Comme à la veille de chaque échéance électorale, le phénomène de « la charité politicienne » refait de nouveau surface dans le débat au Maroc à propos de certaines associations et « notabilités » qui exploitent la pauvreté de ceux dans le besoin en vue d’influer sur leurs votes le jour « j ».

Selon Hespress, qui relève que les différents partis politiques s’accusent mutuellement à ce sujet, plusieurs villes et villages au Maroc ont connu de vastes campagnes de solidarité lancées par de nombreux « bienfaiteurs » au cours des derniers mois ciblant les groupes les plus vulnérables qui ont été directement touchés par l’épidémie de Covid-19.

Vide juridique

Charifa Lamouir, chercheuse en science politique, a indiqué à Hespress que la charité a toujours été parmi les facteurs décisifs au niveau électoral, d’autant plus que le groupe cible est fragile et est ainsi facile à influencer électoralement.

Selon elle, ce phénomène interpelle aujourd’hui l’État, surtout que la loi encadrant la question de la charité publique, le Dahir d’octobre 1971, est dépassée aujourd’hui vue l’ampleur de cette exploitation politique, estimant nécessaire l’adoption d’un nouveau texte et des sanctions plus sévères à l’encontre de ceux qui exploitent les groupes vulnérables.

Lamouir a souligné que le Maroc est aussi appelé à créer de nouveaux mécanismes et une approche globale de solidarité pour ces groupes pour qu’ils ne soient plus « un terrain de chasse facile pour les partis politiques ».

A l’encontre l’exercice démocratique

De son côté, Hicham Mouatadid, chercheur en science politique, a estimé que « l’exploitation politicienne de la bienfaisance est un phénomène dangereux pour l’exercice démocratique, surtout lorsque ce type d’initiative est lancé dans une atmosphère religieuse et à la veille d’échéances électorales ».

Il a ajouté, dans une déclaration à Hespress, que les initiatives caritatives lancées par des associations, qui ont des liens directs ou indirects avec les partis politiques, doivent respecter les dispositions légales et l’éthique politique.

Le chercheur en sciences politiques a ajouté que « la charité politicienne constitue un comportement contraire à l’éthique de préparation des élections », relevant que la culture politique qui prévaut dans la plupart des pays démocratiques rejette tous les comportements suspects de nature à entacher le processus électoral.

Article19.ma

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