rendent chaque année à Fès pour se recueillir sur le mausolée du fondateur de l’ordre, le cheikh Sidi Ahmed at-Tijani (1737-1815). Cette pratique religieuse est connue sous l’appellation : petit pélérinage.

A ce sujet Abderrahmane Naji écrit :

‘’Le Maroc est le seul pays du Maghreb à entretenir des relations séculaires avec les pays de l’Afrique saharienne. Les relations ont commencé avec les routes des caravanes qui partaient du Maroc pour atteindre l’Afrique noire. Un contact notamment avec les pays du Soudan et de la Guinée s’est poursuivi jusqu’à nos jours à travers un grand nombre d’accords et de visites annuelles du roi du Maroc dans certains pays africains. Ces contacts étaient non seulement économiques mais aussi intellectuels et artistiques. En effet, c’est par ces routes caravanières que l’Islam a pénétré les régions côtières de l’Afrique noire, notamment par le biais des Zawiyas marocaines (influences Tijane qui trouvent leur origine dans Si Ahmed Tidjani enterré à Fès, estimant que les Berbères marocains et les Noirs ont les mêmes caractéristiques de civilisation.’’

Une contribution décisive à la décolonisation : Peu après avoir mis fin à 44 ans de protectorat français en 1956 et s’être engagé dans un long processus de décolonisation avec l’Espagne (de 1956 à 1975) aboutissant à la rétrocession successive et négociée de 4 des 6 territoires qu’elle détenait (Maroc du Nord, Sidi Ifni, Tarfaya, Sahara occidental), le Maroc a activement soutenu les mouvements d’indépendance africains et leurs leaders emblématiques, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, en leur apportant un soutien diplomatique ainsi qu’une assistance militaire.

En 1960, le roi Mohammed V organise la « Conférence de Casablanca » qui réunit Gamal Abdel Nasser (Egypte), Kwame Nkruma (Ghana), Sekou Toure (Guinée), Modibo Keita (Mali), le roi Idriss Ier (Libye) et Farhat Abbas (gouvernement provisoire en exil de l’Algérie basé au Maroc). Le « Groupe de Casablanca » était uni par la conviction que l’Afrique devait s’unifier politiquement ou se fédérer et s’intégrer profondément (y compris sur le plan militaire) pour vaincre le colonialisme et aider le continent à parvenir à la paix, favoriser le dialogue culturel, accroître son influence géopolitique et promouvoir le développement.

Un an après la mort du roi Mohammed V, le roi Hassan II a accueilli en 1961 la première conférence réunissant tous les représentants des mouvements de libération de langue portugaise et a abrité un grand nombre de leurs dirigeants tout en les aidant diplomatiquement et militairement jusqu’à l’indépendance dans les années 70.

Afin de contrer l’élan menaçant du « groupe de Casablanca », les puissances coloniales ont discrètement encouragé la création du « groupe de Monrovia » (Cameroun, Liberia, Nigeria, Sénégal), qui préconisait une approche moins radicale de la décolonisation par le biais de négociations et privilégiait le nationalisme par rapport au panafricanisme. Les deux groupes avaient également des points de vue divergents sur les conflits existants, tels que celui de l’Algérie et du Zaïre. Alors que le groupe de Casablanca s’engageait à soutenir l’indépendance de l’Algérie, le groupe de Monrovia soutenait la France.

L’inspiration de l’OUA (et de l’UA) : Après la vague de décolonisation de 1960 à 1962, les différences fondamentales entre les deux groupes ont été mises de côté. En 1963, les deux camps se sont mis d’accord pour s’unir et créer une organisation officielle à l’échelle du continent : l’Organisation de l’unité africaine (OUA). La vision avant-gardiste du « groupe de Casablanca » a inspiré les piliers fondamentaux de l’OUA et nombre de ses idées révolutionnaires ont été mises en œuvre, telles que les forces régionales en attente de l’UA ou la zone de libre-échange continentale africaine.

L’engagement du Maroc sur le continent : Depuis l’indépendance, l’esprit du « groupe de Casablanca » est au cœur de l’engagement du Maroc en faveur d’une Afrique pacifique et prospère. Le Maroc s’est engagé à promouvoir la coopération Sud-Sud, à favoriser la paix et la stabilité, à jouer un rôle de premier plan sur des questions thématiques clés pour l’Afrique, à appeler à une plus grande intégration régionale et à développer des partenariats économiques mutuellement bénéfiques. Sa Majesté le Roi Mohammed VI s’est personnellement investi dans la définition de la politique africaine du Maroc, comme en témoignent les 50 visites d’État qu’il a effectuées dans 32 pays africains en 20 ans.

La place du Maroc dans l’architecture politique internationale

L’ordre politique mondial bipolaire de la fin du XXe siècle a cédé la place à un ordre de plus en plus multipolaire. Les régions et les organisations régionales sont désormais au cœur de l’architecture politique internationale et sont façonnées par les dynamiques changeantes au niveau sous-régional. Depuis la fin des années 2000, le Royaume du Maroc a profité de cette fenêtre d’opportunité et a commencé à se repositionner à la jonction du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne.

La nouvelle approche du Royaume et sa quête d’intégration régionale ont temporairement atteint leur apogée lors de son retour au sein de l’Union africaine en 2017. Alors que les puissances régionales traditionnelles, l’Algérie, l’Égypte et le Nigéria, étaient aux prises avec des troubles politiques internes, la stabilité politique relative et l’économie en croissance du Maroc ont fait du pays une destination très attrayante pour les investissements et lui ont permis de s’implanter sur le marché africain. En plus d’établir une influence économique, par le biais de traités bilatéraux ou d’une part significative des flux d’IDE vers les pays africains, le Maroc est devenu un acteur régional dominant en matière de sécurité au Sahel.

