Constat. L’analyse dans sa globalité de la situation dans notre pays en 2020 et les perspectives de son évolution en 2021, par-delà les données économiques fournies par ce traditionnel Budget Exploratoire que nous présentons à l’instar des autres années et qui porte dans sa version actuelle les stigmates de la terrible pandémie covid-19, nous enclinent à maintenir notre préjugé favorable pour la prochaine décennie et ce, malgré la complexité singulière du contexte économique et sanitaire, a rapporté le Haut Commissariat au Plan (HCP) dans une note rendue public dimanche.

Voici les prévisions du HCP détaillées dans cette note et dont une copie a été obtenue par Article19.ma:


Situation économique en 2021 :


Rebondissement de l’économie nationale boosté par les bonnes performances agricoles

L’activité économique nationale devrait connaitre en 2021 un rebond de sa croissance après une récession profonde en 2020. Ce raffermissement serait imputable notamment aux perspectives prometteuses de la campagne agricole 2020/2021 ainsi qu’à la reprise, sous l’effet de base, des activités non agricoles profitant d’une atténuation des effets négatifs de la crise sanitaire reflétant ainsi le début de redressement de l’économie nationale.

Après la succession de deux années de sécheresse, la campagne agricole 2020/2021 se déroule dans des conditions climatiques favorables. La bonne répartition spatio-temporelle des précipitations, devrait permettre la réalisation d’une production céréalière estimée à 98 millions de quintaux en hausse de 206% par rapport à lacampagne précédente, et de 54,8% en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années. Ces conditions climatiques devraient également renforcer la production des autres cultures notamment, les arboricultures et les cultures industrielles et maraîchères.

En parallèle, l’activité de l’élevage devrait se consolider en 2021, bénéficiant de la disponibilité des fourrages et des pâturages dans les zones Bour, permettant ainsi l’amélioration de la production des filières animales.

S’agissant des activités de la pêche maritime, celles-ci devraient s’améliorer, suite à la performance de la commercialisation des produits de la pêche côtière et artisanale, tirant profit de l’orientation favorable de la demande extérieure.

Ainsi, le secteur primaire devrait enregistrer un rebond de l’ordre de 17,5% en 2021 au lieu d’une baisse de 6,9% enregistrée en 2020, contribuant ainsi positivement à la croissance du Produit Intérieur Brut de 2 points au lieu d’une contribution négative de 0,8 point une année auparavant.

Les activités non agricoles devraient, sous l’effet de base, afficher une croissance positive de l’ordre de 4,1% contre une baisse de 6% enregistrée en 2020. Cette reprise serait imputable à une hausse de 4% des activités secondaires contre un repli de 3,8% en 2020 et d’une amélioration de 4,1% des activités tertiaires au lieu d’une baisse de 7,1% l’année précédente.

Au niveau du secteur secondaire, les industries de transformation devraient profiter de la reprise des industries du textile et d’habillement et de la poursuite d’amélioration des industries agroalimentaires et des activités chimiques et para-chimiques, suite au raffermissement continu de la demande extérieure. Quant aux industries mécaniques, métallurgiques et électriques, celles-ci devraient afficher un rebond considérable, soutenu par la reprise du secteur de l’automobile, atténué toutefois par le ralentissement de l’activité aéronautique au niveau mondial.

Le secteur minier devrait continuer d’afficher de bonnes performances, avec une croissance de 4,6% en 2021. Le maintien de la demande des industries de transformation locales devrait entrainer une hausse de l’extraction du phosphate roche, grâce au raffermissement de la demande étrangère de ses dérivées en provenance du Brésil, de l’Inde et des pays de l’Afrique de l’Est.Concernant les minerais métalliques, la hausse prévue de leurs cours sur les marchés internationaux due à un rebond de la demande chinoise, devrait booster leur extraction.

