Par Ali Bouzerda


La faute à Voltaire…? Et pour cause, depuis la mi-Mai, l’essence a dépassé “la barre psychologique” des 15 dirhams par litre, au moment où le diesel vient de franchir la barre des 14,50 dirhams. Du jamais vu et ce n’est pas fini…

Selon des analystes du marché de l’énergie, malgré « les mesures d’accompagnement » prises par le gouvernement Akhannouch, le rythme inflationniste aurait repris de plus belle, et les carburants demeurent « le moteur inflammable » qui pousse à la flambée des prix, en impactant négativement les autres secteurs de l’économie, notamment celui du tourisme interne.

Cette flambée des prix a relancé la polémique sur la “réalité des prix” en comparant ceux du brut et des produits finis sur les marchés internationaux, notamment sur le marché de Rotterdam et leur impact sur l’essence et le diesel vendu au Maroc.

Le consommateur lambda qui dépensait 450 dirhams pour remplir le réservoir de sa petite voiture se trouve du jour au lendemain devant un fait accompli : payer 50% de plus.

Il est à noter que suite à une série d’augmentations depuis le déclenchement de la crise ukrainienne, le litre d’essence à la pompe a augmenté en moyenne de 1,08 dirhams et celui du diesel de 0,28 dirhams, cependant les prix des carburants ne sont pas uniformes et varient d’une province à l’autre du royaume.

Ainsi, les hydrocarbures ont atteint un nouveau record depuis le 17 mai pour se situer autour de 15,45 dirhams pour l’essence, et ce pour la première fois. Par ailleurs, le diesel a dépassé la barre des 14 dirhams pour atteindre les 14,60 dirhams le litre, notamment dans les grandes villes.

Cette hausse vertigineuse conjuguée à la hausse des denrées alimentaires comme l’huile de table et bientôt la farine et le pain, n’augure rien de bon. Elle intervient à deux semaines du début de l’opération Marhaba 2022 — le 5 juin prochain —, et qui est caractérisée par le retour de nos compatriotes résidant en Europe. À cette occasion, on s’attend à des centaines de milliers de MRE qui vont faire le trajet en voiture des différentes régions du vieux continent pour rentrer au pays.

Leur budget des vacances de cet été doit sans nul être revu à la hausse. Le savent-ils déjà? Difficile à dire car dans leur esprit, les vacances au bled ont toujours été moins cher mais après deux ans d’absence à cause du Covid-19 et des restrictions sanitaires, les choses ont changé.

Mais une chose est claire, du moins dans l’esprit de certains membres du gouvernement Akhannouch, à commencer par Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget. Le lundi 16 mai 2022, ce dernier a bien averti les élus du peuple, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants. « Les prix des carburants étaient toujours à la hausse et que personne ne pourrait prédire leur évolution », a-t-il affirmé sans donner d’autres précisions.

Les marocains se distinguent par leur patience, mais « la patience à des limites » (للصبر حدود), nous rappel la diva de l’Orient, Oum Kalthoum.

Ssi Akhannouch : « Que faire ? ».


Ali Bouzerda


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