Au cours des deux dernières décennies, le Maroc a été témoin d’une augmentation et d’un renouvellement considérables des institutions culturelles telles que les musées, les galeries, les monuments, les festivals, les foires d’art et les théâtres. Le gouvernement, les entreprises et la société civile sont impliqués. Les nouvelles institutions racontent des histoires d’identité locale ou nationale, sont de puissantes expressions de consommation ostentatoire, tentent d’attirer des touristes de qualité et de forger des relations internationales stratégiques. Le gouvernement marocain a fait pression avec succès pour que l’UNESCO reconnaisse les sites du patrimoine et les pratiques culturelles.

Dans ce sens, Andreas Wüst et Katharina Nicolai écrivent :

‘’ Sous le règne du roi Mohammed VI, le Maroc a connu une expansion rapide des liens économiques et militaires régionaux qui ont donné une impulsion graduelle à un changement dans les constellations de pouvoir régionales. Mais dans l’ombre de cette trajectoire de puissance dure, le régime marocain capitalise de plus en plus sur ses ressources de puissance douce. Dans cet article, nous démontrons comment le capital culturel considérable du royaume – issu de la religion, de l’historicité et de la tradition – est devenu un instrument politique pour améliorer l’image du pays à l’extérieur. Le régime utilise notamment des mesures de politique culturelle et de diplomatie publique dans la politique religieuse islamique et juive, à travers la commercialisation du patrimoine culturel matériel et immatériel et à travers l’investissement massif dans l’infrastructure culturelle pour construire une nouvelle marque nationale et, par la suite, consolider la position régionale et internationale du Maroc en matière de soft power. Ceci, à son tour, a permis au Maroc de poursuivre avec plus de succès ses objectifs de politique étrangère, en premier lieu sa quête de souveraineté sur le Sahara occidental. La recherche est basée sur l’analyse des médias et des données originales provenant d’entretiens semi-structurés menés entre février 2020 et février 2021.’’

Récemment, les États du Maghreb ont réussi à transformer leur rivalité au sujet de la reconnaissance du couscous en tant que patrimoine immatériel en une alliance régionale. Le Maroc utilise la culture dans ses revendications de leadership politique et économique en Afrique. Au niveau local, les associations tentent de promouvoir leurs propres intérêts en revendiquant le patrimoine matériel et immatériel, en partie sous la forme de paysages, de nature et de biens immobiliers, tout en contestant les récits officiels.

Coopération sud-sud

Le retour du Maroc en Afrique acté par Le roi Mohammed VI le 30 janvier 2017, montre l’importance que le pays a pour son continent. Pour Youssef Tobi, c’est un vrai retour aux sources :

Le défunt roi du Maroc, Hassan II, a déclaré que son pays était « un arbre dont les racines sont en Afrique et les branches en Europe ». Bien que cela puisse indiquer un équilibre pour la géopolitique du ‘’Royaume entre l’Afrique et l’Europe, il est juste de dire que pendant des décennies, en particulier depuis que le Maroc a quitté l’Union africaine en 1984, l’UE a été le partenaire central. Avec l’octroi d’un « statut avancé » pionnier dans le cadre de la politique de voisinage de l’UE en 2008, les espoirs étaient grands que cet accord de libre-échange mette le Maroc sur la voie de la convergence économique. Malheureusement, dix ans après l’accord, le Maroc n’a pas récolté les fruits de cette politique. L’UE, empêtrée dans une crise multidimensionnelle et durable, a accordé une plus grande attention aux aspects sécuritaires de son partenariat avec le Maroc, plutôt qu’au commerce et aux implications économiques plus larges.

Ainsi, sans renoncer à sa dépendance et à sa foi en l’Europe, le Royaume du Maroc est revenu à ses racines, en Afrique, non seulement par un flux continu d’investissements, mais aussi par une volonté d’union continentale telle que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’importance du continent africain dans l’agenda actuel du Roi Mohammed VI est un indicateur fort de cette stratégie renouvelée, et le secteur privé a réussi au cours de la dernière décennie à soutenir cette vision royale ; le Maroc a établi des liens profonds en Afrique de l’Ouest et est désireux de réinvestir dans d’autres parties du continent.’’

Le Maroc récolte les bénéfices diplomatiques de son approche de la coopération sud-sud et de sa politique africaine à plusieurs niveaux, en capitalisant sur le soft power. Le retour au sein de l’Union africaine après plus de trois décennies d’absence a été un point d’inflexion montrant l’influence croissante du Royaume, notamment en Afrique de l’Ouest, une région dans laquelle les banques et les entreprises marocaines opèrent depuis des années.

Croyant fermement aux solutions africaines aux problèmes africains, le Maroc a placé la coopération sud-sud au centre de ses actions étrangères et de développement. La solidarité et la responsabilité régionale ont toujours guidé son approche de la coopération, qui va du développement humain aux initiatives de sécurité alimentaire et d’adaptation au changement climatique, en passant par l’annulation de la dette, les transferts de compétences et de technologies, la sécurité et la formation militaire, le développement des infrastructures et l’aide humanitaire. La poursuite des vols de Royal Air Maroc vers les pays frappés par l’Ebola lors de l’épidémie de 2013 est une autre illustration de cet esprit.

Pour l’Agence marocaine de Coopération internationale -AMCI-, la coopération sud-sud du Royaume du Maroc est un pilier stratégique de sa politique étrangère, où l’Afrique est une priorité. Ceci reflète l’esprit du discours du Roi Mohammed VI lors du 63ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple en août 2016:

‘’Car l’Afrique, pour le Maroc, c’est bien davantage qu’une appartenance géographique et des liens historiques. Elle évoque, en vérité, des sentiments sincères d’affection et de considération, des liens humains et spirituels profonds et des relations de coopération fructueuse et de solidarité concrète. Elle est, somme toute, le prolongement naturel et la profondeur stratégique du Maroc.

Ce lien pluridimensionnel fait que le Maroc est au cœur de l’Afrique, et ménage à l’Afrique une place dans le cœur des Marocains. Et c’est pourquoi Nous l’avons inscrite au centre de la politique étrangère de notre pays.’’