Quant au secteur du Bâtiment et Travaux Publics, il devrait connaître une hausse de 3,5% en 2021 après un replide 3,8% enregistré en 2020. Ce rythme de croissance devrait être attribuable à la reprise des travaux d’infrastructure et au dynamisme que devrait connaitre la branche du bâtiment, stimulé par la politique publique mise en œuvre en 2020 pour encourager la demande. En effet, les mesures entamées par l’Etat dans le cadre de la loi des finances rectificative 2020, axées principalement sur l’amélioration et l’assouplissement des conditions de financement et les avantages fiscaux, devraient fortement soutenir la demande des ménages en logement et encourager les promoteurs immobiliers à investir.

En outre, les activités tertiaires marchandes, bénéficiant de la reprise de la demande intérieure, devraient renouer avec une croissance positive de l’ordre de 4,7% en 2021 attribuable à la bonne tenue de la plupart des services après une forte baisse de 9,2% enregistrée en 2020.

Les activités touristiques et le transport, qui ont pâtidurant l’année 2020 des effets des restrictions à la mobilité et de la fermeture des frontières, affichant ainsi des récessions aigues de -55,9% et -32% respectivement, devraient connaître un redressement sous l’effet de l’ouverture progressive et de l’assouplissement des mesures restrictives. Il s’agit notamment des dispositifs mis en place, sous les hautes instructions royales, pour faciliter le retour des MRE et encourager les rentrées des touristes étrangers.

De leur côté, les activités du commerce devraient afficher un bon comportement en 2021 stimulées par la performance des activités primaires et l’atténuation des restrictions de déplacement au deuxième semestre. Elles devraient ainsi enregistrer une croissance de 6,3% en 2021 au lieu d’une chute de 10,7% en 2020.

Dans ces conditions, et compte tenu de l’augmentation de 5,6% des impôts et taxes sur les produits nets de subventions, la croissance économique nationale devrait connaitre un rebond de 5,8% en 2021 au lieu d’une récession de 6,3% enregistrée en 2020.

Concernant l’évolution des prix intérieurs, la hausse des cours des produits énergétiques et le renchérissement des autres matières premières au niveau international, conjugués à une reprise de la demande intérieure, devraient entrainer une hausse du niveau général des prix aux alentours de 1,5% au lieu de 0,8% enregistrée en 2020.

Dans ce contexte de rebond de la croissance économique, le marché du travail devrait connaitre un redressement et le taux de chômage au niveau national devrait, sous l’hypothèse de la poursuite de la baisse tendancielle du taux d’activité, se situer à près de 10,9% au lieu de 11,9%, enregistré en 2020.

Reprise poussée de la demande intérieure en 2021

La maîtrise de la situation pandémique et le bon déroulement de la campagne de vaccination devrait stimuler le retour graduel de l’optimisme des ménages et des entreprises. Cette tendance devrait se traduire par la reprisede la demande intérieure favorisée par la mise en œuvre des mesures du pacte de relance économique.

La consommation des ménages résidents devraitbénéficier de l’amélioration des revenus soutenue par les bonnes performances de la campagne agricole 2020/2021 et par la consolidation prévue des transferts des MRE dans un contexte marqué par de faibles pressions inflationnistes. Dans ces conditions, la consommation des ménages devrait s’accroitre de 3,1% en volume après une baisse de 4,1% enregistrée en 2020. Sa contribution à la croissance économique serait de 1,8 point, après une contribution négative de 2,3 points en 2020.

La consommation des administrations publiquesdevrait consolider en 2021 sa tendance haussière, reflétant la poursuite de l’augmentation des dépenses des autres biens et services et de l’engagement de l’Etat dans l’accompagnement de la relance économique. Elle devrait augmenter de 5,1% au lieu de 1,7% en 2020, pour enregistrer une contribution de 1,1 point à la croissance économique prévue en 2021.

En somme, la consommation finale nationale devrait connaitre une croissance positive de 3,7 % au lieu d’un repli de 2,5% en 2020 contribuant positivement à la croissance de 2,9 points au lieu d’une contribution négative de 2 points en 2020.

