« Haut et fort » du réalisateur Nabil Ayouch est le premier film marocain à concourir pour la Palme d’Or au festival de Cinéma de Cannes depuis 1962.

Le film suit un groupe de jeunes dans un centre culturel de la banlieue pauvre de Casablanca qui utilisent le hip hop pour exprimer leurs sentiments sur divers sujets, notamment la religion, les familles, les frontières entre les sexes et le terrorisme.

Ayouch avait créé une fondation qui met en place des centres culturels au Maroc, semblable à celle qu’il avait lui-même fréquenté en banlieue parisienne et où il avait appris à danser, à chanter et à faire du théâtre dans les années 1970.

Le tournage de « Haut et fort » a duré deux ans dans un centre culturel que le réalisateur a co-fondé, « Les Etoiles de Sidi Moumen », où les jeunes du quartier étudient les arts, dont le hip hop.

« Je les ai observés pendant un an. J’ai remarqué qu’ils ont un immense talent, puis j’ai voulu en savoir plus sur eux-mêmes, sur leurs histoires personnelles, leurs parcours, et d’où viennent ces mots. Et ça m’a tellement touché que j’ai décidé de faire un film avec eux », a déclaré Ayouch à l’agence de presse américaine AP à Cannes.

+ Les stars du film sont toutes des acteurs amateurs +

Ayouch, qui a réalisé « Chevaux de Dieu » en 2012, ne voulait pas faire un documentaire sur les jeunes, mais une fiction à partir de leur histoire.

Le film est « essentiellement basé sur la réalité que j’ai observée, mais j’ai ensuite écrit une fiction à partir de cette réalité qui se mélange avec elle, avec les parties d’un rêve, de fantasme que l’on peut voir dans le mouvement du chant, de danse… ça en dit aussi beaucoup sur eux, sur leur vie quotidienne, sur les grands sujets qui les hantent et qui me hantent aussi », souligne-t-il.

Les stars du film sont toutes des acteurs amateurs, dont l’ancien rappeur Anas Basbousi, qui joue le rôle d’un enseignant qui essaye d’encourager ses élèves à se débarrasser des normes culturelles et à vivre leurs rêves à travers le hip hop.

Quand Basbousi était plus jeune au Maroc, il n’y avait pas de centre culturel ou de jeunes, alors en devenant adulte, il a voulu lancer un programme pour les jeunes. Il avait fait l’expérience du hip hop à travers des voyages en Europe et aux États-Unis, ce qui lui a ouvert les yeux sur la culture hip-hop et lui a fait penser qu’un tel mouvement était nécessaire au Maroc. Il rejoint le centre culturel fondé par le réalisateur Ayouch, Les Etoiles de Sidi Moumen, pour partager son expérience et ses connaissances avec les jeunes.

« J’aime vraiment travailler avec des acteurs non professionnels », a affirmé Ayouch. « C’est une sorte de direction des acteurs qui est très différente de celle des professionnels, comme vous pouvez l’imaginer la chose la plus importante pour moi était de garder et de protéger leur authenticité. »

Selon Basbousi, les élèves étaient très ravis de participer à un film, mais en même temps anxieux.

« Ce n’étaient pas des artistes professionnels, ils s’inquiétaient de leur apparence et de leur façon de jouer. Mais le plus important, c’est qu’ils avaient une histoire à raconter. Ils ont vécu une réalité qu’ils ont partagée avec nous », a-t-il affirmé.

« Et c’est beau de voir comment ils sont capables d’utiliser le hip hop comme outil, comme moyen d’expression… sur certains sujets sociaux, politiques ou religieux qui font partie de leur vie quotidienne », a souligné Ayouch.

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.