Et de continuer :

‘’ Nous avons la conviction que l’intérêt du Maroc, c’est aussi l’intérêt de l’Afrique, et que son devenir ne peut se concevoir sans elle. Nous pensons que le progrès et la stabilité sont partagés ou ne sont pas.

Le Maroc donne toujours aux peuples de son continent sans attendre d’en recevoir une contrepartie. Son engagement en faveur des Causes et des préoccupations de l’Afrique n’a jamais été motivé par une volonté d’exploitation de ses richesses et de ses ressources naturelles, contrairement à ce que l’on désigne sous le vocable de néocolonialisme.

S’il est naturel que le Maroc tire parti de la coopération avec ses frères d’Afrique, il tient toujours à ce que ce soit mutuellement profitable.’’

Coopération économique

Le premier investisseur africain en Afrique : En 2018, le Maroc a dépassé l’Afrique du Sud pour devenir le premier investisseur africain sur le continent et le sixième investisseur africain dans le monde avec un flux sortant de 4,5 milliards de dollars. 62,9 % des investissements directs étrangers (IDE) marocains sont dirigés vers l’Afrique subsaharienne et couvrent les secteurs suivants : banque (31 %), télécommunications (21 %), industrie (12 %), immobilier (11 %), holdings (10 %), autres services (9 %), commerce (5 %) et assurance (1 %).

Les entreprises marocaines présentes dans 30 pays africains sont devenues un écosystème positif pour la croissance. Les banques marocaines (BMCE-Bank of Africa, Attijariwafa Bank (AWB)) contribuent également au développement en accordant des prêts allant jusqu’à 100 millions USD à des projets financés par le gouvernement et à des petites et moyennes entreprises locales.

Projets win-win : Le Royaume a exploité le potentiel de son économie diversifiée pour accroître son influence par le biais de projets gagnant-gagnant à travers le continent, stimulés par la mobilisation habile de la religion en tant que puissance douce.

Salim Hmimnat voit l’approche économique marocain en Afrique comme un investissement pragmatique :

‘’L’investissement dans la politique religieuse orientée vers l’Afrique a connu une évolution significative. À cet égard, la consolidation des relations spirituelles et religieuses communes ne représente plus la seule méthode adoptée par le Royaume pour établir de nouveaux liens avec les États d’Afrique de l’Ouest, comme c’était le cas dans les années quatre-vingt. Au contraire, au cours des dernières années, le Royaume a mené une nouvelle stratégie basée sur la maximisation des sphères de coopération économique et a augmenté le volume des investissements et des échanges commerciaux, et a diversifié ses partenariats bilatéraux avec les pays africains, indépendamment de leur position officielle sur l’intégrité territoriale marocaine. En d’autres termes, le Maroc considère aujourd’hui la coopération spirituelle et sécuritaire comme l’un des piliers complémentaires de sa politique pragmatique qui renforce la coopération Sud-Sud et diversifie ses partenariats stratégiques dans les domaines de l’économie et du développement avec ses homologues africains, au-delà de l’axe traditionnel Rabat-Dakar, qui a été l’unique déterminant de la politique marocaine orientée vers l’Afrique pendant des décennies.’’

Le premier exportateur mondial de phosphates, l’Office chérifien des phosphates (OCP) du Maroc, Maroc Telecom, Royal Air Maroc, le promoteur immobilier Addoha Group et Attijariwafa Bank sont bien implantés dans plusieurs pays africains.

Contrairement à l’économie algérienne dominée par le pétrole, le Maroc capitalise sur l’avantage comparatif de ses entreprises et de ses banques. Les trois banques marocaines – Attijariwafa Bank (AWB), Groupe Banque Centrale Populaire (BCP) et Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE) – dominent par exemple le secteur en Afrique de l’Ouest francophone. Casablanca Finance City (CFC) a été lancée pour transformer le centre économique du Maroc en une plateforme financière régionale et une porte d’entrée vers les marchés africains à croissance rapide.

Coopération triangulaire : La coopération triangulaire constitue une nouvelle dimension de l’engagement du Maroc sur le continent. Le Maroc fait équipe avec les principaux pays donateurs tels que les États-Unis, le Japon, la France, mais aussi avec le PNUD et l’USAID sur des programmes conjoints en Afrique.

En 2019, les États-Unis et le Maroc ont organisé, dans le cadre de leur dialogue stratégique, le premier groupe de travail sur l’Afrique, qui a identifié une série d’actions conjointes en Afrique, telles qu’une plateforme commune de formation à la sécurité (Sahel), des projets d’autonomisation des jeunes (Mali), la préservation de sites patrimoniaux et des opportunités de collaboration dans le cadre de Prosper Africa.

Approche solidaire : Le soft power et l’approche solidaire du Maroc dans ses relations avec l’Afrique ont également été démontrés lorsque de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest ont été frappés par la pandémie d’Ebola. À l’époque, la compagnie aérienne Royal Air Maroc n’a pas interrompu ses vols. Aujourd’hui, Royal Air Maroc assure 170 vols hebdomadaires vers plus de 30 destinations sur le continent.

Le Maroc a également investi dans sa situation géographique pour se positionner comme une plaque tournante logistique pour le continent grâce au port à conteneurs de Tanger-Med, qui assure des liaisons hebdomadaires avec près de 35 ports en Afrique de l’Ouest.

Parallèlement, le Maroc a exploité ses liens avec le Nigeria en lançant des projets de grande envergure, notamment le gazoduc atlantique, qui aiderait les États côtiers à atteindre leurs objectifs en matière de sécurité énergétique.

Une femme amazighe avec ses tatouages dans une rue de Rabat

Plus il y a d’investissements, plus le Nigeria assouplit sa position sur la question du Sahara après des années de soutien à l’Algérie dans ses projets visant à saper l’intégrité territoriale du Maroc par l’intermédiaire des milices séparatistes du Polisario.

