Au Maroc, les chaînes publiques souffrent de la concurrence des plateformes internationales, désignées sous le nom des GAFA (Google, Apple Facebook & Amazon) qui absorbent jusqu’à 80% ou 85% des ressources publicitaires. Face à cette situation, il fallait trouver « le modèle économique » adéquat pour les chaînes publiques car les seules ressources du marché ne sont pas suffisantes. Et en vue d’une gestion rationnelle des ressources et une mise à niveau du secteur, le ministre de la Culture Othmane El Ferdaous vient d’annoncer, ce mardi devant les élus du peuple, que la SNRT a pris le contrôle de 2M et elle est en voie de prendre celui de Médi1 TV.

Ainsi, le ministre a présenté, mardi à Rabat, les grandes lignes de la restructuration du pôle audiovisuel public à travers un regroupement de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT), de « 2M » et de « Medi 1 TV » et ce, dans le cadre de la feuille de route 2024 de la stratégie du développement du secteur de l’audiovisuel public.

S’exprimant devant la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants au sujet de « la stratégie du développement de l’audiovisuel public », le ministre a relevé que la restructuration de ce pôle passe par le regroupement de la SNRT, de 2M (SOREAD) et de « Medi 1 TV » suivant une logique qui permet à l’État de gérer ses biens selon une vision stratégique et intégrée.

Lors de la première étape, ce regroupement s’opérera à travers le processus « coup d’accordéon » lequel concernera les capitaux de SOREAD-2M et « Medi1 TV », tandis que la deuxième étape portera sur l’intégration de « Radio Medi 1″et de « Régie 3 » (sa filiale à 100%) au secteur public après évaluation par des experts indépendants, a expliqué M. El Ferdaous, ajoutant que la troisième phase s’opérera à travers la création d’un Holding SNRT avec des sociétés professionnelles.

+ Projet d’amendement du statut juridique et organique du sector audiovisuel +

S’agissant des cahiers de charges et du contrat-programme, le ministre a relevé que le contrat entre l’État et la SNRT s’effectuera à travers un contrat-programme équilibré incluant un plan de synergie détaillé en parallèle avec la modernisation des cahiers de charges, l’assouplissement des restrictions économiques lorsque cela s’avère possible et l’adaptation aux évolutions technologiques.

Concernant le volet législatif, M. El Ferdaous a fait savoir qu’il sera procédé à la présentation d’un projet d’amendement du statut juridique et organique du sector audiovisuel, outre l’encouragement des petites et moyennes sociétés à opter pour les publicités audiovisuelles en vue de renforcer le label commercial national, ainsi que l’instauration de la politique de concurrence et des plateformes numériques (2/3 de l’investissement numérique national) et l’adoption d’une fiscalité sectorielle plus équitable et plus efficace.

Dans le même ordre d’idées, le ministre a évoqué la question de la zone d’accélération audiovisuelle, tout en mentionnant le rapprochement technologique entre les jeux audiovisuels, le cinéma et les jeux-vidéos, notamment la création d’une zone d’accélération économique centrée sur les établissements de formation et de recherche de renom, en vue de mettre à la disposition des sociétés un environnement attractif et dynamique et des infrastructures et des équipements conformes aux meilleurs standards et un programme d’incitation spécifique afin d’incuber des projets créatifs et d’améliorer la compétitivité de la production nationale à l’exportation.

+ Se focaliser sur l’information de proximité et le contenu local +

Le responsable s’est également penché sur les préparatifs afin de promouvoir la capacité à l’innovation du partenariat public-privé, après la réalisation d’une étude sur l’état du marché et les tendances de l’investissement dans les trois secteurs: assimilation des besoins et des prévisions des utilisateurs potentiels de la zone. Il a ajouté que la restructuration du pôle public vise à créer un produit meilleur grâce à l’amélioration continue, en se focalisant sur l’information de proximité et le contenu local, en accélérant la transformation numérique et le rapprochement technologique, en préservant le financement du secteur audiovisuel national et en rationalisant l’intervention de l’Etat dans le renouvellement du capital.

Intervenant devant la même commission, le président-directeur général de la SNRT, Fayçal Laaraïchi, a présenté un exposé sur la situation financière et managériale de la Société à la lumière du rapport 2018 de la Cour des comptes, évoquant la mise en oeuvre des recommandations de cette juridiction dans les délais convenables.

Il a également abordé l’évaluation des produits télévisuels présentés par la SNRT pendant le mois du Ramadan, outre la situation administrative et les programmes d’avenir, le bilan décennal de la chaîne amazighe et le programme de l’officialisation de l’amazighe dans le secteur.

Pour sa part, le directeur général de « SOREAD-2M », Salim Cheikh, a mis en avant le respect des dispositions du cahier de charges de la deuxième chaîne au titre de l’année 2020, ainsi que le rôle de « 2M » pendant la pandémie de la Covid-19 et la diversité territoriale, culturelle et linguistique.

M. Cheikh a aussi passé en revue la place des programmes en amazigh au sein de la grille de la deuxième chaîne, l’engagement de « 2M » en faveur de la parité et du genre, l’évaluation de la programmation du mois sacré du Ramadan, le développement des bulletins d’information, la promotion des émissions-débats et le soutien à la production audiovisuelle, cinématographique et dramaturge nationale.

Article19.ma

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