Parcelle de palmiers dattiers au Maroc | © Wikimedia Commons

Par Dr Mohamed Chtatou

Le Maroc est fortement dépendant de l’agriculture, de la pêche et du tourisme – des secteurs qui sont déjà fortement touchés par le changement climatique. En outre, les ressources du pays sont soumises à des pressions croissantes. Certaines régions sont déjà menacées de pénurie d’eau à l’horizon 2020 – 2040.

Situation géographique

Le Maroc jouit d’une situation géostratégique très intéressante avec ses 3 500 kilomètres de côtes, entre l’océan Atlantique et la Méditerranée. Tout aussi importante est sa diversité en termes de paysages et écosystèmes : les chaînes de montagnes du Nord, du Nord-Est au Sud-Ouest, les plateaux de l’Est, les plaines de l’Ouest et du centre, et le désert du Sud.

En termes de climatologie, le pays jouit d’un climat méditerranéen tempéré typique, mais avec des conditions sèches dans une grande partie du pays. Le pays souffre d’un paradoxe cruel sous la forme d’un régime de précipitations avantageux dans les régions du nord, mais avec des sols de très mauvaise qualité, et vice versa dans les régions du sud.

Le secteur agricole au Maroc a été, et est toujours, au cœur de la stratégie économique de l’État, compte tenu de son importance stratégique par rapport aux questions relatives à l’agriculture à l’emploi, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, etc. Malgré les progrès réalisés, d’importants défis restent à relever pour tirer pleinement parti du potentiel du secteur agricole.

Les décideurs politiques s’accordent à dire que les contraintes hydrologiques croissantes dans le pays, dues entre autres à l’augmentation de la production agricole et à l’augmentation de la productivité, constituent un problème majeur, dues entre autres au changement climatique et à ses impacts sur les régimes de précipitations, sera l’un des principaux défis des prochaines décennies en raison de la demande liée à la pression démographique.

Le Maroc est très vulnérable au changement climatique, en raison de sa situation géographique, et est sujet, entre autres, à des événements météorologiques extrêmes plus fréquents, à la pénurie d’eau, à la baisse de la production agricole et à la montée du niveau de la mer… L’eau est la ressource la plus directement et fortement affectée par les changements climatiques au Maroc.

Base de référence climatique

Le climat du Maroc varie considérablement entre les régions du nord et du sud du pays. Les précipitations et la température sont fortement influencées par l’océan Atlantique à l’ouest, la mer Méditerranée au nord, et le désert du Sahara au sud et au sud-est.

La plupart des précipitations du pays ont lieu entre octobre et mai. L’incursion de systèmes météorologiques extratropicaux en provenance de l’Europe et de l’océan Atlantique, apporte de l’air plus froid et de la nébulosité, ce qui se traduit par dans un gradient pluviométrique décroissant du nord au sud qui est également influencé par les montagnes de l’Atlas. Les températures dans les régions arides et semi-arides du sud et du sud-est du pays sont généralement élevées, tandis que les précipitations et la neige peuvent se produire dans les zones montagneuses du nord entre novembre et avril.

La plupart du Maroc, en particulier le long de la côte, connaît un climat méditerranéen typique, avec des hivers doux et humides et des étés chauds et secs. La saison des pluies s’étend de novembre à mars, avec des précipitations annuelles moyennes de 1 200 millimètres (mm). Le sud est beaucoup plus sec et reçoit environ 100 mm de précipitations en moyenne chaque année. En été, les températures le long de la côte varient entre 18°C et 28°C et peuvent atteindre 35°C à l’intérieur du pays. En hiver, les températures le long de la côte sont de 8°C à 17°C et peuvent descendre en dessous de 0°C dans les zones montagneuses intérieures.

Le Maroc est très vulnérable à la variabilité et au changement climatique. Les prévisions d’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses dans le pays sont particulièrement alarmantes pour le secteur agricole et affecteront à la fois les moyens de subsistance des populations rurales et l’économie nationale dans son ensemble.

L’augmentation des températures et la modification du régime des précipitations créeront des risques supplémentaires pour la disponibilité des ressources en eau, la productivité de l’agriculture et de l’élevage, et la demande croissante de la population.

L’environnement climatique et socio-économique des zones semi-arides du Maroc rend les communautés vulnérables à l’insécurité alimentaire et à l’instabilité des moyens de subsistance, ainsi qu’à des systèmes agroécologiques non durables, à des mauvaises récoltes et à des terres de parcours improductives.