Au niveau industriel, l’OCP du Maroc a lancé des projets ambitieux pour aider à répondre aux besoins de sécurité alimentaire en Afrique par la création d’usines d’engrais. Deux grandes usines sont prévues au Nigeria et en Ethiopie.

Dans le domaine de la culture, le Centre cinématographique marocain (CCM) a financé plusieurs projets africains et aidé à la coproduction et à la postproduction de films africains.

Le Maroc a également investi dans l’aide humanitaire, en menant des campagnes de vaccination, en faisant don de semences vivrières, en déployant des unités hospitalières mobiles dans les zones touchées, en construisant un hôpital militaire et un institut de cancérologie en Guinée et au Gabon, et en contribuant à la mise en place d’un mécanisme de financement pour 7000 petits agriculteurs au Sénégal.

Le retour laborieux du royaume à l’UA après 33 ans d’absence est le fruit d’une offensive diplomatique concertée, souple et multiforme qui a vu le royaume mobiliser efficacement un arsenal de ressources diplomatiques, économiques et religieuses pour consolider ses anciennes alliances tout en changeant la dynamique de ses relations glaciales avec des pays qu’il a longtemps évités en raison de leur soutien au Polisario.

Le soft power culturel/éducatif marocain

Le Maroc est l’un des principaux fournisseurs africains de bourses d’études pour les étudiants africains. En décembre 2016, l’Agence Marocaine de la Coopération Internationale -AMCI-  avait conclu des accords avec 111 pays, dont 46 pays africains. C’est en Afrique francophone que la présence affirmée de l’AMCI est la plus marquée. Chaque année, l’AMCI octroie des milliers de bourses d’études pour des diplômes universitaires et professionnels. La Guinée, par exemple, envoie chaque année plus de 100 étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats à l’examen national dans des établissements marocains. Pour les étudiants performants qui n’ont pas les moyens de fréquenter une université au Canada, en France, en Angleterre ou aux États-Unis, le Maroc est une perspective libératrice.

Pour Fouzia Koubi, la diplomatie culturelle marocaine en Afrique a été efficace et pertinente :

‘’La diplomatie culturelle du Maroc a connu un essor incontournable les deux dernières décennies, et a contribué à la refonte de la pratique diplomatique marocaine. Bien que sa portée soit à vocation globale, ses projections demeurent plus orientées vers les sphères traditionnelles de la présence marocaine. Hormis l’espace africain, et dans une moindre mesure les pays à fort diaspora, la diplomatie culturelle est à la conquête d’espaces nouveaux où le Maroc ambitionne de jouer non seulement le Label Maroc mais la marque Afrique. L’enjeu de se présenter comme une plaque tournante de rayonnement culturel nécessite des fonds conséquents à investir et faire face à la concurrence sur le terrain géopolitique de la culture.’’

Lorsque les diplômés africains des meilleures facultés marocaines retournent dans leur pays d’origine, ils décrochent généralement un emploi bien rémunéré. Si la diplomatie économique permet de peser sur la politique régionale, la diplomatie scientifique et culturelle permet d’influencer la perception que l’on a de soi. Outre les connaissances acquises dans les salles de classe marocaines, les expériences internationales avec des enseignants et des camarades de classe marocains modifient bon nombre des stéréotypes que les Africains entretiennent sur les Marocains et leur vision du reste de l’Afrique.

Si les réalisations de l’AMCI entre 1986 et 2016 peuvent être saluées, le véritable tournant s’est produit avec l’intérêt sincère du roi Mohammed VI pour les questions africaines. À partir de 1999, Mohammed VI a sillonné le continent en essayant – et souvent avec succès – de vendre la vision marocaine d’une « Afrique qui croit en son potentiel ».

Selon les derniers chiffres de l’AMCI, l’engagement personnel du Roi pour l’Afrique a conduit à une refonte des programmes marocains axés sur l’Afrique. Rien qu’en 2017-2018, le Maroc a accordé plus de 5 000 bourses à des étudiants africains, soit près d’un tiers du nombre total d’étudiants africains que le Maroc a accueillis jusqu’en 2016-2017. La même période a également marqué une augmentation considérable du nombre d’étudiants africains bénéficiant de l’allocation AMCI, passant de 6 500 étudiants en 2017 à plus de 11 000 à ce jour.

Le Maroc a une longue tradition d’investissement dans la jeunesse africaine, qui remonte aux années 80 du siècle dernier. Chaque année, plus de 7 000 étudiants originaires de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne sont inscrits dans des universités marocaines et bénéficient de bourses d’études. En outre, des centaines de professionnels d’Afrique subsaharienne reçoivent une formation professionnelle dans ses « centres d’excellence » afin de bénéficier de l’expérience et du savoir-faire du Maroc.

Depuis son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI, un souverain féru d’art et de lettres, n’a cessé de faire de Rabat une ville lumière et un centre d’excellence à l’échelle internationale. En effet, Souhail Karam écrit dans Bloombergce qui suit :

‘’ À Rabat, capitale du Maroc, des ouvriers veillent à ce que les surfaces blanches et incurvées du Grand Théâtre, conçu par ZahaHadid, soient impeccables avant son ouverture royale. À 40 minutes de marche, le théâtre Mohammed V propose des pièces de théâtre, de la musique jazz et une exposition de photos. Deux mois plus tôt, à l’occasion du retour du festival annuel Rabat Street Art, des grues ont hissé des artistes au sommet des immeubles pour peindre des fresques murales.

À l’instar des centres culturels du monde entier, la capitale marocaine, vieille de 900 ans, reprend vie à mesure que sa scène artistique émerge de la pandémie, et cette résurgence se répercute au-delà des anciens murs de Rabat.

Les dirigeants marocains tiennent à promouvoir le pays nord-africain comme un bastion de progrès et de stabilité dans une région instable.

