Découverte. Omar Ben Laden, fils de l’ancien chef d’Al Qaïda, Oussama Ben Laden, abattu au Pakistan en 2011 par les forces spéciales américaines, a exposé ses tableaux, le weekend dernier, à Le Teilleul en Normandie.

Selon le journal local « Le Publicateur Libre » dans sa version en ligne, un brocanteur, qui s’est installé depuis quelques années à Le Teilleul, a noué des liens d’amitié avec Omar Ben Laden, et sa femme, qui vivent dans le secteur, près de Domfront en Poiraie et projettent d’ouvrir un restaurant.

Omar Ben Laden, 41 ans, est le fils du « cerveau » des attentats du 11 septembre 2001 aux USA. Éloigné depuis des années de son père, bien avant ces sanglants attentats et sa mort en mai 2011, il a plusieurs passions : les chevaux, les peintures, les montagnes d’Asie, les voyages, souligne le journal.

+ « Je suis tombé amoureux » +

Des montagnes et des ciels rouge sang, des campements paisibles dans le désert ou des navires voguant la nuit sous la lune, tels sont quelques-unes des peintures d’Omar Ben Laden exposées à Le Teilleul, des tableaux qui commencent à se vendre dans le monde entier, souligne, pour sa part TV5 Monde qui reprend une dépêche de l’agence française d’information AFP.

Le fils du chef d’Al-Qaïda affirme s’être mis à la peinture pendant le confinement. « On était à la maison, sans faire grand-chose. Ma femme peignait et je me suis dit que je devrais essayer », raconte en anglais cet homme réservé, de haute stature, aux cheveux bruns bouclés tombant sur ses épaules et au visage mangé par une petite barbe poivre et sel.

« J’ai appris en regardant des types sur youtube (…) et je suis tombé amoureux » de cet art, poursuit-il, avec la voix basse qui le caractérise. Parmi de multiples autres occupations, peindre est devenu « la plus intéressante ». Quand on parvient à traduire ce que l’on souhaite, « on se sent très heureux », dit-il.

+ « Le rouge, ce sont les souffrances, la guerre, les bombardements, la mort… » +

La plupart des tableaux exposés, dont les plus grands ne dépassent pas 60×80 centimètres, apparaissent comme des réminiscences de l’enfance et de l’adolescence d’Omar Ben Laden. Ses premières années, il les passe dans son pays natal, l’Arabie Saoudite.

« Puis, à partir de mes dix ans, nous avons vécu avec mon père au Soudan, avant de partir (avec lui) en Afghanistan » quatre ans plus tard, raconte-t-il.

Deux pays qui l’ont profondément marqué. Le rouge sang des montagnes, c’est l’Afghanistan, « un pays magnifique ». « Le rouge, ce sont les souffrances, la guerre, les bombardements, la mort : voilà ce que ça veut dire (…) C’était la période la plus difficile de ma vie ». Un tableau, « ça devient une part de vous-même », analyse-t-il, relevant au passage que « quelque chose de moi vit en Afghanistan ».

Après cinq ans dans ce pays, dont il garde pourtant des souvenirs éblouis, il quitte son père à 19 ans. Commence alors une vie d’itinérance dans plusieurs pays arabes, dont l’Arabie, jusqu’à son arrivée en France et son installation en Normandie en 2016.

+ Devenu « artiste en France » +

L’an dernier, une première exposition avait été interrompue par le confinement. Cette fois, une trentaine de tableaux, souvent très colorés, sont présentés dans une immense brocante en bordure de route, à l’invitation du gérant du lieu avec lequel le peintre a sympathisé.

« Depuis les premiers papiers sur son travail, on vend beaucoup, dans le monde entier. L’exposition n’a pas encore été inaugurée mais certains tableaux sont déjà réservés (…) Le nom de Ben Laden fait vendre », reconnaît le commerçant, Pascal Martin.

Les tarifs s’échelonnent de 750/800 euros pour les plus petits à 2.000/2.500 pour les plus grands. A des étudiants qui voulaient s’offrir une de ces toiles, « on a fait des ventes échelonnées », souligne M. Martin.

Celui qui signe ses œuvres OBL se sent « apaisé » quand il peint. « Je me sens plus heureux si je réussis. Sinon, je recommence encore et encore », précise-t-il, dans un de ses rares sourires.

Loin des villes qu’il dit exécrer, cet amoureux de nature, de grands espaces et de liberté apprécie sa nouvelle vie. « Parfois, les gens vous jugent sur votre père », affirme-t-il, en référence principalement aux pays arabes où il a séjourné après son départ d’Afghanistan. « Mais ici, je me sens très libre. Je me sens libéré de la responsabilité des actes de mon père (…) Personne ne me juge, on me respecte et on me laisse en paix ».

Et, se réjouit-il, « en France, je suis devenu un artiste ! »

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