Les tendances des précipitations ont un haut degré de variabilité au Maroc. Cependant, au cours des dernières décennies, les tendances observées ont montré des précipitations plus irrégulières et un déclin général des précipitations. En outre, les modèles de précipitations saisonnières ont évolué vers des événements pluvieux plus longs et plus intenses en octobre et novembre, qui provoquent souvent des inondations, mais avec des réductions substantielles des précipitations pendant le reste de l’année.

Une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes, tels que les fortes pluies entraînant des inondations dans certaines régions, ainsi que les sécheresses et les vagues de chaleur dans d’autres régions. L’augmentation de la fréquence, de l’importance et de la durée des sécheresses reste une préoccupation majeure pour la région.

Le secteur agricole au Maroc est vulnérable aux effets du changement climatique

Le secteur agricole au Maroc est très vulnérable aux effets du changement climatique. Par exemple, la production de cultures essentielles telles que les céréales est extrêmement exposée aux risques climatiques car elles sont principalement produites sur des terres caractérisées par des ressources en sol et en eau limitées.

Étant donné que l’agriculture joue un rôle crucial dans l’économie marocaine, contribuant avec environ 13 pour cent au PIB, toute variation temporelle ou saisonnière du climat affecte immédiatement l’économie nationale et la sécurité alimentaire. En fait, le Maroc connaît déjà une augmentation des températures et une diminution des précipitations.  Afin de mettre en œuvre des mesures d’adaptation appropriées, il est essentiel de comprendre d’abord les impacts potentiels du changement climatique au niveau national et communautaire.

Contexte de l’impact du changement climatique

Depuis sa ratification de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en 1992 et du Protocole de Kyoto, la ratification de la Convention Climat par le Maroc en 1995, ainsi que les efforts déployés pour respecter les dispositions énoncées dans la Communication Nationale Initiale à la Convention-Cadre des Nations Unies, démontrent la volonté de contribuer efficacement à la lutte contre le changement climatique.

Le fait que le Maroc a accueilli la Septième Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la première du genre en Afrique, témoigne de sa résolution à attirer l’attention du monde sur les problèmes spécifiques de l’Afrique.

Le Maroc a signé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors du Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio de Janeiro en juin 1992 et l’a ratifiée en décembre 1995. En tant que partie non visée à l’annexe I de la Convention, le Maroc doit délivrer à la Conférence des Parties une communication conformément aux articles 4 et 12 de la Convention.

En 2001, le Maroc a accueilli la COP 7 à Marrakech. La même année, une Commission nationale des changements climatiques a été mis en place. Le Commission est présidé par le ministère de l’Environnement, le point focal national pour la CCNUCC, et comprend des contacts désignés par d’autres ministères.

Le rôle principal de la Commission a été de rédiger les communications nationales du Maroc à la CCNUCC. Les première et deuxième communications nationales du Maroc ont été soumises en 2001 et 2010 respectivement.

Pour donner suite à la ratification du Protocole de Kyoto, et avec le soutien d’un programme PNUE/PNUD, le Maroc a mis en place le dispositif institutionnel du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) au Maroc (2003-2005). Les projets MDP sont dominés par les énergies renouvelables, notamment l’éolien. Sur les 14 projets en cours, près de la moitié sont des projets éoliens, et un projet solaire.

En 2009, le Maroc a adopté un Plan national de lutte contre le réchauffement climatique (PNRC) présenté à la COP15, à Copenhague, en même temps que la Deuxième Communication Nationale. Le PNRC met l’accent sur le développement des sources renouvelables de production d’électricité, en particulier l’énergie solaire, et sur l’investissement dans l’efficacité énergétique.

Le plan comprend un résumé des émissions actuelles et des projections des impacts climatiques, et il reprend les plans des différents ministères. Le plan comprend un portefeuille d’actions gouvernementales visant à s’adapter au changement climatique et à l’atténuer, mais en mettant davantage l’accent sur ce dernier point.

Il confirme l’objectif établi par la stratégie énergétique nationale du Maroc et le Plan national d’actions prioritaires (PNAP)  qui s’y rapporte, tous deux lancés en 2008, pour répondre à 10-12% de la demande d’énergie primaire du pays d’ici 2020 et à 15-20% d’ici 2030 de la demande d’énergie secondaire. Une série de stratégies sectorielles, dont le « Plan Maroc Vert » pour l’agriculture, complètent le ’’Plan Climat National À horizon 2030’’.

