La Cour suprême de Donetsk, région ukrainienne contrôlée par les séparatistes pro-russes, a annoncé avoir reçu une demande de révision en appel de la condamnation à mort qu’elle avait prononcée à l’encontre de l’étudiant marocain Brahim Saadoun.

« Le 1er juillet, la Cour suprême a reçu une interjection d’appel contre la condamnation à mort prononcée à l’encontre du mercenaire marocain Saadoun Brahim », a rapporté l’agence de presse russe Spoutnik, citée par le site alyaoum24.com.

L’avocate de Saadoun, Yelena Vesnina, avait déclaré vendredi avoir entamé l’appel du jugement en vue d’une révision de la peine contre le Marocain Brahim Saadoun.

+ “Personne n’a eu connaissance de cette lettre” +

Cette procédure a été lancée après que le père de l’étudiant, Taher Saadoun, ait adressé une lettre au président russe Vladimir Poutine sollicitant son intervention pour sauver son fils dans laquelle il a notamment attiré l’attention sur la dégradation et la fragilité de la santé de ce dernier.

Cependant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que personne n’a eu connaissance de cette lettre dont seulement a parlé la presse.

Pour leur part, les autorités de la soi-disant « République populaire de Donetsk » restent attachées à la condamnation à mort prononcée par leur tribunal contre l’étudiant marocain et deux ressortissants britanniques, malgré les pressions anglo-américaines pour les libérer.

Le président de Donetsk, Denis Pouchline, a déclaré qu’il n’y avait aucune raison pour gracier ce qu’il a appelé les « mercenaires étrangers condamnés ».

Dans des déclarations à des médias locaux, Pouchline a exclu que les trois condamnés puissent être libérés dans le cadre d’un accord d’échange de prisonniers avec l’Ukraine, affirmant : « en ce qui concerne l’échange possible, l’amnistie et d’autres choses, même si j’ai vraiment le pouvoir de gracier ces personnes, je ne vois aucune raison pour prendre une décision allant dans ce sens ».

Conformément à la juridiction locale, a-t-il ajouté, les deux ressortissants britanniques et l’étudiant marocain disposent d’un mois pour interjeter appel par l’intermédiaire de leur défense désignée par la cour de Donetsk.

+ Absence d’une reconnaissance de la soi-disant « République populaire de Donetsk » +

Suite aux appels à une intervention du ministère des Affaires étrangères pour sauver Brahim Saadoun, des sources diplomatiques marocaines ont fait part de la difficulté à gérer ce dossier, en l’absence d’une reconnaissance de la soi-disant « République populaire de Donetsk » par le Maroc.

Selon des sources de l’ambassade du Royaume à Kiev, citées par l’agence de presse officielle MAP, Brahim Saadoun, s’était enrôlé dans l’armée Ukrainienne de sa propre volonté, et se trouve actuellement emprisonné par une entité qui n’est reconnue ni par les Nations Unies ni par le Maroc.

Les mêmes sources ont affirmé que Brahim Saadoun a été « capturé portant l’uniforme de l’armée de l’Etat d’Ukraine, en tant que membre d’une unité de la Marine ukrainienne ».

Elles ont également expliqué que « l’intéressé a confirmé dans ses déclarations s’être enrôlé, de sa propre volonté, dans l’armée ukrainienne », ajoutant qu’il a même indiqué disposer de la nationalité ukrainienne, une « information qui a été, par ailleurs, confirmée par son père ».

Article19.ma