Par Dr Mohamed Chtatou


L’influence de la France sur le monde, tant dans le passé qu’aujourd’hui, est difficile à surestimer. Située en Europe occidentale, la France est l’un des plus anciens pays du monde, et son influence s’étend au monde entier par le biais de la science, de la politique, de l’économie et peut-être surtout de la culture.

France, pays des droits de l’homme

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Dès le Moyen Âge, la France a évolué en passant par un royaume, un empire et, enfin, une république. Elle a été l’une des premières nations à défendre les droits de l’individu. La France d’aujourd’hui est une démocratie avec une séparation des pouvoirs entre les branches exécutive, législative et judiciaire du gouvernement.

La Banque mondiale classe la France parmi les nations riches à revenu élevé. Les citoyens français comptent sur le gouvernement fédéral pour garantir certains services sociaux, tels que l’éducation, les soins de santé et les pensions de retraite.

L’économie française est l’une des plus importantes au monde et se compose d’un mélange d’entreprises privées et de participation gouvernementale. Le tourisme contribue largement à l’économie – la France figure généralement en tête des listes des pays les plus visités. Les autres grands secteurs économiques sont l’industrie, l’agriculture, l’énergie et la défense. Le pays est l’un des premiers exportateurs d’armes au monde.

Le peuple français est traditionnellement un mélange d’ethnies celtes, germaniques et latines. Les vagues d’immigration des 20e et 21e siècles modifient toutefois la population du pays. Les immigrants viennent généralement d’Afrique du Nord et d’autres régions d’Europe.

La France est confrontée à divers défis intérieurs, notamment la manière dont elle affronte le terrorisme à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris, qui ont fait 130 morts, et d’une attaque meurtrière contre un journal satirique plus tôt dans l’année. Les sondages avaient montré que les attitudes du public à l’égard de l’islam et des immigrants s’aggravaient et, en avril 2017, les électeurs ont choisi un candidat outsider, Emmanuel Macron, comme nouveau président. Le pays est également confronté à une croissance économique ralentie et à un chômage croissant. Le chômage frappe particulièrement les jeunes et les jeunes adultes du pays et le gouvernement a lancé un effort de réforme du marché du travail pour aider à lutter contre le chômage élevé.

La France possède un riche patrimoine culturel. La littérature française est née au Moyen Âge et le pays a une longue histoire dans le domaine des beaux-arts, de la musique et de la danse. Le cinéma occupe une place importante dans la vie culturelle du pays. La cuisine française est populaire dans le monde entier, tout comme le vin produit dans le pays.

La France est un membre fondateur des Nations unies et dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Les autres grands groupes auxquels elle appartient sont l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce, ainsi que l’Organisation de coopération et de développement économiques -OCDE-.

La France est un pays moderne et un leader parmi les nations européennes. Le président du pays, Emmanuel Macron, est le fondateur du parti de centre-gauche En avant ! L’économie du pays est diversifiée, et les principales industries sont le tourisme, l’industrie manufacturière et les produits pharmaceutiques.

La France est la deuxième plus grande économie de l’UE après l’Allemagne et aussi la deuxième plus peuplée. Cependant, elle a maintenu une faible croissance démographique depuis le milieu des années 2000.

Défis économiques

Avec une économie en lambeaux après la pandémie de coronavirus, le nouveau gouvernement français est confronté à un certain nombre de défis. La priorité numéro un sera de lutter contre le chômage et d’aider la jeunesse du pays, tout en mettant en place un plan de relance axé sur la transition vers une économie verte.

1. Chômage élevé

Les principaux défis économiques de la France en 2022 étaient de s’attaquer à son taux de chômage élevé, d’accroître la compétitivité et de lutter contre la croissance molle.

La France est confrontée à un taux de chômage élevé depuis la crise financière mondiale de 2008, à l’instar d’autres pays de l’UE. Mais si le chômage s’est amélioré depuis pour les autres nations européennes, il a continué à affecter la productivité et la compétitivité de la France.

