En Italie, Giorgia Meloni, une Romaine de 45 ans, présidente du parti nationaliste Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie »), est en bonne position pour devenir la première femme à diriger l’exécutif italien, une ascension qui semblait improbable il y a encore quatre ans, selon francetvinfo.fr.

Sa formation est créditée de 23 à 26% des intentions de vote lors du scrutin du dimanche 25 septembre, organisé de manière anticipée après la chute du gouvernement de Mario Draghi.

En 2018, il aurait été difficile d’imaginer le mouvement de Giorgia Meloni en passe de s’imposer comme le premier parti du pays, il n’avait en effet engrangé que 4% des votes lors des législatives organisées cette année-là, précise la même source.

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Pour rappel, Giorgia Meloni, une Romaine de 45 ans, qui jeune militante disait admirer Mussolini, est parvenue à dédiaboliser son image et rassembler sur son nom les peurs et les colères de millions d’Italiens face à la flambée des prix, le chômage, les menaces de récession ou l’incurie des services publics.

Avec ses deux alliés MM. Salvini et Berlusconi, elle promet des baisses d’impôt, le blocage des migrants traversant la Méditerranée, ainsi qu’une politique familiale ambitieuse pour relancer la natalité dans un pays vieillissant.

+ « Femme, italienne, chrétienne » et ultraconservatrice +

« Je suis Giorgia, je suis une femme, je suis une mère, je suis italienne, je suis chrétienne », résumait-elle en 2019, lors d’un rassemblement à Rome.

A 15 ans seulement, elle a rejoint l’organisation de la jeunesse du Mouvement social italien (MSI), formation post-fasciste fondée par des partisans de Benito Mussolini, rapportent Les Échos.

A l’époque, la jeune militante expliquait volontiers à la télévision française que le dictateur italien avait été « un bon politicien ».

D’autre part, pas question pour autant de (trop) critiquer le leader fasciste Benito Mussolini, dont elle reconnaît « les erreurs » tout en affirmant qu’il a « beaucoup accompli ».

Giorga Meloni défend une vision très conservatrice, avec pour valeurs centrales ‘Dieu, la famille et la patrie, affirme-t-on.

Son programme comporte : lutte contre « l’islamisation » et l’immigration illégale, euroscepticisme, « défense de la patrie », opposition au mariage et à l’adoption pour les couples LGBT…

Depuis plusieurs années, les partis d’extrême droite rassemblent près de 40% des intentions de vote. Mais il y a un jeu de vases communicants entre La Ligue et Fratelli d’Italia : lorsque le premier baisse dans les sondages, c’est le second qui en profite, selon un politologue.

Depuis la création de son parti en 2012, Giorgia Meloni « s’est construite dans l’opposition », note Jean-Pierre Darnis, professeur à l’université Luiss de Rome et responsable du master en relations franco-italiennes à l’université Côte d’Azur. Si elle a occupé un « poste junior » de ministre de la Jeunesse au sein du gouvernement de Silvio Berlusconi, de 2008 à 2011, elle n’a plus jamais été membre de l’exécutif depuis, relève-t-on.

Fratelli d’Italia est en outre le seul parti à ne pas avoir soutenu la grande coalition de Mario Draghi, en 2021. « L’Italie a besoin d’une opposition libre », justifiait alors Giorgia Meloni. Le mouvement de Matteo Salvini avait, lui, accepté de participer à cette alliance d’union nationale, un choix qui joue désormais en faveur de sa concurrente.

La question qui se pose : quelle position adoptera la nouvelle leader italienne sur la question du Sahara sachant qu’Alger ne cesse d’avancer ses pions en utilisant l’arme du gaz?

Article19.ma