Parallèlement, l’investissement, devrait profiter de la politique de relance budgétaire et du regain de confiance des investisseurs grâce à une visibilité plus claire quant aux perspectives économiques nationales. C’est ainsi que le volume global des investissements publics devrait passer de 182 MMDH en 2020 à 230 MMDH en 2021 en hausse de 26%, profitant de la création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Dans ces conditions, la formation brute de capital fixe devrait connaitre un accroissement en volume de 6,9% en 2021 au lieu d’une baisse remarquable de 9% enregistrée en 2020. Sa contribution à la croissance économique devrait être positive de 1,8 point. La variation des stocks devrait, également, avoir une contribution positive de 2,2 points à la croissance du PIB au lieu d’une contribution négative de 2,1 points en 2020.

Compte tenu de ces évolutions, l’investissement brutdevrait s’accroitre de 14,1% en 2021 au lieu d’une baisse de 14,2% une année auparavant. Il devrait ainsi afficher une contribution positive de 4 points à la croissance au lieu d’une contribution négative de 4,5 points enregistrée en 2020.

Au total, la demande intérieure devrait s’accroitre de 6,4% en volume, au lieu d’une baisse de 6,0% en 2020, regagnant son rôle de moteur de la croissance économique. Sa contribution à la croissance économique serait de 6,9 points au lieu d’une contribution négative de 6,5 points en 2020.

Déficit courant légèrement accentué par unedynamique commerciale accélérée

Les échanges extérieurs devraient connaitre une amélioration significative en 2021, sur fonds des espoirs nés des campagnes de vaccination et de l’ampleur des programmes de soutien entrepris. De même, les indicateursde reprise se sont améliorés chez nos principaux partenairesengendrant un rétablissement de la demande adressée au Maroc avec un taux de 9,3% en 2021 au lieu d’une baisse de 9,2% en 2020.

Cette situation devrait contribuer au rétablissement du rythme de croissance des exportations des secteurs productifs nationaux. À l’exception du secteur aéronautique qui continuerait de subir les conséquences des restrictions aux voyages internationaux, les exportations des secteurs des métiers mondiaux devraient connaitre un retour de leur rythme de croissance, profitant de l’amélioration des conditions économiques et de la reprise prévue de la consommation chez les principaux partenaires.

En outre, la consolidation des performances productives, conjuguée à une demande étrangère stable,devrait permettre aux exportations du phosphate et ses dérivés de garder leur tendance haussière. De même, les exportations des produits de l’agriculture et de l’agroalimentaire devraient maintenir leur sentier de croissance profitant des retombées positives de l’amont agricole et de l’effort déployé pour l’approvisionnement des marchés en réponse à une demande étrangère consolidée.

En parallèle, le redressement des exportations du secteur du textile devrait rester tributaire de la reprise de la demande extérieure adressée à ce secteur et de la capacité concurrentielle de ses produits sur le marché international. A cet égard, ces exportations devraient s’inscrire enamélioration.

La reprise de la chaine de production et le raffermissement que devraient connaitre les exportations nationales, devraient entrainer une hausse des importations des intrants industriels et des demi-produits. Par ailleurs, les perspectives d’une bonne année agricole devraient contribuer à la réduction des besoins nationaux en produits alimentaires notamment en céréales, ce qui devrait alléger la facture alimentaire importée. En outre, les mesures de restriction de déplacement imposées ainsi que l’effet du recul du secteur touristique et celui du transport au premier semestre, devraient impacter les importations des produits énergétiques. Cependant, la reprise de la demande intérieure devrait se traduire par une augmentation des importations des produits finis de consommation.

En tenant compte d’un redressement progressif mais lent des échanges de services, les exportations de biens et de services en volume, devraient enregistrer une augmentation de 10,8% par rapport à une baisse de 14,3% enregistrée en 2020. De même, les importations devraient afficher une hausse de 11,5% au lieu d’un recul de 12,2% enregistré en 2020. Ainsi, la demande extérieure nettedevrait renouer avec ses contributions négatives à la croissance du PIB de -1,1 point par rapport à une contribution positive de +0,2 point enregistrée en 2020.