Le taux de chômage en France, bien qu’il se soit amélioré au cours des derniers trimestres, reste obstinément élevé. Au quatrième trimestre de 2019, la France a affiché un taux de chômage de 8,1 %, ce qui est mieux que les 8,5 % enregistrés au troisième trimestre et les 8,8 % notés au cours de l’année précédente. La France a le quatrième taux de chômage le plus élevé parmi les pays européens. Seules l’Italie, l’Espagne et la Grèce font pire. Pour les travailleurs âgés de 25 à 49 ans, le taux de chômage s’est établi à 7,4 % au dernier trimestre de 2019, soit une amélioration par rapport aux 7,9 % enregistrés au troisième trimestre. Les travailleurs âgés de plus de 50 ans ont également fait mieux. Leur taux de chômage était de 5,8%, contre 6,3% précédemment.

Un taux de chômage élevé et soutenu pèse sur l’économie française, car les filets de sécurité sociale qui doivent accueillir les chômeurs vont croître et être soutenus par une fraction plus réduite de la population. Le chômage élevé et durable des jeunes est particulièrement inquiétant car il freine le développement des compétences et l’accumulation de richesse de la génération qui devrait être le moteur de l’économie dans les décennies à venir.

2. Une compétitivité à la traîne

La France a vu sa compétitivité décliner. La nation a connu un déficit de la balance courante au cours de la dernière décennie, ce qui signifie que la France importe plus qu’elle n’exporte. En 2018, son compte courant a affiché un déficit de 15,1 milliards d’euros, soit une légère amélioration par rapport à 2017, où le déficit de son compte courant était de 16,4 milliards d’euros.

La Banque de France a attribué cette amélioration à une augmentation des échanges de services, tirée par la R&D et les services de gestion professionnelle. Cependant, la France a payé plus cher pour l’énergie, ce qui a exercé une pression sur le compte courant.

En 2013, la France a introduit le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) afin de réduire le coût du travail et d’aider les entreprises françaises à devenir plus compétitives. En 2019, le CICE a été supprimé et remplacé par une réduction des contributions des employeurs aux programmes de protection sociale.

Malgré la baisse du coût du travail, de nombreux fabricants français ne trouvent pas suffisamment de main-d’œuvre qualifiée pour répondre à la demande, ce qui freine la croissance. Les réformes gouvernementales de l’apprentissage et de la formation professionnelle pourraient aider à cet égard.

L’investissement direct étranger est le domaine dans lequel la France connaît une amélioration. Alors que les entreprises françaises peinent à gagner des parts de marché à l’étranger, les entreprises étrangères sont attirées par le fait de faire des affaires en France, qui est devenue plus favorable aux entreprises depuis que Macron a accédé à la présidence. En 2018, on estime que 37,3 milliards de dollars d’investissements directs étrangers ont afflué dans le pays, contre 29,8 milliards de dollars en 2017.

3. Une croissance molle

En décembre 2019, la Banque de France prévoyait que la croissance économique de 2019 s’établirait à 1,3 %. La banque prévoyait un ralentissement de la croissance à 1,1 % en 2020 avant de se renforcer en 2021 et 2022.

La banque a déclaré qu’une détérioration de l’économie mondiale pourrait peser sur la croissance, même si la forte demande intérieure apporterait un soutien. L’inflation tomberait à 1,1 % en 2020 grâce à la baisse des prix de l’alimentation et de l’énergie.

Au cours de la période de quatre ans allant de 2016 à 2019, la France a ajouté un million de nouveaux emplois salariés, grâce à la baisse des coûts du travail et à d’autres réformes du travail. La banque s’attendait à ce que les réformes de la taxe sur les salaires, les réformes des allocations de chômage et la formation professionnelle contribuent à la poursuite de la création d’emplois.

En février 2020, la Banque de France a déclaré s’attendre à une baisse de la production industrielle et de l’activité des entreprises dans la plupart des secteurs en raison de l’épidémie mondiale de coronavirus.