Et de continuer par dire :

La renaissance artistique de Rabat est cruciale pour l’entreprise colossale du roi Mohammed VI, vieille d’une décennie, visant à faire de son pays un centre majeur pour les arts et la culture sur le continent africain.

Pour Abdelaziz El-Idrissi, directeur du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, il s’agit d’une « révolution » qui vise à démocratiser l’accès aux beaux-arts pour une plus grande partie de la société marocaine. Depuis son ouverture en 2014, son musée a exposé des œuvres de Pablo Picasso et d’Eugène Delacroix et a prêté son espace à des artistes marocains tels que Chaibia Talal.’’

Ainsi, ces dernières années, Rabat est devenu le centre de la culture africaine : rencontres culturelles et cinématographiques et un lieu d’exposition sur les différents aspects de l’art pictural et autre.

Croire fermement en l’intégration régionale

Le Maroc a toujours appelé à une plus grande intégration régionale politique et économique. En 1989, il a accueilli à Marrakech le sommet instituant l’Union du Maghreb arabe. Une décennie plus tard, le Maroc a rejoint la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD). En 2016, le Maroc a officiellement demandé à adhérer à la CEDEAO et en 2019, il a ratifié l’Accord de libre-échange continental africain.

Après avoir développé des infrastructures modernes telles que le plus grand port d’Afrique (Tanger Med port), la plus grande centrale solaire du monde (Noor), le premier train à grande vitesse sur le continent et dans la région MENA, le Maroc se concentre désormais sur le développement de projets d’infrastructure intégrant la région.

À cet égard, le Nigeria et le Maroc ont convenu de construire un projet de gazoduc atlantique africain d’une valeur de 20 milliards d’USD pour transporter le gaz de l’Afrique de l’Ouest vers l’Europe. Le Maroc travaille également avec les pays du G5 Sahel et les aide à développer l’énergie solaire verte. Le Royaume développe la réhabilitation de la baie de Cocody en Côte d’Ivoire et assiste le Sud Soudan dans la planification urbaine de sa future capitale.

Une contribution à la paix et à la sécurité en Afrique

Maintien de la paix : En tant que pionnier africain des opérations de maintien de la paix des Nations unies, les troupes marocaines ont soutenu et continuent de soutenir la stabilité au Zaïre, en Somalie, en RDC, en Côte d’Ivoire, en République centrafricaine et au Sud-Soudan. Elles ont également contribué à négocier des accords de paix tels que ceux conclus entre la Sierra Leone et le Liberia (Casablanca, 2000), la transition vers un régime civil en Guinée après le coup d’État de Daddis Camara (Rabat, 2009) et le seul accord politique inter-libyen à ce jour (Skhirat, 2015).

En tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies (2012-2013), le Maroc a joué un rôle clé dans la promotion des intérêts de l’Afrique. Le Maroc a été la tête de liste pour le Sahel, une région de première importance pour le Royaume. Sa déclaration présidentielle sur le Sahel a ouvert la voie à l’élaboration de la stratégie globale et intégrée des Nations unies pour le Sahel et à la désignation d’un envoyé spécial des Nations unies pour la région. Le Maroc a également été nommé président de la configuration de consolidation de la paix des Nations unies pour la République centrafricaine. Le Maroc est actuellement membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

Le roi Mohammed VI en Afrique

En première ligne des défis urgents de l’Afrique

La migration : Le Maroc a été un leader régional en matière de migration, accueillant la première conférence euro-africaine sur la migration et le développement (2006) et le Pacte mondial des Nations unies sur les migrations (2018).

En 2017, le Roi Mohammed VI a été désigné pour diriger la question de la migration au sein de l’UA. Son rapport a proposé la création d’un envoyé spécial de l’UA sur la migration et la mise en place d’un Observatoire africain des migrations au Maroc pour suivre ce phénomène et ses causes profondes.

Le Maroc est le seul pays de la région à avoir adopté une réforme significative en matière de migration et d’asile. En 2013, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a officiellement annoncé un plan visant à adopter une « approche humanitaire » de la migration et de l’asile. Depuis lors, deux vagues de régularisation des personnes sans papiers ont eu lieu au Maroc, avec 40 000 personnes, principalement des Africains, recevant des permis de séjour ainsi que l’accès à des soins de santé gratuits et à des écoles publiques.

Lutte contre le terrorisme : Le Maroc est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent depuis les attaques terroristes de Casablanca en 2003. En tant que coprésident du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF) depuis 2015, le Maroc a fait pression pour qu’une plus grande attention soit accordée aux besoins des pays africains afin de renforcer leur capacité à faire face aux menaces du terrorisme et des mesures concrètes ont été adoptées à cet égard.

En outre, en tant que membre de la coalition internationale contre ISIS, le Maroc a pris l’initiative d’accueillir à Skhirate(2018) une réunion de la coalition avec un accent spécifique sur le Sahel, le bassin du lac Tchad et la corne de l’Afrique. La menace d’ISIS et la nécessité d’empêcher la création de nouveaux refuges en Afrique pour les combattants terroristes étrangers fuyant la Syrie et l’Irak ont été discutées en profondeur. Les membres africains n’appartenant pas à la coalition ont été invités à partager leurs points de vue et leur évaluation de la situation. Cette discussion a permis de mettre en lumière la dimension africaine de la menace de l’ISIS.

Lutte contre l’extrémisme violent : Fort de son expérience réussie en matière de déradicalisation, le Maroc a soutenu les pays africains dans la lutte contre les idéologies radicales et terroristes. L’Institut Mohammed VI de Formation des Imams, des Morchidines et des Morchidates  a ouvert ses portes en 2012 à la formation d’imams étrangers originaires d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie centrale. Le centre de formation promeut la « marque marocaine » de l’islam dérivant de l’école juridique sunnite malikite, de la doctrine ash’aari et de l’acceptation du mysticisme « soufisme ». Ces trois éléments favorisent la modération, l’ouverture et le pragmatisme. Après la formation réussie de plus de 1200 imams maliens, le programme a été étendu aux citoyens du Burkina Faso, du Tchad, de la Côte d’Ivoire, de la France, du Gabon, de la Guinée, de la Mauritanie, du Nigeria, du Sénégal, de la Tunisie et des Émirats arabes unis. Aujourd’hui, plus de 1000 ressortissants étrangers sont formés chaque année.