En outre, le Maroc dispose d’un certain nombre de lois, de normes et de politiques environnementales portant sur la gestion de l’eau et des déchets, la pollution de l’air et du sol, la protection de la biodiversité et des zones côtières. Les plus pertinentes sont les suivantes :

  • Stratégie de protection de l’environnement, établie en 1995, qui a été mise en œuvre par le Plan d’action national pour l’environnement de 2003.
  • Plan d’action national pour l’environnement de 2003. Le plan d’action national pour l’environnement donne la priorité à la protection et à la gestion durable de l’eau, du sol et de la biodiversité, la protection de la qualité de l’air et la promotion des énergies renouvelables.
  • La promotion des énergies renouvelables, la prévention des grandes catastrophes naturelles et anthropiques, l’amélioration de l’environnement urbain et la gestion de l’environnement.

D’autres lois pertinentes sont les lois sur les zones protégées (Loi n° 22-07 relative aux aires protégées promulguée par le dahir n° 1-10-. 123 du 3 chaabane 1431 (16 juillet 2010)) et sur la protection des espèces sauvages de la faune et de la flore (2011). En 2011, une Charte nationale de l’environnement et du développement durable a été présentée. La charte a été votée par la chambre des représentants, le 8 janvier 2014. La charte constitue le cadre des lois nationales sur l’environnement ainsi que de la future politique environnementale.

Le Maroc a développé un Plan national de lutte contre le réchauffement climatique (PNRC) qui a été présenté à la COP 15 qui s’est tenue à Copenhague en 2009. Le Plan prévoit la réduction des émissions de gaz à effet de serre à travers le développement et la diversification des sources d’énergie propres et la mise en œuvre de mesures d’adaptation qui s’appuient principalement sur la stratégie de l’eau et le Plan Maroc Vert pour l’agriculture, également lancés en 2009.

Le Plan comprend des mesures d’atténuation, d’adaptation et des mesures intersectorielles et repose sur deux piliers stratégiques : l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre par la mise en œuvre d’une politique de développement notamment à travers le très ambitieux  » projet solaire de 2000 MW dans le désert marocain  » ; et l’évaluation de la vulnérabilité et l’adaptation aux impacts du changement climatique.

Avec le Plan national de lutte contre le réchauffement climatique (PNRC), le Maroc a mis en place un processus permanent de gestion de ces politiques qui permet de réaliser des progrès significatifs et d’assurer un suivi et une gouvernance efficaces.

Ressources en eau

Les ressources en eau du Maroc sont inégalement réparties à travers le pays ; les plaines côtières sont constamment inondées tandis que le sud souffre de pénuries d’eau tout au long de l’année. Les ressources en eau renouvelables par personne ont diminué de près de 60% depuis 1960 en raison de facteurs de stress non climatiques tels que la croissance démographique dans le nord, l’expansion de l’irrigation, ainsi que le développement urbain, industriel et touristique.

Le Maroc va-t-il manquer d’eau ?

Dans le même temps, la hausse des températures et l’irrégularité des précipitations ont réduit le débit des cours d’eau et augmenté l’évaporation et l’envasement des barrages de stockage, entraînant une réduction de 20 % des ressources globales en eau au cours des 30 dernières années. Les réservoirs de Hassan Addahkhil et d’Idriss I, deux sources d’eau essentielles, devraient diminuer de 7 à 40 % d’ici les années 2080. Le changement climatique va accroître la demande pour l’irrigation, qui consomme déjà 90% de l’eau disponible, même si seulement 13% des terres cultivées sont irriguées.

L’augmentation du stress hydrique entraînera inévitablement une surexploitation des ressources en eau souterraine, ce qui est déjà le cas dans les régions suivantes dans le Souss, le Haouz et le Saïss. En outre, le littoral méditerranéen du Maroc et le delta de la Moulouya, de faible altitude, avec leur importance économique et écologique, sont menacés par les changements climatiques. Leur importance économique et écologique, sont menacés par l’élévation du niveau de la mer, l’érosion du littoral et l’intrusion saline qui s’ensuivent.

La modification du régime des précipitations et la réduction de la disponibilité de l’eau devraient modifier sensiblement certaines régions fertiles, qui pourraient passer de semi-arides à arides et, dans l’extrême nord du pays, de subhumides à semi-arides. Les zones humides, subhumides et semi-arides ont toutes diminué depuis les années 1970, et les projections climatiques montrent que ces zones vont continuer à diminuer et à se déplacer vers le nord.

La hausse des températures devrait réduire les débits des cours d’eau et la disponibilité globale de l’eau. La réduction du manteau neigeux des montagnes entraînera une modification de la disponibilité saisonnière de l’eau et une probabilité accrue de pénurie d’eau et d’inondations en octobre et novembre, mais une disponibilité moindre de l’eau le reste de l’année.