En 2020, en raison de la pandémie de COVID-19, la France a subi l’une des plus fortes contractions économiques parmi les pays de l’UE (-8 %), mais l’économie a commencé à se redresser en 2021. Selon les estimations du FMI, la croissance du PIB s’est élevée à 6,3 % en 2021, grâce au soutien public et à de solides investissements menés par le secteur privé. La croissance devrait se modérer à 3,9 % en 2022 et à 1,8 % en 2023, sous réserve de la poursuite de l’endiguement de la COVID-19, de la normalisation des difficultés de la chaîne d’approvisionnement et du maintien d’un environnement politique accommodant (FMI).

Le taux de chômage, qui était en baisse avant la pandémie, a atteint un niveau estimé à 8,1 % en 2021 et devrait augmenter à 8,3 % en 2022 avant de redescendre à 8 % en 2023 (FMI). Le déploiement du dispositif de chômage partiel a limité les pertes d’emploi à grande échelle. La mobilité sociale reste faible et les taux d’emploi de nombreux groupes défavorisés sont médiocres.

La France est la première puissance agricole de l’Union européenne, représentant un quart de la production agricole totale de l’UE. Néanmoins, le secteur agricole ne représente qu’une très faible part du PIB du pays (1,6 %) et n’emploie que 3 % de la population (Banque mondiale). Les activités agricoles françaises bénéficient d’importantes subventions, notamment de la part de l’Union européenne. Le blé, le maïs, les viandes et le vin sont les principaux produits agricoles français.

L’industrie manufacturière française est très diversifiée ; cependant, le pays connaît actuellement un processus de désindustrialisation, qui a entraîné l’externalisation de nombreuses activités. L’industrie représente 16,4 % du PIB et emploie un cinquième de la population active (Banque mondiale). Les principaux secteurs industriels français sont les télécommunications, l’électronique, l’automobile, l’aéronautique et l’armement.

Le secteur tertiaire représente 71,2% du PIB français et emploie 77% de la population active (Banque mondiale). La France est la première destination touristique au monde avec un record de 91 millions de visiteurs étrangers en 2019. La découverte du patrimoine culturel et gastronomique de la France et le shopping sont les principales activités plébiscitées par les touristes étrangers.

Le défi est de taille, qu’il soit financier, budgétaire ou économique. Le diagnostic est bien connu : il faut réduire de manière drastique les déficits et la dette publique, diminuer la pression fiscale et s’attaquer au chômage par des changements radicaux de politique. La tâche est, certes, colossale.

L’intégration des minorités, un défi majeur pour la France

En tant que grande puissance économique européenne, la France est depuis longtemps un pays d’immigration, et l’arrivée de nouveaux migrants, notamment en provenance de pays moins développés, est au cœur de son débat politique depuis de nombreuses années. Les effets économiques et sociaux de l’immigration ont été des sources de discorde depuis la fin du 19e siècle, et le débat s’est intensifié depuis les années 1970, dans un contexte de ralentissement économique, d’augmentation du chômage et de montée lente mais progressive de l’extrême droite. En 2002, le candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen a atteint le second tour de l’élection présidentielle en mettant l’accent sur les préoccupations liées à l’immigration, et en 2017 et 2022, sa fille et héritière politique Marine Le Pen a répété l’exploit, passant à 17 points de pourcentage de la défaite du président Emmanuel Macron au second tour du 24 avril 2022.

Pour les partis d’extrême droite tels que le Rassemblement national de Le Pen, l’immigration représente une menace pour l’identité et la sécurité des Français, ainsi qu’un coût économique et social énorme, auquel le gouvernement devrait répondre en fermant ses frontières. Les questions d’immigration et d’intégration ont souvent été associées à la religion, notamment depuis la seconde moitié du 20e siècle, lorsque de nombreux immigrants musulmans sont arrivés des anciennes colonies d’Afrique du Nord et d’Afrique noire et ont posé ce que certains ont interprété comme un défi à l’identité nationale française, ouvertement laïque.