Changement climatique : Le Maroc est actuellement le leader africain en matière d’efforts de lutte contre le changement climatique et est classé deuxième au niveau mondial dans l’indice de performance en matière de changement climatique.

En 2016, le Maroc a accueilli le Sommet sur le changement climatique (COP22), un an après l’adoption de l’Accord de Paris. Ce sommet s’est attaché à faire avancer le programme d’action climatique et à répondre aux préoccupations pressantes des pays en développement. Le Maroc a appelé les dirigeants mondiaux à mettre davantage l’accent sur des plans concrets pour les petits agriculteurs africains touchés par le changement climatique. Il a également lancé le Centre de compétences sur le changement climatique au Maroc (4C Maroc), qui vise à développer la capacité des pays africains à s’adapter au changement climatique.

En marge de la COP22, le roi Mohammed VI a accueilli le premier Sommet de l’action pour l’Afrique qui a vu le lancement de projets transnationaux concrets et de trois commissions axées sur la Commission de base du Congo, le Sahel et les États insulaires. Ces commissions ont exploré des moyens novateurs pour relever les principaux défis liés au climat en Afrique et trouver des financements pour leurs projets.

Sécurité alimentaire : En tant que producteur agricole majeur, le Maroc a orienté une grande partie de ses investissements en Afrique vers le secteur agricole, aidant les pays africains à transformer et moderniser leur agriculture. Le groupe OCP, producteur marocain de phosphates et d’engrais, fournit des cartographies des sols et partage son expertise et ses conseils en matière de bonnes pratiques avec divers pays d’Afrique de l’Ouest, du Sahel et d’Afrique de l’Est.

En 2018, l’OCP a signé un contrat d’usine d’engrais d’une valeur de 3,7 milliards de dollars en Éthiopie. D’autres projets majeurs sont actuellement en cours au Nigeria, au Ghana et au Rwanda pour rapprocher les engrais personnalisés des exploitations agricoles africaines et accroître la productivité et la qualité.

La diplomatie du football

Le Maroc espère que ses exploits sans précédent lors de la Coupe du monde de football lui permettront de se faire des amis et d’influencer les gens, en particulier au sein d’un public arabe opposé à son rapprochement avec Israël en 2020. Les gains diplomatiques du Maroc vont bien au-delà de la cause palestinienne et du monde arabe. Le royaume avait déjà l’habitude d’utiliser la « diplomatie du football » pour renforcer ses liens avec les pays africains, en signant au moins 30 accords de coopération avec d’autres fédérations.

Mausolée Sidi Ahmed at-Tijani à Fes, zaouia des Tidjanes

L’extraordinaire parcours du Maroc lors de la Coupe du monde a bien sûr redoré l’image du pays, qui utilise depuis des années le soft power pour se faire une place sur la scène internationale. La série de victoires du Maroc a attiré des supporters enthousiastes de l’Afrique du Sud à la Tunisie, où les supporters africains et autres ont ignoré la querelle diplomatique qui couvait avec Rabat au sujet du territoire contesté du Sahara occidental. Même dans l’Algérie rivale, où la question est encore plus brûlante, le public a pris les Lions de l’Atlas à cœur, bien que les médias officiels aient gardé le silence sur les réalisations de l’équipe.

Le succès inattendu de l’équipe a attiré l’attention des gens. Le Maroc a ainsi remporté une victoire symbolique majeure sur l’Algérie, mais aussi une revanche symbolique, sportive et politique sur ses voisins, entre autres, les victoires sur le Portugal et l’Espagne, deux pays voisins. Le Maroc rêve depuis des décennies de jouer avec les grandes équipes, et maintenant c’est devenu une réalité.

Le Maroc espère également convertir sa notoriété en gains économiques, notamment dans le domaine du tourisme. Ce secteur est l’un des principaux employeurs du pays, mais il a été mis à mal par la pandémie de Covid-19 et la récession économique mondiale exacerbée par la guerre de la Russie en Ukraine. Le royaume n’a pas encore retrouvé les 13 millions de visiteurs qu’il a accueillis en 2019.

Les succès de l’équipe de football a donné une grande visibilité, bien que le Maroc était familier pour les Européens de l’Ouest mais pas nécessairement parmi les touristes asiatiques ou latino-américains. Aujourd’hui, il est connu dans le monde entier, et il doit travailler dur pour tirer le meilleur parti de cette publicité inattendue.

Le soft power politique

Depuis l’accession au trône de Mohammed VI en 1999, les relations avec l’Afrique subsaharienne sont devenues une priorité de la politique étrangère, dans laquelle on a tenté de réévaluer le rôle du Maroc en tant que puissance continentale capable de diriger la coopération sud-sud de l’Afrique et de servir de pont entre le continent et l’Union européenne. Cette position a été mise en évidence en 2000 lorsque le monarque a annoncé, lors du sommet UE-Afrique, qu’il annulerait la dette extérieure des pays africains les moins développés.

L’idée que son absence des organes de décision de l’UA affaiblissait la position du Maroc, tant au niveau régional qu’international, a été le principal argument pour justifier une décision pragmatique qui impliquait le franchissement de certaines lignes rouges. L’adhésion à l’UA signifiait briser le tabou de la cohabitation avec la RASD, dans des conditions d’égalité.

Le projet de retour à l’UA a été annoncé par Mohammed VI en juillet 2016 dans une lettre adressée au 27e Sommet tenu au Rwanda, dans laquelle il justifie sa décision en déclarant que « quand un corps est malade, il est mieux soigné de l’intérieur que de l’extérieur« . Bien que le message du monarque n’ait pas posé la suspension de la RASD comme condition au retour de son pays, la diplomatie marocaine a suggéré aux 28 États membres de déposer, lors du sommet, une motion visant à geler la présence de la République sahraouie au sein de l’organisation panafricaine.

