Le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane, s’en est pris, mercredi lors d’une conférence de presse à Rabat, au Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, se félicitant, par ailleurs, d’avoir mis fin à la subvention des carburants.

Benkirane, dont les propos ont été relayés par le site arabophone Hespress, a ainsi reproché à Akhannouch d’accuser son parti, le PJD, d’avoir entravé le développement du pays pendant les deux mandats gouvernementaux précédents.

« Le chef du gouvernement Akhannouch a déclaré en se vantant que le PJD est à l’origine de la flambée des prix des carburants, parce qu’il a mis fin à leur subvention par le biais de la caisse de compensation », a affirmé Benkirane avant de s’interroger : « Pourquoi alors l’actuel Chef de de l’exécutif ne s’est-il pas retiré des deux gouvernements du PJD, alors qu’il y occupait un poste important », celui de ministre de l’Agriculture, de la Pêche et du Développement rural.

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« Vous auriez pu avoir le courage de quitter le gouvernement, au moins comme l’a fait le Parti de l’Istiqlal. Quant à lier votre échec (actuel) aux gouvernements précédents, c’est absurde », a enchainé le chef du parti de la Lampe, relevant qu’aucun gouvernement n’avait injurié le gouvernement qui l’a précédé.

+ Des slogans tendancieux +

Il a ajouté qu’au Maroc, « il n’y a pas de gouvernement qui gouverne, mais il y a un gouvernement qui gouverne sous la supervision de SM le Roi », qualifiant les déclarations d’Akhannouch de « défi à l’Etat ».

Benkirane est également revenu sur le différend qui l’opposait à Akhannouch en l’accusant d’avoir fait obstruction à la formation du gouvernement après les élections de 2016.

« J’aurais pu former le gouvernement sans le Rassemblement national des indépendants (RNI), et Driss Lachguer (le Premier secrétaire de l’USFP) me l’avait suggéré, mais j’ai reporté cette question jusqu’à ce qu’Akhannouch soit officiellement désigné à la tête du parti, car je voulais qu’il soit avec moi, en plus du ministre Moulay Hafid Elalamy, parce que j’étais convaincu que Sa Majesté les voulait », a-t-il affirmé avant de préciser que le Roi n’était pas intervenu.

Il a, en outre, fait savoir que le Chef du RNI lui avait posé comme « conditions pour sa participation au gouvernement de renoncer à la mise en place de l’aide directe aux couches nécessiteuses, et d’exclure le Parti de l’Istiqlal ».

Benkirane a, par ailleurs, rappelé qu’il a été contre le slogan « Dégage » levé contre le Chef du gouvernement actuel en estimant qu’il s’agit d’un « slogan tendancieux » avant d’ajouter : « Nous n’avons aucun problème à soutenir le Chef du gouvernement s’il propose quelque chose servant l’intérêt du Maroc, mais au moment où nous tendons la main pour l’aider, ils s’en prennent au PJD ».

L’ancien Chef du gouvernement s’est, par ailleurs, réjoui d’avoir mis fin à la subvention des carburants par le biais de la Caisse de compensation, soulignant qu’il avait pris cette mesure parce qu’il était persuadé que la subvention ne profitait pas aux couches sociales qui le méritent.

« Je n’ai pas regretté d’avoir mis fin à la subvention accordée aux carburants, mais plutôt de ne pas avoir supprimé la Caisse de compensation dans son ensemble et orienté l’aide vers ceux qui le méritent », a-t-il dit.

Revenant sur les résultats médiocres réalisés par le PJD lors des dernières élections législatives, Abdelilah Benkirane a souligné qu’il était question de « dissoudre le parti, de mettre fin définitivement à sa participation politique et de se retirer du Parlement, mais l’ancienne direction du parti a pris ses responsabilités et a présenté sa démission ».

Article19.ma