Bien que les voix de Le Pen et du candidat présidentiel d’extrême droite encore plus radical Éric Zemmour représentent la frange, le langage et les politiques adoptés par les politiciens plus centristes ont également progressivement évolué pour considérer l’immigration avec plus de scepticisme. Nicolas Sarkozy a été élu président en 2007 en mettant en avant une vision d’un système d’immigration plus sélectif, et Macron, apparemment en réponse à la menace électorale de l’extrême droite, a poussé au cours de son mandat à durcir les frontières extérieures de l’Union européenne et à restreindre l’accès des demandeurs d’asile aux services publics. Pendant ce temps, en 2022, Les Républicains de centre-droit ont décrié ce qu’ils considéraient comme un afflux d’immigrants hors de contrôle.

La France s’est imposée comme l’un des États-providence les plus « généreux » au monde. La grande récession de 2007-8 a confronté la politique sociale française à l’escalade du chômage et au creusement des inégalités. Associés à d’importantes réformes des retraites, ces phénomènes ont entraîné un fort mécontentement dans tout le pays, exacerbé par les tensions liées à l’immigration, l’euroscepticisme et les problèmes de sécurité intérieure.

On dit souvent que la France a échoué dans l’intégration de ses minorités immigrées. C’est largement vrai et les émeutes urbaines de 2005 l’ont prouvé. Une meilleure intégration des minorités est clairement une demande sociale forte et le pays et ses dirigeants (politiques, économiques, etc.) ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour répondre à cette demande. Cependant, la situation n’est pas aussi mauvaise qu’il n’y paraît (dans la presse américaine par exemple) et il y a des raisons d’espérer une évolution positive. Parmi de nombreux exemples :

  1. Le gouvernement de l’ancien président Nicolas Sarkozy comprenait plusieurs ministres d’origine maghrébine ou ouest-africaine, à des postes élevés (Justice, Ville, Droits de l’Homme) et lui-même est de père hongrois et de mère judéo-grecque.
  2. La politique française constante pour éviter le communautarisme est illustrée par la loi qui interdit le voile islamique à l’école en 2008 et la burqa dans tous les lieux publics en 2010.
  3. De nombreux acteurs, chanteurs, écrivains, sportifs, etc. sont des immigrés de deuxième génération.
  4. La France refuse le concept de discrimination positive, au nom de l’égalité et de l’anti-communautarisme, mais en fait, de nombreux nouveaux programmes visant à faciliter l’accès des enfants d’immigrés à l’enseignement supérieur sont mis en œuvre sous la supervision d’un « Haut-Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances » (Yazid Sabeg, un homme d’affaires prospère d’origine algérienne, nommé en décembre 2008 au rang de ministre dans le cabinet). Parmi eux, une voie d’accès privilégiée au prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), le nid même des hauts fonctionnaires.

Ce défi majeur concerne les questions entremêlées de la sécurité, de l’immigration et de l’intégration. Le modèle français traditionnel, fondé sur une politique d’ouverture à l’égard des immigrants qui acquièrent la nationalité française et sur le principe d’égalité de tous les citoyens, indépendamment de leur origine ethnique ou de leur religion, a perdu son pouvoir d’intégration au cours des 30 dernières années. Les instruments établis du processus d’intégration (éducation, travail, religion, partis politiques et syndicats) ne sont plus efficaces et ont été affectés négativement par les récentes attaques terroristes.

Ce défi exige des solutions politiques multiformes dans des domaines tels que la sécurité, le développement urbain, l’éducation et la formation professionnelle, avec un accent particulier sur les possibilités d’emploi pour les citoyens les plus marginalisés. Les premières mesures prises par le gouvernement en 2017 ont mis l’accent sur les questions d’éducation et d’employabilité, en se concentrant moins sur les mesures financières susceptibles d’atténuer la pauvreté. Cependant, le gouvernement n’a pas réussi à poursuivre pleinement cette nouvelle politique, et à donner une perspective claire pour le développement urbain dans les zones socialement marginalisées.

Ce qui est en jeu, c’est la cohésion politique et sociale du pays, ainsi que les valeurs et règles nationales communes. La situation actuelle est caractérisée par une crise d’identité, une fracture ethnique, l’exclusion des migrants et des frustrations politiques, un mélange qui a profité aux candidats et aux partis politiques extrémistes.

