Le journaliste Soulaimane Raissouni serait dans un état « très critique » après 76 jours de grève de la faim, a indiqué mardi 22 juin, ses avocats et sa famille, alors que son procès reprenait en son absence.

« Ses avocats l’ont vu hier, il était très fatigué (…) il frôle la mort », a déclaré à l’AFP son épouse, Kholoud Mokhtari, avant l’audience devant la cour d’appel de Casablanca.

Raissouni a entamé une grève de la faim en avril dernier pour demander sa libération provisoire, après avoir été détenu pendant plus d’un an.

Toutes ses demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées depuis son arrestation fin mai 2020, a rapporté le site américain The North Africa Journal qui reprend une dépêche de l’agence française AFP.

+ « Retourner en prison pour mourir » +

Début juin, Raissouni a comparu devant le tribunal, « titubant et très maigre ». A un moment de l’audience que le juge a refusé de suspendre, le journaliste a déclaré vouloir « retourner en prison pour mourir », selon des témoins oculaires.

La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), qui a reproché vendredi à Raissouni d' »avoir tenté de tromper l’opinion publique en observant une pseudo-grève de la faim », a fait savoir à la cour que le journaliste avait « refusé » d’assister au procès.

Cependant, l’un de ses avocats a rejeté les accusations de la DGAPR et a exigé un rapport médical, affirmant que Raissouni était disposé à assister à son procès « à condition d’être transporté en ambulance et d’avoir un fauteuil roulant ».

Le week-end dernier, Raissouni, 49 ans, a été hospitalisé à deux reprises après avoir perdu connaissance, selon ses avocats.

Raissouni a indiqué récemment avoir perdu plus de 35 kg, en grande partie depuis qu’il a entamé une grève de la faim à cause de la de sa détention « injuste ».

+ Un soutien de tous les coins du monde +

« Je suis prêt, même impatient, pour ce procès… que ce soit devant un tribunal ou devant le bon Dieu », a-t-il écrit la semaine dernière, dans une lettre dictée à ses avocats et partagée par son épouse sur Facebook.

Son procès a commencé en février 2021 mais a été reporté à plusieurs reprises.

La justice a rejeté toutes ses demandes de liberté, malgré une forte mobilisation au Maroc et à l’étranger.

Dans une déclaration à la presse, mardi devant la cour d’appel à Casablanca, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a lancé un appel pour la libération des journalistes Raissouni et Omar Radi qui sont poursuivis pour « agressions sexuelle… », entre autres.

« Je suis venu pour assister aux procès des deux journalistes, et lancer un appel pour demander une intervention dans ces deux affaires, compte tenu de leur caractère exceptionnel », a déclaré Deloire.

Le secrétaire général de RSF a indiqué qu’il ne sollicitait aucun traitement « de faveur », mais la libération des deux journalistes pour éviter un procès inéquitable « lié à l’exercice de leur profession ».

Pour rappel, Raissouni, rédacteur en chef du quotidien Akhbar Al Yaoum, a été arrêté le 22 mai 2020. Il est poursuivi pour « viol » d’un jeune homme et de sa « séquestration ».

Selon un Comité de soutien basé à Paris :

« Raissouni subit une détention arbitraire depuis treize mois. Alors que son procès a été reporté, à ce jour, neuf fois et que ses quatorze demandes de remise en liberté ont été refusées sans motif. »

Le journaliste Omar Radi, en détention provisoire depuis juillet dernier, est poursuivi, quant à lui, pour « viol » et « réception de fonds étrangers dans le but de porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».

Des faits que le mis en cause rejette de toutes ses forces.

Article19.ma

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