« Je ne suis pas pessimiste… Je suis un rebelle contre tout, le pessimiste ne s’insurge pas, mais il s’avoue vaincu…J’aime ma rébellion, donc je désire m’insurger même contre ma rébellion », (Adonis).

Le grand poète Ali Ahmed Saïd ou Adonis, comme il a toujours préféré se présenter, est né le 1er janvier 1930 à Kassabine près de Lattaquié au nord de la Syrie, l’occasion pour les amoureux du mot, de la beauté et du sens humain de s’unir pour célébrer ce monument vivant de la poésie arabe.

Adonis n’a rejoint les bancs de l’école qu’à l’âge de 13 ans comme récompense après avoir suscité l’admiration grâce à une poème patriotique qu’il a dit devant le président syrien Choukri al-Kouatli à l’occasion de la visite de ce dernier dans sa ville natale.

Deux mille vingt est l’année des quatre-vingt-dix ans du poète Adonis, dont l’œuvre se confronte aux changements du temps, à la fois long et présent, et dont la parole exerce un impact considérable en Europe, de la péninsule ibérique à la Scandinavie, dans le monde, du Proche-Orient à l’Extrême-Orient, du sous-continent indien à l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine à l’Asie du Sud-Est, de l’Afrique au Royaume-Uni, lit-on dans le site web (adonis90.org) créé à cette occasion à l’initiative de fille, Arwad Esber, où plus de 130 intellectuels, artistes et écrivains et éditeurs de différentes nationalités rendent hommage au poète.

Pour célébrer ce moment, les collectif d’ »artistes, de penseurs, d’acteurs de la vie intellectuelle mondiale, se rassemble pour chacun donner une vidéo d’anniversaire à Adonis, qui manifesteront l’importance d’une vie poétique dans un monde en risque d’appauvrissement culturel et humain ».

Parmi ces intellectuels, il y a lieu de citer Qassim Haddad, Tahar Ben Jelloun, Abbas Beydoun, Hoda Barakat, Marcel Khalifé, Edgar Morin, Salman Rushdie, Dominique de Villepin, Jacques Lang, Vénus Khoury Ghata, Pierre Abi-Saab, et Peter Handke.
« Adonis a choisi son nom pour marquer le renouvellement, l’entrée dans le nouveau que rend possible la poésie – car Adonis est le dieu de la nouvelle année dans les mythologies mésopotamiennes », est-il souligné sur le site hommage, qui se veut « une entreprise numérique, poétique, collective », relevant que depuis soixante ans, l’œuvre et le cheminement d’Adonis incarnent « une vie héroïque dans et avec la poésie : celle d’une parole libre, pleinement créatrice, de l’interrogation des normes qui oppressent les vies partout dans le monde ».

« Vivant à Paris, Adonis a transformé et préservé la langue arabe, mais son action s’exerce dans le monde entier. C’est un cas rare d’une parole prestigieuse, du fait d’une œuvre monumentale, qui donne à Adonis le fondement de son expression », lit-on encore sur le site adonis90.org.

« Expert de toutes les formes de la langue arabe, il a aussi très tôt contribué à la connaissance de la poésie d’avant-garde occidentale, établissant des ponts inattendus, illuminant d’un éclat nouveau des aspects méconnus de la poésie, mais aussi de la vie humaine dans son ensemble », relève le site indiquant que « l’anniversaire d’Adonis représente un moment de réflexion pour notre existence : le rôle de la poésie, la croyance en une humanité pleine et entière, le rôle du passé et de la modernité ».

Selon Arwad Esber, son père a été très touché par le nombre de messages qu’il a reçus de toutes les régions du monde à l’occasion de son anniversaire. « Il faut aussi signaler qu’une nouvelle œuvre d’Adonis va avoir le jour au cours du mois de mars sous le titre de ‘Adoniada' », a ajouté la fille précisant que la traduction française sera publiée avant le texte original en arabe.

Article19.ma

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