Le tribunal de première instance de Casablanca a rendu lundi son verdict dans le procès pour diffamation intenté par le Directeur Général de l’Agence Marocaine de Presse (MAP), Khalil Hachimi Idrissi, contre le journaliste Abdellah Bakkali.

Le tribunal a condamné à une peine d’amende le directeur de publication du quotidien « Assabah », Abdelmounaim Dilami, et Mokhtar Ramchi, auteur de l’article incriminé, qui a rapporté les propos diffamatoires de Abdellah Bakkali, que ce dernier a reniés devant le juge.

Acquitté sur la base de l’abjuration de ses propres propos, Bakkali fait ainsi preuve d’incapacité d’assumer ses propres déclarations ou de publier un démenti, qui pourrait mettre fin à toute la procédure judiciaire à son encontre.

Par cette attitude, pour le moins irresponsable, Bakkali a laissé le journaliste du quotidien « Assabah » et le directeur de la publication affronter seuls un procès qui ne les concerne pas directement.

Il a ainsi fait juger un membre du Conseil National de la Presse (CNP) où il siège lui-même et créé un précédent dangereux dans la profession, qui s’inscrit en violation flagrante des règles déontologiques, qu’il ne cesse de prêcher lui-même en tant que président inamovible du Syndicat National de la Presse Marocaine.

Dans ce sens, Me Abdelali El Quessar, avocat de M. Hachimi Idrissi, a indiqué que des accusations graves proférées à l’encontre du Directeur Général de la MAP et publiées dans un article du journal « Assabah » ont été attribuées à Abdellah Bakkali, qui n’a pas réagi.

« Nous ne devons pas passer outre cette attitude : Abdellah Bakkali aurait dû faire un démenti il y a très longtemps devant le juge au moment où l’affaire est en cours d’examen », a souligné Me El Quessar dans une déclaration à la MAP.

Relevant que le juge a déclaré qu’il n’existe aucun texte qui oblige Abdellah Bakkali à faire un démenti au journal, l’avocat a fait savoir que certes, il n’existe pas de texte dans ce sens, mais l’acte criminel d’insulte et de diffamation existe par la diffusion.

« Donc, le délit de presse a été commis. C’est cela la matérialité du délit », a-t-il affirmé, estimant que le jugement prononcé par le tribunal est un revirement étonnant de la jurisprudence constante censée être toujours pesante et productive.

« Quand un écrit attribue de la diffamation et de l’insulte à quelqu’un, la responsabilité incombe à l’auteur de l’article, au directeur du journal et à la personne à qui on a attribué ces accusations, si elle ne fait pas un démenti dans des délais raisonnables : c’est cela de la jurisprudence constante », a-t-il expliqué.

« Si par exemple quelqu’un accuse un autre de voleur et ne fait pas un démenti, c’est qu’il acquiesce et confirme cette accusation », a ajouté Me El Quessar.

« Dans le cas de Abdellah Bakkali : qui ne dit mot consent. S’il était vraiment de bonne foi et ce qu’il a dit devant le juge est la stricte réalité, il aurait fait ce démenti il y a très longtemps, à savoir après le 9 mai 2019, date de la publication de l’article », a-t-il poursuivi.

« M. Bakkali a été acquitté : Ce n’est ni juste, ni équitable, ni légal. Nous allons faire appel de ce jugement pour faire en sorte qu’il soit annulé et modifié », a souligné Me El Quessar.

L’essentiel c’est que par son verdict, le tribunal a bel et bien condamné et incriminé les propos rapportés dans l’édition du 9 mai 2019 du quotidien « Assabah » et attribués à Abdellah Bakkali, des propos considérées ainsi comme délictueux et diffamatoires.

Après ce verdict en première instance, le Directeur général de la MAP, M. Khalil Hachimi Idrissi, compte interjeter appel de cette décision de justice. (MAP)

Article19.ma

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