Par Nabyl Lahlou


Pendant la campagne électorale pour la présidence de la République française, qui eut lieu en avril et mai derniers, j’ai le souvenir bien précis que le mot CULTURE n’était prononcé ou abordé par aucun des candidats, dont le futur gagnant, le président sortant, Monsieur Emmanuel Macron.

Les débats, qui tournaient souvent autour de la retraite à 60 où 65 ans, et surtout au sujet du pouvoir d’achat du citoyen français pour le remplissage quotidien de sa panse, n’abordaient jamais les bienfaits de la pensée, saine et révolutionnaire , telle qu’elle a été véhiculée par les grands eécrivains , les grands philosophes, les grands penseurs et les grands chercheurs et les immenses artistes, qui ont fait la grandeur de la France après avoir bâti son socle, berceau de La Marseillaise et des Droits de l’Etre humain, qui, me semble-t-il, commence à se fissurer face aux divers dangers qui commencent à gangréner ce grand pays dont la devise se ternit et le flottement du drapeau tricolore sonne sourdement aux mouvements des vents.

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Je suis Marocain, et content de l’être, quand bien même, face à la nationalité française que j’ai toujours refusé de demander ou d’accepter, la mienne, ma nationalité marocaine, qui pèse très peu sur l’échiquier des pays du G7 ou du G20, me satisfait amplement, bien que je demeure, et ce, depuis plus de trente ans, continuellement saboté par les ronds-de-cuir qui sévissent partout à la tête des services publics qui me concernent en tant que cinéaste et metteur en scène de théâtre.

Il en est de même du côté des Instituts Français installés au Maroc dont la noble mission est de véhiculer la belle langue française, le savoir français et la Culture Française.

Je reconnais que grâce aux soutiens financiers des Centres Culturels, devenus Instituts français, que j’ai pu réaliser trois de mes plus belles créations théâtrales : LE PROCES DE SOCRATE, d’après l’apologie de Platon, EN ATTEDANT GODOT de Samuel Beckett (interprété par des comédiennes) ANTIGONE de Sophocle, de Cocteau, d’Anouilh et de Brecht.

Ces réalisations ont pu voir le jour grâce à la vision et la clairvoyance des Conseillers Culturels Français qui étaient des hommes hautement cultivés et motivés pour soutenir les créations faites par des créateurs marocains qui aiment la langue française.

C’était une belle époque qui prit fin,en 2002, avec le départ de l’ambassadeur Monsieur Michel de Bonnecorse pour ouvrir la route à une autre race de Conseillers Culturels, de directeurs et directrices, souvent dépourvus d’imagination et de courage.

Aujourd’hui, et ce, depuis le départ de l’ambassadeur Michel de Bonnecorse, les nouveaux directeurs de l’Institut Français au Maroc, ont décidé d’ignorer mes demandes de soutiens pour réaliser mes nouvelles créations théâtrales en langue française

LA CHUTE d’Albert Camus ou LA FEMME AU COLT 45 de Marie Redonnet n’avaient bénéficié d’aucun centime français. Ces deux pièces de théâtre ont été finalement produites avec mes moyens, des moyens dérisoires.

Et si LA CHUTE d’Albert Camus a pu bénéficier, en 2014, d’un soutien du conseiller culturel à l’époque, Monsieur Bertrand Commelin, pour une tournée dans cinq villes marocaines, LA FEMME AU COLT 45, victime de la DECHE qui frappe les Instituts Français au Maroc, ne trouve point de responsable au sein de l’Institut du Maroc pour l’aider à entreprendre une tournée théâtrale pour le bonheur des adhérents des Instituts Français au Maroc.

Hélas ! L’Ingratitude et le mépris de la part des responsables culturels français à Rabat semblent frapper cette belle et jubilatoire création théâtrale, écrite spécialement par Marie Redonnet pour l’immense comédienne : Madame Sophia Hadi.

Si le Tangérois avait été élu président de la République française, je lui aurais sûrement adressé ma lettre de félicitations, accompagnée de mon souhait de voir LA COMÉDIE FRANÇAISE accueillir LA FEMME AU COLT 45.

À 2027, cher Monsieur Jean-Luc Mélenchon.

*Serais-je, encore vivant. Seul Allah le sait.

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