Moroccan security forces deploy to disperse a demonstration in the city of Rabat on november 7, 2021, against a mandatory Covid-19 vaccine pass imposed by the government. (Photo by Fadel SENNA / AFP)

L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) estime que l’État a profité de l’état d’urgence dans le contexte de la pandémie de Covid-19 pour « reproduire l’ancien schéma autoritaire et contourner les acquis en matière de libertés publiques ».

Dans un rapport sur la situation des libertés publiques au Maroc en 2021, relayé par le site arabophone Hespress.com, l’AMDH relève que les mesures restrictives adoptées pendant le confinement ont constitué « en grande partie une violation » des textes réglementant le domaine des libertés publiques et étaient, parfois, anti-constitutionnelles.

Pour l’AMDH, la pandémie a montré que l’exercice du droit à la liberté d’expression, d’opinion et de pensée et du droit de réunion, de manifestation pacifique et de la constitution d’associations, « n’était pas soumis aux restrictions et aux procédures qui sont adoptées à l’occasion de circonstances exceptionnelles dans les régimes démocratiques ».

Dans son rapport, l’association a relevé de nombreuses « violations » qui, selon elle, ont affecté les libertés publiques au Maroc au cours de l’année écoulée, soulignant que « la pandémie a montré la faiblesse et la fragilité des garanties constitutionnelles relatives aux droits et libertés ».

+ “Recul sans précédent en matière de liberté d’opinion et d’expression” +

Concernant la liberté d’opinion et d’expression, le rapport a noté « la tentative de l’État d’exploiter la pandémie pour faire adopter le projet de loi n°22.20 sur l’utilisation des réseaux sociaux », avant qu’il ne soit reporté sous la pression de l’opinion publique.

Le rapport a également évoqué le recours d’interception de « centaines de milliers de citoyens accusés d’avoir violé les procédures de l’état d’urgence sanitaire », soulignant que selon les chiffres révélés par le ministère de l’intérieur 1,530 million de personnes ont été interpellées entre le 25 juillet 2020 et le 22 avril 2021.

L’AMDH relève dans son rapport un « recul sans précédent en matière de liberté d’opinion et d’expression, des médias et de la presse », soulignant « les arrestations et les poursuites dont ont fait l’objet des journalistes et des blogueurs, dans un contexte autoritaire caractérisé par la répression et les restrictions de la liberté des médias ».

En ce qui concerne la liberté d’association et le droit d’organisation, le rapport soutient que « malgré l’augmentation du nombre d’associations, qui a dépassé les 200.000, et le droit garanti par la constitution de les fonder, de nombreuses associations ont des difficultés à se constituer, ou de renouveler leurs structures nationales et locales ».

Selon le même document, de nombreuses associations sont confrontées à « des restrictions” pour limiter leurs activités, notamment celles œuvrant dans le domaine des droits humains que les autorités jugent « gênantes ».

S’agissant du droit de réunion et de manifestation pacifique, le rapport de l’AMDH estime que « l’intervention violente des forces publiques, l’interdiction et la répression » était devenue « la règle en 2021 sous le prétexte de la nécessité de préserver l’ordre et la santé publics », ajoute Hespress.

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