La demande formelle d’adhésion a été faite en septembre, bien que l’objectif de récupérer « la place naturelle du Maroc dans le continent africain » n’ait été atteint que quatre mois plus tard, lors de l’organisation du 28e sommet de l’UA qui s’est tenu à Addis-Abeba en janvier 2017, lorsque l’organisation panafricaine a approuvé l’entrée du Maroc avec le soutien de 39 de ses 54 membres.

Le retour du Maroc au sein de l’UA a été marqué par une diplomatie frénétique et intense qui a vu Mohammed VI se rendre dans un certain nombre de capitales africaines au cours du dernier trimestre 2016 et du premier trimestre 2017. Il convient de noter que cette tournée sur le continent a coïncidé avec la paralysie politique du pays durant les cinq mois qui ont suivi les élections législatives d’octobre 2016. En effet, la difficulté à former un nouveau gouvernement de coalition a conduit à une impasse interrompue seulement pour que le Parlement s’ouvre le 16 janvier 2017, face à la nécessité de ratifier la loi relative à l’acte constitutif de l’UA.

En rupture avec le passé, la tournée de Mohammed VI et de son entourage a inclus des pays d’Afrique de l’Est qui reconnaissent la RASD, comme le Rwanda, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Ghana, le Nigeria et le Sud-Soudan. Dans cette logique, l’ouverture de cinq nouvelles ambassades sur le continent (Rwanda, Tanzanie, Mozambique, Maurice et Bénin) et l’accueil par le royaume alaouite de dirigeants africains peu habitués à se rendre dans les pays maghrébins, comme Paul Kagamé, ainsi que son rapprochement avec Kigali, sont autant d’éléments qui s’inscrivent dans cette logique. Outre les outils diplomatiques classiques, l’approche de Rabat dans cette région, hors de sa zone de confort traditionnelle, s’est articulée autour de deux axes principaux : la coopération économique et la diplomatie religieuse et culturelle.

En effet, la tournée de Mohammed VI a débouché sur de nombreux accords de coopération, des promesses et une augmentation des investissements, ainsi que sur le lancement de plusieurs projets conjoints, tels que le gazoduc entre le Maroc et le Nigeria ou la construction d’une méga-usine d’engrais en Éthiopie. Outre les hydrocarbures et l’agriculture, les secteurs des télécommunications, de la finance et de l’assurance font également partie des intérêts du Maroc dans la région.

Pour accompagner le développement de ces projets, et comme nouvel outil au service de la diplomatie économique envers le continent africain, le Maroc a créé en novembre 2016 le fonds d’investissement souverain Ithmar Capital. Cette initiative s’ajoute aux actions de la Fondation Mohammed VI pour le développement durable, créée en 2008 et chargée de canaliser l’assistance et la coopération avec les pays africains dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement socio-économique.

La logique des actions étrangères repose sur la coopération sud-sud et sur la promotion du développement de la région. À cet égard, pour construire un tissu coopératif et relationnel plus large, ce ne sont pas seulement les institutions publiques qui doivent être activées, mais également les entreprises privées. Ainsi, menés par la présidente de la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM), MiriemBensalah Chaqroun, du temps, plusieurs hommes d’affaires marocains ayant des intérêts sur le continent ont suivi le sillage du parti royal. Cette offensive économique a contribué à faire du Maroc le deuxième investisseur africain sur le continent derrière l’Afrique du Sud.

Le leadership religieux du Maroc en Afrique

Islam modéré (wasatiyyah) : En janvier 2016, environ 300 chefs religieux, théologiens et universitaires se sont réunis pour une conférence de deux jours à Marrakech afin de discuter de la manière de répondre à la montée de la violence religieuse dans le monde arabe et musulman. L’événement a abouti à la publication de la Déclaration de Marrakech, qui appelle à la « protection des droits et libertés de tous les groupes religieux » et au « traitement équitable des minorités religieuses dans les pays musulmans ». Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de la revendication du Maroc en tant que leader religieux, le roi Mohammed VI cherchant à défendre un islam modéré pouvant servir de modèle à l’échelle internationale.

Etudiants africains au Maroc

L’islam marocain mêle les traditions du sunnisme, du malikisme – une école islamique qui tient compte des contextes historiques et culturels – et du soufisme, largement apolitique. En tant que « Commandeur des Croyants » amîr al-mou’minîne, le roi Mohammed VI a souligné à plusieurs reprises que sa tâche consistait à protéger le Maroc et d’autres pays de l’extrémisme religieux. À cette fin, le Maroc est devenu un partenaire clé dans les efforts régionaux de lutte contre le terrorisme menés par les États-Unis et les pays européens. Au-delà du renforcement des liens diplomatiques du Maroc avec l’Occident, les autorités ont également utilisé la religion comme un instrument de soft power pour étendre leur influence économique et sociale en Afrique du Nord et de l’Ouest.

La connexion soufie : Dans une grande partie du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, l’islam s’exprime à travers le soufisme, une forme mystique de religion qui a la réputation d’encourager le dialogue, la tolérance et la paix. La nomination en 2002 d’Ahmed Toufiq, adepte de l’ordre soufi Boutchichiyya, au poste de ministre des affaires islamiques, représente une tentative des autorités marocaines d’intensifier la diplomatie soufie dans la région. La confrérie Tijaniyyah, qui compte des millions de membres en Afrique de l’Ouest, est un pilier central de la politique étrangère du royaume à l’égard de cette région.