Le redressement de la demande mondiale devrait contribuer à un renchérissement quasi-synchronisé des prix des matières premières. Cette augmentation des cours à l’international, devrait profiter aux exportations nationales notamment en matière de produits de phosphate et dérivés, mais devrait pénaliser partiellement la facture énergétique et alimentaire, quoique réconfortée par une faible demande intérieure de ces produits.

Ainsi, les exportations de biens et services devraient enregistrer une augmentation en valeur de 12,2%. De même, les importations de biens et services devraient afficher une hausse de 13,2%. C’est ainsi que le déficit en ressources devrait atteindre 10,1% du PIB, en accentuation par rapport à 8,8% du PIB enregistré en 2020. En outre, la bonne tenue des transferts des MRE devrait atténuer l’accentuation du solde déficitaire du compte courant de la balance des paiements situé à -2,5% du PIB contre -1,8% du PIB enregistré en 2020.

​ Allègement timide du déficit budgétaire sur fonds d’une légère amélioration des recettes

​​​La situation des finances publiques serait marquée en 2021 par une légère atténuation du déficit budgétaire, après sa dégradation historique en 2020. Ce dernier devrait rester, toutefois, à un niveau élevé qui rend le retour à la situation d’avant la crise, un objectif difficile à atteindre, au moment où l’Etat mène une politique de relance, visant le soutien des secteurs productifs et la réduction des disparités sociales.

​Les recettes ordinaires devraient profiter du redressement des recettes fiscales en relation avec la reprise prévue de l’activité économique et des mesures prises pour atténuer les répercussions de la crise sur le budget général de l’Etat et pour renforcer ses recettes.

​Le redressement des recettes fiscales, qui devraient atteindre près de 17,9% du PIB en 2021, proviendrait essentiellement de l’augmentation des recettes de la TVA à l’intérieur, profitant de l’accroissement de la consommation des ménages. Les recettes de l’impôt sur le revenu devraient, quant à elles, se maintenir à 3,7% du PIB. De leur part, les droits de douane et ceux d’enregistrement devraient profiter respectivement de la progression des importations, tirée par la reprise de la demande intérieure et des performances de l’activité immobilière. En revanche, les recettes des impôts sur les sociétés devraient afficherune baisse, suite aux effets négatifs de la crise sur les résultats des entreprises durant l’année 2020.

​Quant aux recettes non fiscales, elles devraient bénéficier des entrées attendues des dons, de celles de la privatisation, de la mesure d’exonération de l’impôt sur les sociétés des cessions des participations des EEP à partir 2021 ainsi que des recettes générées par des mécanismes de financement innovants. Dans ces conditions, les recettes ordinaires devraient passer à 20,8% du PIB en 2021 au lieu de 21% en 2020.

​Au niveau des dépenses publiques, celles-ci seraient alourdies par la poursuite de la mobilisation des fonds nécessaires pour le financement des projets annoncés dans la loi de finances 2021 et par les efforts de rétablissement des équilibres macroéconomiques. Ces dispositifs concernent l’atténuation de la charge fiscale sur les secteurs en difficulté, la généralisation de la protection sociale, le soutien de la relance, de l’emploi en plus de la contribution au Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

​Ainsi, les dépenses ordinaires continueraient d’afficher une hausse en 2021, attribuable notamment à la rigidité à la baisse de la masse salariale. Celle-ci devrait représenter près de 11,9% du PIB, sous l’effet de l’application des mesures de la 3ème phase du dialogue social. Les charges de la compensation, de leur part, devraient s’alourdir pâtissant de la hausse prévue de la facture du gaz butane et du renchérissement en 2021 des cours du sucre à l’international. Dans ces conditions, les dépenses de compensation devraient s’accroitre de 16,8% en 2021, pour s’établir à 1,3% du PIB.

Dans ces conditions et tenant compte du recul des recettes des comptes spéciaux du trésor et du maintien des dépenses d’investissement à près de 6,4% du PIB, le déficit budgétaire devrait se maintenir à un niveau élevé, bien qu’en allègement par rapport à 7,6% enregistré en 2020 pour se situer à 6,3% du PIB en 2021.