La justice sociale en France a été plus difficile à atteindre que dans le reste des pays de l’Occident. Les citoyens français d’origine immigrée, les immigrants et leurs communautés connaissent des niveaux d’aliénation, de pauvreté et de chômage qui rendent la lutte contre le terrorisme islamiste intérieur beaucoup plus difficile. La France, longtemps dévouée à la laïcité et à l’égalité, doit trouver un équilibre entre ce qui constitue un apaisement des revendications islamiques fondamentalistes et une prise de position résolue contre l’empiètement de la religion dans la vie publique et la lutte internationale contre le terrorisme islamiste. Les Français tiennent passionnément à leur liberté et doivent décider où la sécurité publique prime sur les questions de vie privée et les limites de l’application de la loi.

Le défi du changement climatique

La France, signataire du protocole de Kyoto, a présidé l’accord de Paris sur le changement climatique (COP21/CMP11) qui s’est tenu en novembre 2015. L’objectif de cet événement était de conclure un accord international pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C.

Au sein de l’Union européenne, la France défend une position ambitieuse, axée sur un objectif de -40% d’émissions de gaz à effet de serre en 2030, puis -60% en 2040 (par rapport à 1990). Afin de répondre aux alertes lancées par les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et à l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique, la France soutient les domaines prioritaires de la recherche sur le climat en fonction de l’urgence à agir.

Le secteur de l’énergie nucléaire français est en avance sur le calendrier de sans émission de carbone (bien qu’il ait maintenu ouvertes deux centrales à charbon pendant l’hiver, ce qui est controversé) et, en février, le président Emmanuel Macron a annoncé une multiplication par dix des énergies renouvelables d’ici à 2050, ainsi que des projets de « renaissance nucléaire ».

Les bâtiments vieillissants de la France, dont la plupart ont été construits avant la Seconde Guerre mondiale, ont un énorme potentiel de réduction des émissions en passant du gaz aux pompes à chaleur électriques et au chauffage urbain, en particulier avec un secteur électrique sans carbone. Le pays a de bons plans pour cela, notamment d’importantes subventions à la rénovation et des guichets uniques de rénovation. Les propriétaires réticents devraient être incités à rénover par les récentes hausses des prix de l’énergie. Ces coûts énergétiques plus élevés devraient également accélérer les efforts de du secteur industriel sans émission de carbone.

En 2019, la France se situait juste en dessous de la moyenne européenne en matière de recyclage des déchets municipaux. Mais début 2020, trois nouveaux objectifs ambitieux pour 2025 ont été annoncés, qui devraient accélérer la réduction des émissions du secteur : 20 % de réduction des plastiques à usage unique, 100 % de recyclage des emballages plastiques et 100 % de suppression des emballages plastiques  » inutiles  » tels que les blisters autour des piles. À plus long terme, tous les plastiques à usage unique devraient être supprimés d’ici 2040.

Malgré ses trains électriques à grande vitesse mondialement connus, les émissions des transports en France sont plus difficiles à déplacer. Les voitures électriques ont connu un essor considérable ces deux dernières années, ce qui devrait aider, mais cela ne suffira pas à surmonter des décennies d’étalement urbain dépendant de la voiture. Plus prometteur, une vague verte de dirigeants municipaux a été élue en 2020, poussant un programme pro-cyclisme inspiré par la maire de Paris Anne Hidalgo. Les émissions de fret restent difficiles à déplacer, car presque tout voyage sur des camions diesel.

Toutefois, la situation dans ce domaine est paradoxale : d’un côté, la pression en faveur d’une action publique drastique pour lutter contre le changement climatique est de plus en plus forte, tandis que de l’autre, la principale mesure gouvernementale utilisée pour faire face à ce problème (l’augmentation des taxes sur les énergies fossiles afin de limiter la consommation) a déclenché la révolte des Gilets jaunes. Considérée comme socialement discriminatoire, cette mesure a été rapidement mise de côté, aggravant le déficit budgétaire et privant le gouvernement de l’instrument politique le plus efficace pour relever le défi du changement climatique.

