Les perspectives de l’économie mondiale continuent de se dégrader en liaison avec les resserrements rapides des conditions monétaires, aussi bien dans les économies avancées qu’émergentes et les craintes sur l’approvisionnement énergétique en Europe, a annoncé le Rapport de Bank Al Maghrib sur la politique monétaire.

Aux Etats-Unis, après s’être établie à 5,7% en 2021, la croissance devrait revenir à 1,6% en 2022 puis à 1,1% en 2023. Dans la zone euro, elle devrait passer de 5,4% en 2021 à 3% en 2022 puis décélérer à 0,7% en 2023. En Chine, la politique zéro-Covid et les difficultés du secteur de l’immobilier continuent de peser sur la croissance. Après 8,5% en 2021, celle-ci ralentirait à 3,4% en 2022, avant de s’accélérer à 6,1% en 2023 bénéficiant notamment des mesures d’allègement fiscal, de soutien aux prêts et d’investissements en projets d’infrastructure. La Russie entrerait, quant à elle, en récession en 2022, avec une contraction de 5,4% en 2022 puis de 3,6% en 2023.

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Sur le marché des matières premières, les prix se sont inscrits en baisse au cours des derniers mois tirés essentiellement par les anticipations d’une récession mondiale et par l’accord sur les exportations des céréales de l’Ukraine.

Les cours des produits énergétiques devraient, toutefois, rester à des niveaux élevés en 2022, comparativement à l’année précédente, atteignant pour le Brent 104,1 dollars le baril en moyenne, sous l’effet d’une offre limitée, avant de reculer à 93,5 dollars en 2023. De même, le prix du charbon resterait élevé, ressortant à 322,7 dollars la tonne en moyenne en 2022 avant de baisser à 236,9 dollars en 2023.

S’agissant des denrées alimentaires, l’indice FAO a connu une baisse cumulée de 21,7 points de base entre mars et août mais devrait ressortir en hausse de 15,4% en moyenne sur l’ensemble de l’année 2022, en raison de la persistance de la pression sur l’offre mondiale et de la hausse des coûts des intrants notamment les produits énergétiques et les fertilisants, avant de diminuer de 8,1% en 2023.

Dans ces conditions, après avoir atteint des niveaux exceptionnellement élevés aussi bien dans les économies avancées qu’émergentes durant la première moitié de l’année en cours, les pressions inflationnistes devraient graduellement s’atténuer sur le reste de l’année.

+ « Maroc : L’année 2022 devrait connaitre une forte reprise de l’activité touristique » +

Au niveau national, l’année 2022 devrait connaitre une forte reprise de l’activité touristique, une accélération des échanges extérieurs de biens et un maintien à un niveau élevé des transferts des MRE. Le déficit du compte courant terminerait ainsi l’année à 3,2% du PIB, après 2,3% en 2021.

En 2023, les importations reculeraient sous l’effet essentiellement de l’allégement de la facture énergétique et de la baisse de l’approvisionnement en blé, alors que les recettes voyages devraient quasiment stagner. Le déficit du compte courant ressortirait à 1,9% du PIB. Quant aux recettes des IDE, elles avoisineraient 3,2% du PIB sur l’horizon de prévision.

Au niveau des finances publiques, la situation budgétaire devrait poursuivre son amélioration tenant compte de la progression attendue des rentrées fiscales. En effet, après s’être établi à 5,9% du PIB en 2021, le déficit budgétaire se situerait à 5,5% du PIB, en atténuation de 0,8 point de pourcentage par rapport aux prévisions de juin, incorporant les réalisations budgétaires à fin août 2022, la programmation budgétaire triennale et les nouvelles projections économiques de BAM.

En 2023, il s’allégerait davantage à 5% du PIB, sous l’hypothèse principalement de l’amélioration continue des rentrées fiscales et de l’allègement de la charge de compensation d’une année à l’autre.

Article19.ma