​Tendance haussière de l’endettement

La persistance du niveau élevé du déficit budgétaire devrait entraîner une nouvelle augmentation de la dette publique qui serait couverte en 2021 principalement par le recours au marché domestique et dans une moindre mesure par la mobilisation des financements extérieurs.

A cet égard, l’Etat envisage la mobilisation de l’épargne des ménages en complément de ses sources de financement. Cette opération d’emprunt national devrait générer en 2021 des recettes de 5 MMDH. Globalement, le financement du Trésor sur le marché des adjudications, devrait porter la dette intérieure à près de 58,2% du PIB.

S’agissant de la dette extérieure du trésor, elle devrait atteindre 19,1% du PIB en 2021 au lieu de 18,3% en 2020et 24,8% de l’endettement global du Trésor, approchant pour la 1ère fois son Benchmark de référence, soit 25%. Dans ces conditions, l’encours de la dette du Trésorcontinuerait d’augmenter pour frôler le seuil de 77,3% du PIB en 2021 après 76,4% en 2020.

Dans ces conditions, et tenant compte de la part de la dette extérieure garantie qui devrait afficher en 2021 une légère atténuation pour se situer à 15,4% du PIB comparativement à la moyenne de 16,2% durant la période 2015-2020, le ratio de la dette publique globale devrait s’accentuer pour passer de 92,5% du PIB en 2020 à 92,7% en 2021.

Légère atténuation des besoins de liquidité bancaire soutenue par le niveau satisfaisant des réserves en devises

La politique monétaire devrait rester accommodantesur le reste de l’année 2021, adoptant une panoplie des mesures qui visent un assouplissement des conditions de financement et un renforcement de la capacité du système bancaire à répondre aux besoins de l’économie.

Au niveau des agrégats monétaires, l’évolutionattendue de la monnaie fiduciaire en 2021 devrait continuer de peser sur le besoin de la liquidité bancaire, atténué toutefois par le niveau satisfaisant des réserves de change et l’expansion des dépôts à vue. Ainsi, le déficit de liquidité bancaire devrait se situer à 64,8 MMDH en 2021 au lieu de 67 MMDH en 2020.

Concernant les contreparties de la masse monétaire, lescréances nettes sur l’administration centrale devraient continuer de s’inscrire dans une tendance haussière à deux chiffres, pour progresser de près de 14,8% en 2021 après 13,4% en 2020, reflétant le recours du trésor au marché des adjudications. Tenant compte des prévisions de la croissance économique et des anticipations du système bancaire, les crédits à l’économie devraient s’accroitre de près de 4,1% en 2021.

Prenant en considération l’hypothèse des entrées desdons et des sorties prévues du Trésor à l’international, les avoirs nets de réserve devraient se situer à près de 319,4MMDH à fin 2021, après 316,5 MMDH à fin 2020, représentant ainsi 6 mois et 27 jours d’importations en 2021.

Au total, l’absence de pressions inflationnistes en 2021 offre une marge de manœuvre à la politique monétaire pour plus d’assouplissement dans des conditions de financement peu suffisantes. Tenant compte de toutes ces évolutions et des prévisions de la croissance économique, la masse monétaire devrait ralentir à près de 5,7% en 2021 contre 8,4% en 2020.


Perspectives de l’économie nationale en 2022


Poursuite de rétablissement de l’économie nationale

Les perspectives économiques nationales pour l’année 2022 tiennent compte des nouvelles tendances de l’environnement international, notamment, de l’évolution des prix des matières premières en quasi-stabilisation et de la demande mondiale adressée au Maroc qui devrait augmenter de près de 6,7% en 2022 après 9,3% en 2021. Ces prévisions prennent également en considération, la reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2021 et une production céréalière moyenne durant la campagne agricole 2021/2022.

Toutefois, ces perspectives devraient rester entourées de fortes incertitudes liées principalement à l’évolution dela situation épidémiologique et à l’aboutissement du processus de vaccination aux niveaux national et international.