Des précipitations plus irrégulières et des conditions de sécheresse accrues peuvent entraîner une fonte plus rapide au printemps et ainsi réduire les réserves d’eau saisonnières et de neige de fonte saisonnière pour les zones de plaine. Il en résultera probablement une augmentation de la demande pour l’irrigation ainsi que l’accélération de l’envasement des barrages en raison des fortes pluies et de l’érosion des berges.

Enfin, une fréquence accrue d’événements pluvieux intenses devrait conduire à une résilience accrue des ressources en eaux souterraines et à des risques de surexploitation conduisant à une recharge insuffisante. La qualité des eaux de surface devrait également diminuer en raison d’une concertation accrue des polluants.

Le changement climatique a un impact significatif sur la disponibilité des ressources en eau au Maroc. Le développement durable et fiable, le stockage et l’utilisation appropriée des ressources en eau sont une priorité élevée et sont gérés par une politique de gestion des ressources en eau, qui encourage les efforts nationaux en vue d’une utilisation efficace, équitable et optimale des ressources en eau disponibles.

Pour répondre aux besoins de sa population et éviter les défaillances qui pourraient s’aggraver dans les prochaines décennies, le Maroc a mis en œuvre sa Stratégie Nationale de l’Eau (2009-2030) pour améliorer la gestion et l’efficacité de la demande en eau par des programmes d’irrigation, tant au niveau national que régional.

Le Maroc est en train de construire 60 grands barrages qui mobiliseraient 1,7 milliards de m3 par an et soutenir le transfert plus efficace des bassins du nord vers le sud. La préservation et la protection accrues des ressources en eau et des habitats naturels peut soutenir la biodiversité et la conservation des principales ressources en eau.

Le gouvernement s’est engagé à améliorer les efforts d’adaptation à l’eau du pays en améliorant le traitement des eaux usées à un taux de 50 % aux alentours de 2016 et de 60 % en 2020, en construisant trois barrages par an en moyenne pour atteindre 25 milliards de mètres cubes (m3) de capacité de stockage en 2030, et investir dans la désalinisation de l’eau de mer afin d’atteindre une capacité de 500 millions de m3.

Forêts et lutte contre la désertification

Le Maroc a élaboré et mis en œuvre une stratégie de développement à long terme sous l’égide de la Direction des eaux, des forêts et de la conservation des sols, qui met l’accent sur la régénération des forêts naturelles, la promotion de la gestion des pâturages et la gestion de la chasse et de la pêche continentale.

Les objectifs quantifiables comprennent la régénération de 18 000 ha de forêts naturelles par an, la stabilisation de 31 000 ha de dunes côtières et la conservation d’écosystèmes couvrant 1,42 million d’hectares dans des zones protégées.

En ce qui concerne la protection des forêts contre les incendies, le ministère des Eaux et Forêts a accordé une priorité absolue à la prévention et à la protection contre les incendies de forêt, le pays a mis en place un système complet de surveillance et d’alerte, équipé de liaisons radio et soutenu par des coupe-feux et des pistes forestières.

La lutte contre la désertification est également devenue une priorité et est supervisée par le nouveau mécanisme du programme forestier national. Le Maroc jouit d’une excellente réputation en matière de formation, notamment grâce au Collège forestier de Salé, dont les diplômés sont à la tête des efforts de régénération forestière au Maroc et dans d’autres pays africains.

Le gouvernement s’est également engagé à reconstituer 200 000 ha de forêts d’ici 2020. Des efforts sont également en cours pour la protection de 1 500 000 ha contre l’érosion, ce qui inclut la priorisation de 22 bassins ainsi que le boisement de 600 000 ha.

Comment le changement climatique influe sur la vie au Maroc

Le changement de climat et de conditions fait que les gens, nomades ou non, ne peuvent pas prendre soin de leurs animaux de manière adéquate. Les chèvres, les moutons et les chameaux ne peuvent pas survivre. Cela prive non seulement les familles de viande, de lait, de peaux et de laine, dont certaines seraient vendues pour générer un revenu, mais aussi d’un important moyen de transport. Les agriculteurs ont du mal à faire pousser des cultures. Cela a un effet d’entraînement, avec moins de produits disponibles pour l’ensemble de la communauté.

Le passage de la vie nomade à la vie de village peut être un défi pour les individus. Au lieu de vivre au rythme des saisons et de jouir d’une grande indépendance, les gens se retrouvent dans des situations inconnues, avec toute une série de règles sociales et d’attentes auxquelles ils ne sont pas habitués. La grande majorité des nomades ont peu ou pas d’éducation formelle, ce qui rend difficile la recherche d’un autre emploi.