La France a besoin de politiques courageuses qui incluent des choix clairs (même s’ils sont impopulaires), de la franchise dans l’explication des défis, plus de dialogue social et un style de gouvernance plus rationalisé et coordonné. La bonne nouvelle est que Macron, en tant que président, est pleinement et explicitement engagé dans ce programme de réformes. La mauvaise nouvelle est que sa méthode descendante, ainsi que son mépris plus ou moins ouvert pour les partis politiques, les syndicats et les organisations patronales, se sont révélés être un obstacle majeur pour susciter le soutien nécessaire de l’opinion publique.

Le défi de la transition énergétique

La France est un leader international sur les questions climatiques, mais elle doit également accélérer sa propre transition énergétique propre pour atteindre ses objectifs à long terme.

La France a contribué à guider les efforts internationaux de lutte contre le changement climatique, mais elle doit accélérer les éléments clés de sa transformation énergétique pour atteindre ses objectifs. Selon une nouvelle étude de l’Agence internationale de l’énergie, le gouvernement est confronté à des décisions cruciales concernant son futur bouquet énergétique.

En 2019, la France a inscrit dans la loi son objectif d’atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050 et a mis à jour son cadre de transition énergétique l’année suivante avec une nouvelle stratégie nationale bas carbone et un plan énergétique décennal. Cependant, la transition énergétique de la France a connu des retards importants, et la mise en œuvre reste difficile malgré les nombreuses réformes en cours. Le plan de relance économique de la France après la crise de Covid-19 et son plan d’investissement 2030 contribueront à accélérer sa transition énergétique en favorisant les progrès en matière de mobilité durable, de rénovation des bâtiments et d’hydrogène.

Le rythme actuel de déploiement des technologies énergétiques à faible émission de carbone et des solutions d’efficacité énergétique en France n’est pas assez rapide pour permettre au gouvernement d’atteindre ses objectifs en matière d’énergie et de climat. En particulier, le développement futur de l’approvisionnement en électricité du pays nécessite la mise en place d’une stratégie politique claire.

La France a fait preuve d’un leadership important en relevant les ambitions mondiales en matière de climat. Elle l’a fait dans le cadre de l’Union européenne et, surtout, en jouant un rôle de premier plan dans les négociations qui ont abouti à l’accord historique de Paris en 2015.

Sur le plan national, la France a été l’un des premiers pays à adopter une loi sur le climat et, en 2019, le gouvernement a inscrit dans la législation l’objectif d’atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050. La France a promu la finance verte et une approche de budgétisation verte dans l’ensemble du gouvernement, en alignant les processus de dépenses et de recettes nationales sur les objectifs climatiques et autres objectifs environnementaux. Le programme d’investissement 2030 du gouvernement et son plan de relance économique sont parmi les plus ambitieux au monde en termes de transitions énergétiques propres, avec des systèmes de financement innovants pour encourager la rénovation des bâtiments et les transports à faible émission de carbone.

En 2022, le gouvernement français devra prendre des décisions importantes pour s’assurer que le pays est sur la bonne voie pour atteindre son objectif de zéro émission nette en 2050, notamment en ce qui concerne les plans de modernisation de son parc nucléaire. Le gouvernement devra également renforcer ses ambitions et ses mesures en matière d’énergie propre pour les années à venir dans l’ensemble de l’économie, afin de s’aligner sur l’objectif européen de réduction des émissions de 55 % d’ici 2030.

L’efficacité énergétique est le pilier central de la stratégie nationale bas carbone de la France, et le gouvernement vise à réduire de moitié la consommation finale d’énergie entre 2012 et 2050. Au cours des 20 dernières années, la quasi-totalité des gains d’efficacité est venue du secteur résidentiel et du secteur tertiaire, reflétant l’adoption réussie de codes de construction et de réglementations de produits plus stricts. Toutefois, le rythme de rénovation reste lent et seules des économies mineures ont été réalisées dans le secteur des transports.

La moitié de la production d’énergies renouvelables en France provient encore de centrales hydroélectriques construites il y a plusieurs décennies. Le gouvernement cherche à accélérer les progrès dans le domaine de l’énergie solaire et éolienne en rationalisant les autorisations, en promouvant des initiatives phares et en harmonisant davantage les ambitions régionales et nationales. Mais ces efforts prometteurs risquent d’être compromis en l’absence de politiques plus soutenues et cohérentes.