Sur la base de ces hypothèses, les activités non agricoles devraient enregistrer une valeur ajoutée en accroissement de près de 3,6% en 2022 au lieu de 4,1% en 2021, attribuable, notamment à une poursuite de récupération du secteur tertiaire sous l’effet du redressement des services marchands, particulièrement ceux du tourisme, du transport et du commerce en raison de l’ouverture prévue des frontières en 2022. Le secteur tertiaire devrait connaître une croissance de 3,7% en 2022 au lieu de 4,1% attendue en 2021.

Le secteur secondaire devrait, de son côté, continuer d’afficher une valeur ajoutée en raffermissement affichant une croissance de 3,4% en 2022, en raison, notamment, de l’amélioration des secteurs du BTP, des mines et des performances des industries de transformation, en liaison principalement avec l’amélioration attendue de la demande extérieure.

Le secteur primaire devrait, sous l’hypothèse d’un scénario moyen de la production céréalière et de la consolidation de celle des autres cultures agricoles et de l’élevage, dégager une valeur ajoutée en baisse de 2,9% après un rebond de 17,5% en 2021

Compte tenu d’une évolution des impôts et taxes sur produits nets de subventions de 4,4%, le Produit Intérieur Brut devrait enregistrer un taux de croissance de l’ordre de 2,9% en 2022 après une reprise de 5,8% prévue en 2021.

En terme nominal, le produit intérieur brut devrait enregistrer une progression de 3,8%. Cette évolution fait ressortir une légère hausse de l’inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, de 0,9 % au lieu de 1,5 % en 2021.

Poursuite de redressement de la demande intérieure en 2022

La demande intérieure devrait continuer en 2022 de soutenir l’activité économique nationale, bien qu’avec un niveau moins élevé qu’en 2021. Elle devrait être soutenuepar la poursuite du raffermissement de l’investissement brut et de la consommation finale nationale.

La consommation des ménages devrait s’accroitre de 2,9% en volume consolidant ainsi sa contribution à la croissance du PIB à 1,6 point en 2022. La consommation des administrations publiques devrait, de son côté, s’accroître de 2,7%, limitant sa contribution à la croissance à 0,6 point. Globalement, la consommation finale nationale devrait augmenter de 2,9% contribuant pour 2,2 points à la croissance économique en 2022.

La formation brute du capital fixe devrait, pour sa part s’accroitre de 5,9% au lieu de 6,9% en 2021 contribuant ainsi de 1,6 point à la croissance économique. La variation des stocks devrait, quant à elle, afficher une contribution négative à la croissance, de l’ordre de 0,1 point en 2022. Ainsi, l’investissement brut devrait s’accroîtred’environ 4,7% limitant sa contribution à la croissance à 1,4 point au lieu de 4 points en 2021.

Dans ces conditions, la demande intérieure devrait progresser de 3,4% en volume au lieu de 6,4% en 2021. Sa contribution à la croissance économique nationale devrait baisser à 3,6 points au lieu de 6,9 points en 2021.

Poursuite d’accentuation du déficit courant

Sur fonds des programmes de relance, la poursuite du rétablissement des économies devrait améliorer les perspectives de croissance économique mondiale, induisantainsi, un raffermissement des échanges commerciaux. Les perspectives économiques favorables chez les principaux partenaires devraient consolider la demande étrangère adressée au Maroc en 2022 et par conséquent soutenir les échanges extérieurs de l’économie nationale qui devraient retrouver leur niveau d’avant crise.

Ainsi, les exportations de l’économie nationale devraient poursuivre leur sentier de croissance suite audynamisme des métiers mondiaux et de la reprise des activités exportatrices pour afficher une amélioration de 9% au lieu de 10,8% en 2021. De leur côté, les importations devraient s’aligner aux exportations avec une augmentation de 9,1% au lieu de 11,5% 2021. A cet effet, la contribution de la demande extérieure nette à la croissance économique nationale serait à nouveau négative en 2022 de 0,8 point du PIB.