En ce qui concerne l’usage de la diplomatie de la foi par le Maroc, Ahmed Hamzaoui écrit :

‘’ Le cas du Maroc en ce qui concerne la gestion des questions religieuses internes dans certains pays africains peut avoir des effets considérables sur la réalisation des objectifs de politique étrangère. Contrairement à d’autres cas de sphère religieuse étrangère, le cas marocain a attiré l’attention des universitaires et des chercheurs car il a permis de faire progresser la stabilité économique et géopolitique du Maroc et de traiter la question du bloc occidental du Sahara marocain afin de trouver une solution à ce problème de longue date.’’

La diplomatie religieuse a également joué un rôle de plus en plus important dans les visites d’État régulières du roi Mohammed VI en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Bien que ces visites soient généralement axées sur la signature d’une série d’accords politiques et économiques, le roi a également rencontré des représentants soufis qui exercent une grande influence sur les questions politiques et sociales dans ces pays. Lors d’une tournée en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Guinée et au Mali en 2014, le roi a signé des accords permettant à des centaines d’imams de ces pays de recevoir une formation religieuse au Maroc. Les liens politiques et religieux du royaume avec l’Afrique de l’Ouest ont récemment permis aux responsables marocains de renforcer leurs relations avec les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) – une évolution qui a encore exacerbé les tensions avec l’Algérie, les deux pays s’efforçant d’affirmer leur influence régionale.

L’identité africaine du Maroc se reflète également dans ses efforts diplomatiques, à travers son leadership auprès des pays francophones, son statut d’observateur auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), son rôle au sein du Forum mondial de lutte contre le terrorisme et du Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme, et ses vastes programmes culturels, sociaux et diplomatiques. En 2011, le Maroc a inscrit ces liens étroits dans sa nouvelle constitution, qui stipule que l’unité du Maroc

«  État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible. Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. »

Plusieurs des objectifs énoncés dans le préambule de la nouvelle constitution soulignent spécifiquement les liens du Maroc avec l’Afrique, en insistant sur ses engagements envers l’Union du Maghreb arabe, la solidarité islamique, la coopération sud-sud et la solidarité avec l’Afrique subsaharienne. L’adhésion à l’Union africaine est donc l’aboutissement naturel de l’identité historique du Maroc aux yeux du roi et du pays.

Le retour du Maroc dans le giron africain a pour conséquence le partage de l’expérience marocaine dans la gestion du dossier religieux. Dans ce sens Yousra Abourabi écrit dans Le Point :

‘’Sur le plan religieux, le Maroc a entrepris la diffusion de son modèle d’encadrement de l’enseignement et des pratiques religieuses, présenté comme un levier contre l’extrémisme, dans le cadre d’une « diplomatie de sécurité religieuse ». Celle-ci s’est illustrée par la formation d’imams de différents pays d’Afrique de l’Ouest, parallèlement à la formation militaire dans ces mêmes pays, ainsi que par l’institutionnalisation du soufisme et des réseaux confrériques régionaux, entre autres choses.

Grâce à la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains, institution religieuse musulmane, le Maroc permet aux différents pays d’Afrique de former à l’encadrement scientifique et religieux des imams dans le dessein d’empêcher la radicalisation et de combattre l’idéologie salafiste et djihadiste.

L’implication du Maroc dans ce domaine n’a pu être possible que parce que le roi possède aussi le titre de « commandeur des croyants », au nom duquel on lui reconnaît un leadership africain dans le champ religieux. La particularité de cette diplomatie de sécurité religieuse réside dans sa dimension spécifiquement africaine, puisqu’elle a accompagné l’affirmation du royaume en tant que pays africain, au-delà de son caractère arabo-amazighe.’’

Le Maroc et son rang soft power en 2022 et 2023

Le Maroc se classe premier dans la région du Maghreb dans le Global Soft Power Index 2022, et septième dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Le cabinet britannique de conseil en marques « Brand Finance » est spécialisé dans l’évaluation des marques et a publié son rapport annuel Global Soft Power Index pour 2022. Avec une note de 34,9 sur 100, le Maroc se classe au 46e rang mondial sur 120 pays, améliorant ainsi son classement de deux places.

Le Maroc se classe au septième rang dans la région MENA parmi les 15 pays répertoriés, après les Émirats arabes unis (15e au niveau mondial), Israël (23e), l’Arabie saoudite (24e), l’Égypte (31e) et le Koweït (36e). L’Algérie (75ème au niveau mondial) et la Tunisie (76ème) suivent consécutivement le Maroc dans la région du Maghreb. Le classement n’inclut pas la Mauritanie et la Libye. L’Égypte s’est classée première en Afrique (31e au niveau mondial), suivie par l’Afrique du Sud (34e).

Avec un score de 70,7, les États-Unis sont en tête du classement mondial du soft power, suivis par le Royaume-Uni (score de 64,9), l’Allemagne (score de 64,6), la Chine (score de 64,6) et le Japon (score de 63,5). Selon le rapport, la pandémie de COVID-19 a eu un impact considérable sur le classement.

Les pays ont été classés sur la base de sept « piliers de puissance douce » qui prennent en compte les affaires et le commerce, la gouvernance, les relations internationales, la culture et le patrimoine, les médias et la communication, l’éducation et la science, les personnes et les valeurs, ainsi que les performances des pays dans la lutte contre le Pandémie de covid-19.

De plus, Brand Finance fonde son classement sur la présence, la réputation et l’influence de la nation dans le monde, ainsi que sur une enquête menée auprès de plus de 100 000 personnes interrogées. Le Global Soft Power Index 2022 s’est élargi pour inclure 120 pays, accueillant 15 nouvelles nations dans le classement de cette année.

Le Maroc a surpassé le reste du Maghreb en se classant premier dans le Global Soft Power index 2023, un classement qui souligne les efforts du pays pour polir son image et étendre son influence dans le monde.

Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur Twitter : @Ayurinu

SM le Roi pose, dimanche (29/04/18) à Brazzaville, pour une photo de famille avec les Chefs d’Etat et de gouvernement participant au 1er Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission Climat et du Fonds bleu du Bassin du Congo.

Maroc-Afrique: une diplomatie royale dynamique en faveur du continent