Le ministère de l’Intérieur sa responsabilté le Parti justice et développement (PJD) en révélant, lors de la réunion mardi dernier de la commission de l’intérieur de la chambre des représentants, « l’étude de faisabilité » sur la culture du cannabis dans la perspective de sa légalisation pour des usages médicaux et industriels.

Selon Hespress, malgré les pressions exercées par une partie des membres du PJD contre le projet gouvernemental, à la suite des menaces de son ancien secrétaire général, Abdelillah Benkirane, la présentation des résultats de l’étude de faisabilité a fait échouer les efforts des PJDistes visant à entraver l’adoption du projet de loi 13.21 sur les usages légaux du cannabis.

Le Parti de la Lampe s’est ainsi retrouvé isolé au moment où tous les groupes parlementaires ont annoncé leur soutien au projet gouvernemental de légaliser le cannabis à usage médical et industriel en y proposant certains amendements. Ce qui laisse entrevoir que le PJD voterait contre le projet de loi.

+ Les réseaux de trafiquants exploitent le paysan traditionnel dans le Rif +

Alors que le parti islmaiste doute de la capacité du projet à permettre un développement des régions du Nord, l’étude présentée par le ministère de l’Intérieur a révélé que le revenu net annuel du cannabis par hectare varie, selon la nature des terres, de 16.000 dirhams à 75.000 dirhams.

Selon l’étude du ministère de l’Intérieur, les réseaux de trafiquants exploitent le paysan traditionnel qui ne perçoit que « 3% du chiffre d’affaires final, contre environ 12% que l’agriculteur réalise sur le marché légal, sachant que ce dernier pratique une agriculture durable ».

Mustapha Ibrahimi, président du groupe PJDiste à la Chambre des représentants, a estimé que le projet de loi 13.21 relatif aux usages légaux du cannabis renferme plein de références à des textes réglementaires et n’offre pas de garanties solides quant à l’usage uniquement médical et industriel du cannabis sans préciser, non plus, les zones concernées.

Pour lui, le projet ne constitue pas un véritable levier de développement des zones connues par la culture du cannabis qui ont besoin, à ses son avis, de « véritables programmes » de développement et d’infrastructures dans les domaines de la santé et de l’éducation, exprimant des craintes que cette loi 13-21 n’augmente les souffrances de la population locale et de tous les Marocains en général.

Il s’est aussi dit étonné de l’ouverture des discussions sur ce projet de loi en plein débat électoral, s’interrogeant sur l’empressement à vouloir le faire adopter au plus vite comme si son adoption aujourd’hui aboutirait demain au développement de la région du Nord.

Le groupe PJDiste fuse d’approuver ce projet prétextant qu’il faut élargir les consultations parlementaires à son sujet et demande, entre autres, les avis du Conseil économique, social et environnemental, du Conseil national des droits de l’homme, du Conseil de la concurrence, et aussi du Conseil supérieur des Oulémas, estimant que le projet a de nombreuses implications y compris sur l’environnement, la nappe phréatique, la santé et la sécurité, entre autres.

Article19.ma

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