Par Dr Leila Hanafi*

La création à la maison blanche du Conseil de politique genre par l’administration Biden-Harris intervient à un moment critique pour guider et coordonner la politique gouvernementale qui a un impact sur les femmes et les filles, couvrant un large éventail de questions telles que l’inclusion économique et la violence sexiste.

La mise en place de ce conseil présente une opportunité pour le gouvernement américain de s’engager fermement en faveur d’une politique de tolérance zéro concernant la violence et la discrimination à l’égard des femmes pour renforcer le statut juridique des femmes dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Au Maroc, le rythme rapide des réformes et l’émergence de nouveaux acteurs de la société civile se sont traduits par de fortes opportunités pour renforcer et élargir les droits des femmes et l’état de droit. Le roi Mohammed VI lui-même a montré sa détermination à réaffirmer et à renforcer les droits des femmes marocaines à travers une approche progressive de « légalisme restreint » et en lançant le pouvoir transformateur du droit.

Bien que le Maroc ait amélioré les droits des femmes, des défis demeurent. Les femmes dans tout le pays continuent de se battre pour l’égalité, mais le pays s’est classé 143ème sur les 153 pays concernés par le Rapport mondial de 2020 sur l’inégalité entre les sexes. Le dernier rapport d’analyse genre de l’USAID de 2020 relève le besoin urgent d’une politique intégrée pour donner la priorité aux programmes relatifs aux questions genres. Notre plus grand problème est de combler les lacunes législatives qui persistent avec des différences entre les lois en vigueur et leur mise en œuvre.

Au Maroc, ainsi que dans d’autres parties de la région MENA, il y a un manque de données sur les problèmes des femmes et de preuves sur l’efficacité des politiques genre. Les données peuvent être améliorées grâce à une couverture géographique accrue et à des sondages dans les zones rurales. Ceux-ci amélioreront les interventions politiques fondées sur des données concrètes du gouvernement marocain avec le soutien des États-Unis.

Pour que le Maroc exploite le pouvoir transformateur des réformes juridiques, le renforcement du système judiciaire formel est essentiel et le soutien des États-Unis sera opportun. Cependant, sans s’attaquer aux barrières sociales et culturelles qui empêchent les femmes de rechercher des recours judiciaires, même des réformes juridiques transformatrices ne seront pas suffisantes pour les autonomiser.

L’aide juridique est l’un des moyens par lequel le gouvernement américain peut remédier au manque d’informations juridiques et d’alphabétisation parmi les femmes. Les facultés de droit et les étudiants peuvent être des partenaires clés pour offrir une aide juridique civile précieuse par le biais de programmes de sensibilisation. Les services juridiques (tels que les services d’aide juridique aux États-Unis) devraient être développés en conformité avec la loi sur l’aide juridique du gouvernement marocain. Des services d’assistance juridique ciblés sont nécessaires, en particulier pour les femmes rurales, dans leur propre termes et langage.

Le gouvernement peut également s’appuyer sur les efforts qu’il déploie pour améliorer le statut des femmes dans la société et encourager leur participation en favorisant la mise en œuvre de services publics visant à combler les inégalités entre les sexes. Et enfin, les États-Unis devraient collaborer avec les systèmes juridiques formels et informels pour s’assurer que les programmes de justice promeuvent les normes fondamentales de respect des droits de l’homme, qui sont au cœur du programme de politique étrangère de Biden-Harris.


*Article publié sur le site du Think tank américain « The Wilson Center« 

*Dr Leila Hanafi est avocate au sein du Groupe de la Banque mondiale


Article19.ma

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