Éclaircissement. Le drame de Mellilia continue de soulever des questions sécuritaires sur le parcours suivi par les migrants illégaux à l’origine, vendredi dernier, de confrontations violentes avec les éléments de la police en tentant d’entrer de force dans la ville occupée de Mellilia.

La plupart des migrants qui ont escaladé la clôture entourant Mellilia sont originaires de la région du Darfour au Soudan, ainsi que du Tchad et du Mali en plus d’autres subsahariens, affirme-t-on.

Selon le site arabophone Hespress.com, la route migratoire du Soudan part habituellement de la capitale Khartoum, traverse la Libye ou la Tunisie, puis mène vers vers l’Italie.

Cependant, cette fois, il s’agit d’une nouvelle route, inhabituelle, car les migrants soudanais se sont dirigés vers le Tchad et la Libye, puis vers l’Algérie, avant d’entrer au Maroc, précise la même source.

+ « 2000 migrants avaient pris d’assaut le mur de barbelés » +

La plupart des migrants illégaux s’installent dans les forêts près de la ville de Nador, en attendant les tentatives de franchissement de l’avant-poste de Melillia. Cependant, les autorités marocaines ont commencé au cours des derniers mois à démanteler leurs camps.

L’événement de vendredi dernier n’est pas le premier du genre dans la région, la dernière tentative des migrants de forcer le passage vers la ville de Mellilia remonte à mars dernier, lorsqu’environ 2000 migrants avaient pris d’assaut la frontière mais sans réussir.

Selon un communiqué du ministère soudanais des Affaires étrangères, l’ambassade du Soudan au Maroc a signalé que des migrants illégaux ont tenté de prendre d’assaut la clôture séparant la ville de Nador et Mellilia et qu’un certain nombre parmi les migrants illégaux morts figurent deux citoyens soudanais.

De son côté, l’ambassade du Soudan à Rabat a contacté, le jour même de l’incident, les autorités marocaines compétentes pour obtenir des informations officielles, selon Hespress.

+ « La plupart des migrants arrêtés sont originaires du Soudan et du Tchad » +

Pour sa part, Mohamed Benaissa, président de l’Observatoire des droits de l’homme dans le Nord, a indiqué que « la plupart des migrants arrêtés sont originaires du Soudan et du Tchad, et qu’ils ont parcouru un long chemin pour atteindre le territoire marocain ».

Benaissa a ajouté, dans une déclaration à Hespress, que « le voyage prend de un à deux ans pour atteindre le sol marocain, car ils partent du Soudan vers le Tchad, puis traversent la Libye, l’Algérie et le Maroc ».

Il a attribué la longue durée du voyage à ses « coûts élevés », expliquant : « Les immigrés s’arrêtent à chaque étape pour y travailler pendant des mois dans certaines activités saisonnières afin de garantir leurs frais de déplacements vers un nouveau pays. ”

Benaissa a également relevé « la faiblesse des contrôles sécuritaires aux frontières algériennes, près d’Oujda, où des vagues migratoires irrégulières ont afflué en grand nombre ces derniers mois, vers le territoire marocain ».

+ « La forêt abrite une petite communauté locale » +

La même source a souligné que « la zone saharienne en Algérie aide les migrants en situation irrégulière à fuir vers le Maroc, compte tenu de la propagation des groupes terroristes et des réseaux de traite des êtres humains dans cette vaste région ».

Concernant la forêt près de Nador, le responsable de l’Observatoire des droits de l’homme a souligné que « la forêt constitue une petite communauté locale, contrôlée par des réseaux criminels qui profitent de l’argent des migrants pour leur assurer protection et alimentation ».

Benaissa a souligné que « ces groupes criminels paient des commissions financières à certaines personnes pour rendre la tâche difficile aux forces marocaines de sécurité.

Article19.ma