En terme nominal, les exportations de biens et de services devraient progresser de 8,7% tandis que les importations afficheraient une hausse de 7,7% au lieu de 13,2% en 2021. A cet effet, le déficit en ressources devrait atteindre 10,6% du PIB, soit une dégradation de 0,5 point de pourcentage par rapport à son niveau de 2021.

En tenant compte du redressement des transferts MRE,après leur accroissement exceptionnel en 2021, les revenus nets en provenance du reste du monde devraient atteindre5,5% du PIB. C’est ainsi que le compte courant de la balance des paiements dégagerait un déficit de 3,4% du PIB en accentuation par rapport à 2,5% du PIB enregistré en 2021.

Poursuite d’atténuation du déficit budgétaire et maintien d’un taux élevé d’endettement

Les perspectives des finances publiques en 2022supposent la reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2021 qui s’inscrit dans la continuité de l’effort d’investissement et du soutien de l’activité économique. Ces efforts, conjugués aux perspectives de la croissance,seraient insuffisants pour atténuer largement le déséquilibre budgétaire.

Néanmoins, le besoin de financement devrait poursuivre son allégement en 2022, sous l’effet de la reprise progressive des recettes fiscales, attribuable à la poursuite du raffermissement des activités non agricoles et au retour du dynamisme de la demande intérieure bénéficiant du taux modéré de l’inflation et du regain de confiance des opérateurs économiques.

Ainsi, les recettes fiscales devraient atteindre 18,2% du PIB en 2022 au lieu de 17,9% en 2021. Tenant compte du maintien des recettes non fiscales à 2,4% du PIB, les recettes ordinaires devraient se maintenir à près de 20,8% du PIB en 2022.

Parallèlement, les dépenses ordinaires devraient s’alourdir davantage en liaison avec la consolidation des efforts déployés pour la dynamisation de l’activité économique. Ainsi, pâtissant de la rigidité à la baisse des charges de fonctionnement, ces dépenses devraient atteindre 20,9% du PIB au lieu de 21% attendu en 2021.

Sous l’hypothèse du maintien de l’effort d’investissement du Trésor à près de 6,2% du PIB, les finances publiques devraient connaitre un déficit budgétaire élevé malgré sa légère atténuation, pour se situer à 6% du PIB en 2022 au lieu de 6,3% attendu en 2021.

Face à cette situation déficitaire, le taux d’endettement du Trésor devrait poursuivre sa tendance haussière, passant de 76,4% du PIB en 2020, à 77,3% en 2021 puis à 79% en 2022. Tenant compte de la dette extérieure garantie, qui devrait se limiter à 14,9% du PIB en 2022, la dette publique globale serait portée à hauteur de 93,9% du PIB au lieu de 92,7% attendu en 2021.

Décélération de la masse monétaire en 2022

L’évolution des agrégats monétaires en 2022 se basent sur les perspectives de l’activité économique nationale et des flux nets extérieurs notamment de la balance commerciale, des recettes de voyage et des transferts des MRE. Elle suppose également la reconduction des mesures mises en place par Bank al Maghrib en 2021 pour le financement de l’économie, en particulier, le maintien dutaux d’intérêt directeur inchangé et la libération totale de la réserve obligatoire des banques.

Tenant compte de ces hypothèses, des sorties prévues du Trésor à l’international ainsi que d’un niveau moyen des flux nets des IDE de l’ordre de 3% du PIB, les réserves en devises devraient se situer à près de 311 MMDH à fin 2022 pour représenter 6 mois et 9 jours d’importations au lieu de 6 mois et 27 jours en 2021. Les crédits bancaires, devraients’accroitre de 4,4% au lieu de 4% prévu en 2021. De même, les créances sur l’Administration centrale devraient continuer d’augmenter, en liaison avec le recours plus prononcé du Trésor au marché domestique pour la couverture de ses engagements pour la relance économique. Dans ces conditions, et tenant compte de l’évolution des autres contreparties, la progression de la masse monétairedevrait ralentir à 4%, après 5,7% prévu en 2021.

Article19.ma

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