Pour maintenir son secteur électrique à faible émission de carbone, la France doit développer les énergies renouvelables et décider de l’avenir de son parc nucléaire vieillissant, qui représentait en 2019 71 % de la production d’électricité. Des travaux importants sont en cours. Le Gestionnaire du réseau de transport d’électricité -RTE- a testé plusieurs scénarios de zéro émission de carbone, soutenus par une étude de l’Agence internationale de l’énergie -AIE- sur les défis techniques de l’intégration d’une part importante d’énergies renouvelables, qui peut contribuer à éclairer les décisions cruciales sur l’avenir électrique et énergétique de la France.

Le défi de la politique internationale

La France est le plus grand pays d’Europe occidentale et possède la deuxième plus grande population après l’Allemagne. Pendant des siècles, la France a été l’un des pays dominants de la politique internationale et son influence continue de s’étendre sur un vaste territoire. Mais les développements sur la scène de la politique internationale ont montré que la politique étrangère française est contestée par d’autres pays géants et la France a du mal à surmonter ces obstacles.

La politique étrangère française a été confrontée à un défi juste après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les colonies ont commencé à gagner leur indépendance. La France a beaucoup souffert des effets de la Seconde Guerre mondiale et ne pouvait plus se permettre d’entretenir ses colonies. L’effondrement économique a concentré tous les efforts sur la reconstruction, qui dépendait totalement du plan Marshall (programme de relance européen) des États-Unis.

La politique étrangère actuelle de la France est décrite comme perdue dans la foule, où le Paris officiel souffre du manque de scénarios en politique internationale. La politique internationale de la France est vouée à l’échec en Syrie, où les décideurs politiques de la France et d’autres alliés occidentaux ont condamné le régime en place pour avoir commis des actions oppressives et des persécutions contre sa propre population. Un an plus tard, la France mentionne aujourd’hui les organisations djihadistes transnationales telles que l’ISIS, qui a réussi à établir un contrôle opérationnel total sur les régions d’Irak et de Syrie, comme la plus grande menace mettant directement en danger les intérêts nationaux de la France et d’autres pays occidentaux. Bien que Paris ait officiellement déclaré que son engagement militaire contre l’ISIS serait limité à l’Irak, certains pensent désormais que la France et d’autres pays occidentaux sont des alliés de facto du régime syrien parce qu’ils ont un ennemi commun.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est le moyen politique le plus influent et le cœur de la politique étrangère française. La France est l’un des cinq États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et dispose d’un droit de veto. Les récents développements en Syrie et en Libye, ainsi que les négociations sur le programme nucléaire de l’Iran ont montré que la capacité du Conseil de sécurité de l’ONU était paralysée. Le droit de veto des pays du P5 fait obstacle à des questions d’importance vitale. Les questions importantes relatives aux droits de l’homme, à l’état de droit, à la démocratie, etc., soumises au Conseil de sécurité de l’ONU ne peuvent pas sortir de l’impasse. Afin d’accroître la capacité et la légitimité du Conseil de sécurité de l’ONU, la France et le Royaume-Uni ont proposé ensemble des réformes structurelles du Conseil de sécurité de l’ONU. Les réformes comprennent l’extension du Conseil de sécurité de l’ONU avec l’adhésion des États africains, arabes et latino-américains. La France a également proposé d’adopter un « code de conduite » qui obligerait les pays du P5 à s’abstenir d’exercer leur droit de veto dans les cas où une atrocité de masse est en cause.

Toujours pour maintenir sa sphère d’influence, la France a réintroduit la nouvelle façon de faire de la diplomatie. La diplomatie douce (soft power) par l’influence culturelle et éducative permet d’étendre les valeurs françaises. Le français était autrefois la langue internationale la plus répandue dans le monde mais, parallèlement à son influence politique, il a perdu son prestige. En Afrique du Nord, le français a perdu la compétition avec la langue arabe, en Afrique centrale, le français a été défié par l’anglais et en Indochine, il a perdu du terrain face à l’anglais et au chinois. Pour mettre fin à ce recul et restaurer la primauté du français dans le monde, le président François Hollande a fait de la politique douce la nouvelle stratégie de sécurité nationale. Et pour promouvoir le français et la francophonie, les partisans de la diplomatie française ont mis en place une politique multilatérale pour rassembler les États francophones en une communauté politique.

