Par Ali Bouzerda

Nostalgie. Vers la fin du XIXème siècle et plus précisément en 1884/1885, la fameuse Conférence de Berlin décida de manière arbitraire, sous l’un des prétextes en vogue à l’époque à savoir  la « mission civilisatrice », la division et le partage par la ruse et la force des terres africaines y compris le Sahara marocain.

Une douzaine de puissances coloniales européennes, y compris la lointaine Russie, ont pris part à cette conférence qui ressemblait plutôt à un festin qu’à un lieu de débat politique et où les peuples concernés n’avaient nullement droit au chapitre.

Il fallait attendre, par ailleurs, le début de l’année 1906, au sud de l’Espagne, pour voir la tristement célèbre Conférence d’Algeciras décider du sort du Royaume chérifien, en offrant les provinces du Nord et celles du Sud du Maroc aux colons espagnols et le reste à la France…

Et dans cette course coloniale aux richesses du continent africain, Berlin a été marginalisée, elle qui a toujours eu un œil sur le pays du Soleil Couchant pour des raisons que seule Madame Merkel pourrait un jour nous expliquer dans ses mémoires, Insha’Allah!

Bref, aujourd’hui comme jadis, le Maroc se retrouve dans « l’œil du cyclone » européen sous un autre prétexte car « la mission civilisatrice » a été démodée et a été remplacée par une autre terminologie juridique plus sophistiquée et facile à instrumentaliser afin d’atteindre des buts politiques et géostratégiques, celle de la démocratie, des droits humains, des droits de l’enfant, des minorités et des LGBTQ, etc…

« Paroles de vérité », bien évidemment, mais qui pourraient « induire en erreur », nous rappelle le dicton arabe «كلام حق يراد به باطل»…

Et « l’erreur » serait que les riches et puissants pays européens, en solidarité aveugle avec leur partenaire espagnol, de s’en prendre à nouveau à leur voisin du sud de la Méditerranée et du Détroit de Gibraltar; et surtout de le montrer du doigt pour un incident passager, celui du 17 mai à Ceuta…

Et pour cause, le Parlement européen qui se réunit du 7 au 10 juin 2021 à Strasbourg a inscrit à l’ordre du jour le thème suivant :

« Débats sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit (article 144 du règlement intérieur)

– Violation de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et utilisation de mineurs par les autorités marocaines au cours de la crise migratoire à Ceuta ».

Pas besoin d’avoir une boule de cristal pour voir les petites mains des lobbyistes de Berlin et Madrid dans l’objectif de faire porter le chapeau au Maroc, sous le prétexte du « droit de l’enfant ».

Le but, évidemment, vise à renforcer la position de l’Espagne au lieu d’être sage et juste en dénonçant ouvertement la colonisation espagnole, des enclaves en terre marocaine et africaine, de Ceuta et Melilla et ce depuis plus de 400 ans.

Et bien, « Niet!», l’UE parle d’une seule voix des « frontières de l’Europe », comme au XIXème siècle, quand les hommes blancs agissaient de manière égoïste et sans scrupules , en consacrant la devise : « Aidez votre sœur (Espagne), qu’elle soit injuste ou victime »…

Dans cet incident « controversé » de Ceuta, le Maroc a réagi de manière sereine aux « reproches » de Bruxelles en annonçant le rapatriement de ses mineurs en Europe. Et de facto, le gouvernement El Othmani a su mettre fin aux spéculations politiciennes de la gauche et extrême gauche comme celles de l’extrême droite en Espagne et ailleurs…

Maintenant, la question qui se pose : pourquoi Strasbourg revient-elle à la charge ? Le Maroc serait-il l’élève qui aurait commis « un impair » et à qui on veut administrer une volée de bois vert?

Messieurs et Mesdames du Parlement Européen, de ce côté-ci de la Mare Nostrum, on pensait que l’ère des canonnières était révolue ? Hélas, chaque jour, on se rend compte que « le bazar » politique européen – – pour ne pas dire le mot « bordel » qui  a été utilisé par Emmanuel Macron en 2017 et qui a choqué 71% des personnes interrogées – -, ne défend en fait que les intérêts des siens et refuse de prêter l’oreille au partenaire dit-privilégié, qu’est le Royaume du Maroc.

Pas besoin de rappeler à ceux qui ont la mémoire courte, que ce partenaire dit-privilégié est loyal et fiable et que le vieux continent a toujours compté sur lui quand il s’agit de lutte contre le terrorisme, les réseaux de l’islamisme radical, les trafics de tous genres…et surtout contre l’immigration clandestine; au point que certains commencent à le prendre pour le « gendarme » du Détroit.

Curieux face à une situation gravissime !

Article19.ma

1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour cet article qui résume toutes les manigances sournoises du colonialisme ‘’civilisateur’’, mais profondément dépravé, contre notre pays depuis 137 ans. Ironie de l’Histoire, c’est Berlin, encore sous mandat international et étroitement surveillée, qui veut faire le chef de file et contrecarrer notre unité territoriale qui a été tronçonnée en mille morceaux à cette Conférence de Berlin de triste mémoire.

    S’agissant des réunions du parlement européen du 7 au 10 juin 2021, je propose à toutes les forces vives de notre pays d’organiser des manifestations devant la représentation de l’Union Européenne pour leur démontrer notre attachement sans faille à notre SAHARA MAROCAIN et à nos villes, îles et îlots illégalement occupés par le colonialiste espagnol quand la Catalogne lutte avec acharnement pour se défaire de l’occupation espagnole !

    Merci aussi d’accepter une remarque petite de forme mais très grande de sens. Le colonialisme a toujours usé de subterfuges pour dénaturer les civilisations supérieures à la sienne partout dans le monde. Parmi ces subterfuges innombrables, la modification des noms géographiques ou au moins leur altération. Merci, donc, de dire SEBTA et non CEUTA comme veut nous l’inculquer le colonialiste espagnol.

    Maintenant que les choses sont devenues ce qu’elles sont, notre pays ne doit pas faire l’erreur fatale et retourner à la case Zéro. Dans toutes discussions, l’Espagne doit reconnaître la marocanité de NOTRE SAHARA MAROCAIN d’une part, et, d’autre part, reconnaître son occupation illégale de nos villes, îles et îlots et se mettre à table pour négocier sa sortie honorable de ces présides qu’elle occupe injustement.

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