Nomade marocain | © Wikimedia Commons

Bien que le changement climatique ait un effet sur de nombreuses régions du monde, son impact est souvent ressenti à un degré plus élevé dans les régions où les gens passent de longues périodes à l’extérieur. Le Maroc, avec ses communautés nomades et son industrie agricole extensive, en est un exemple.

Bien que de nombreux groupes berbères vivent aujourd’hui dans des villages de montagne, ils dépendent encore généralement de l’agriculture pour gagner leur vie et survivre. En outre, le Maroc compte encore environ 25 000 nomades, qui se déplacent et n’ont pas de domicile fixe. Pendant de nombreuses années, des groupes se sont déplacés en permanence aux confins du désert du Sahara, à la recherche d’eau et de pâturages pour leurs animaux. Le nombre de nomades est toutefois en diminution, le changement climatique étant cité comme l’une des principales raisons de l’abandon du mode de vie nomade traditionnel.

En raison du réchauffement climatique, les températures au Maroc sont devenues encore plus extrêmes. Les effets sont particulièrement visibles dans les zones situées autour du désert. Les températures élevées existantes deviennent encore plus élevées. Ces températures plus élevées rendent les conditions encore plus sèches. Il y a moins de précipitations, ce qui entraîne de graves sécheresses. Les experts prévoient que les températures en Afrique du Nord, ainsi qu’au Moyen-Orient, augmenteront deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

L’air chaud est piégé autour du désert du Sahara, ce qui entraîne la croissance des étendues de sable arides. Des endroits qui étaient autrefois des terres arables sont maintenant recouverts de sable. Les terres qui pouvaient auparavant être utilisées pour l’agriculture sont maintenant stériles. On trouve du sable dans des zones qui étaient autrefois couvertes de palmiers dattiers. Il y a également moins d’endroits où les bergers nomades peuvent trouver des places convenables pour leurs animaux. Selon les prévisions les plus sombres, certaines parties du pays deviendront en fait inhabitables.

L’expansion du désert n’est pas le seul facteur de désastre pour certaines régions du Maroc ; le manque de pluie et l’assèchement des sources d’eau existantes sont également des conséquences importantes de la hausse des températures. Le fleuve Draa, par exemple, est désormais à sec pendant la majeure partie de l’année. (La construction d’un barrage a toutefois joué un rôle clé dans l’arrêt du débit de la rivière). Lorsqu’on trouve de l’eau, la contamination signifie souvent qu’elle est impropre à la consommation.

Conclusion : Le Maroc est actuellement le leader de l’Afrique en matière de lutte contre le changement climatique

Le Maroc est actuellement le leader africain en termes d’efforts de lutte contre le changement climatique, réaffirmant l’engagement du pays envers l’Accord de Paris sur l’action climatique.

Le Maroc a installé l’une des plus grandes fermes solaires au monde près de Ouarzazate, une ville connue comme la porte du désert du Sahara, qui fournit de l’électricité à environ 650 000 personnes depuis son lancement en 2016. Il est en outre prévu que le Maroc soit en mesure d’exporter des fournitures d’électricité vers l’Europe, ainsi qu’ailleurs sur le continent africain et dans le monde arabophone au sens large. Selon l’indice de performance en matière de changement climatique, le pays est en bonne voie pour atteindre ses contributions déterminées au niveau national (CDN) en 2020.

Ce mégaprojet solaire a pesé lourd dans les résultats de l’indice de performance en matière de changement climatique (CCPI), qui sert à évaluer les performances globales des pays en prenant en compte 14 indicateurs dans les quatre catégories suivantes : émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, utilisation de l’énergie et politique climatique. L’indice de performance en matière de changement climatique vise à améliorer la transparence de la politique climatique internationale et présente actuellement les résultats de 56 pays individuels ainsi que de l’Union européenne, qui représentent au total près de 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Les spécialistes du changement climatique ont exprimé dans une myriade de rapports la vulnérabilité de l’Afrique au réchauffement de la planète, et ont mis en garde les gouvernements africains contre la mise en œuvre de stratégies de développement principalement axées sur l’adaptation. Dans ce contexte, le classement du Maroc dans l’indice de performance en matière de changement climatique renforce l’idée qu’en effet, le développement économique des pays du Sud peut également se concentrer sur une approche d’atténuation.

Masen: plusieurs réalisations tangibles en une décennie seulement

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