Conclusion : Quel avenir ?

Sur le plan politique, la Cinquième République semble être stable et durable. Malgré les premières craintes d’un pouvoir présidentiel trop important, et malgré les tensions persistantes entre les classes professionnelles, entrepreneuriales et ouvrières, la république a réussi à traverser quatre décennies et demie avec un succès relatif, sous des présidents et des législatures tant conservateurs que libéraux. Néanmoins, nous pourrions bien assister à des efforts visant à limiter les prérogatives présidentielles et à créer davantage de freins et de contrepoids (checks and balances).

La France restera solidement membre du bloc politique occidental traditionnel, bien qu’elle souhaite toujours affirmer son individualité, même si cela implique d’être perçue comme balkanique. La France semble désormais pleinement engagée en faveur d’une certaine forme d’Europe unie, tant que cette Europe fonctionne bien sur le plan pragmatique et encourage en même temps le maintien des identités nationales individuelles – ce qui est depuis longtemps une préoccupation des Français. En fait, à certains égards, l’Union européenne est considérée comme un moyen de protéger cette identité contre la force de l’économie et de la culture américaines. Dans ce contexte, le grand nombre de personnes nées à l’étranger et leur progéniture résidant dans le pays continuera à être une source de friction et de controverse, mettant à l’épreuve l’engagement théorique de la France envers la liberté, l’égalité et la fraternité.

Bien que les ressources naturelles de la France soient variées, sa pénurie de pétrole et de gaz naturel restera une préoccupation. Le besoin de ressources énergétiques jouera certainement un rôle important dans ses relations internationales, tant avec le monde arabe qu’avec ses alliés occidentaux traditionnels en Europe et en Amérique du Nord. L’énergie nucléaire continuera à répondre à une grande partie de la demande d’énergie électrique du pays, quelles que soient les objections des Verts, des écologistes et de certains socialistes en matière d’environnement et de sécurité. La tendance à délaisser l’industrie lourde au profit d’une industrie de haute technologie, comme les télécommunications, les téléviseurs haute définition, les logiciels et le traitement des données, semble devoir se poursuivre. La poursuite du développement et de l’utilisation de moyens de transport de pointe, tels que les TGV et les successeurs de l’avion supersonique Concorde, semble probable.

Face à une société plus fracturée que jamais, Emmanuel Macron devra mener de grands chantiers économiques durant son second mandat. Dans un contexte d’inflation croissante alors que la guerre en Ukraine fragilise encore plus les chaînes d’approvisionnement mondiales, il devra préserver le pouvoir d’achat des Français et éviter une résurgence du chômage, tout en maîtrisant les finances publiques et en poursuivant les efforts engagés pour réindustrialiser le pays. En plus de cela, il devra organiser la transition énergétique et relever le défi climatique.

Selon les analystes, le gouvernement français a deux options pour faire face à la récession économique. Poursuivre les réformes économiques en réduisant les dépenses publiques ou mener une politique économique sociale en appliquant la formule économique keynésienne (intervention de l’État dans l’économie en période de récession). La politique étrangère française ne pourra prendre de l’élan et retrouver son importance internationale qu’après une reprise économique interne réussie.

On peut supposer que les Françaises et les Français seront longtemps des leaders mondiaux dans les domaines de l’esthétique. La mode et les arts décoratifs font partie de leurs points forts. La fascination des Français pour les subtilités des relations humaines n’est pas près de s’éteindre, et il est certain que la préoccupation pour la cuisine et les vins raffinés, ainsi que de nombreux autres aspects attrayants de leur culture, persisteront. Comme l’a dit le philosophe Paul Valéry, « Nous marchons à reculons vers l’avenir ». En bref, les Français resteront français, mais sous une forme modifiée et modernisée.

Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur Twitter : @Ayurinu