Le président de l’Observatoire Amazigh des droits et libertés, Ahmed Assid, a indiqué que la consécration par la constitution de 2011 « Tamaghrabit » de l’identité marocaine comme étant la convergence de différentes composantes est le résultat de l’action qui a été menée pendant plusieurs décennies par le mouvement Amazigh lequel a permis de rapatrier cette identité des deux pôles oriental et français.

Assid, qui participait à une visioconférence organisée par la revue « Nabd Al Moujtmaa (le pouls de la société) » et le comité « Tamaghrabit (la marocanisation) lil iltiqaiya wa al mouwatana (la marocanité pour les rencontres et la citoyenneté) », a expliqué qu’au plan identitaire les Marocains étaient divisés en deux catégories: ceux liés au pôle oriental avec tout ce qu’il représente en termes de symboles religieux et panarabe, et ceux du pôle français.

L’intervenant, dont les propos ont été relayés par le site arabophone Hespress.com, a ajouté que le pôle oriental avait perdu de son influence en raison, notamment, des coups violents reçus par l’idéologie islamiste et qui l’ont affaiblie.

Il a relevé que le mouvement amazighe a trouvé dans cette évolution une opportunité pour « réhabiliter l’identité marocaine », appelant à l’attachement à toutes ses composantes et affluents.

« Nous ne voulons sacrifier aucune composante de notre identité, au contraire, nous devons lui donner l’occasion de renforcer son appartenance au Maroc », a-t-il dit, critiquant ceux qui cherchent à exclure l’autre.

« Il n’y a aucune cloison entre une composante culturelle et une autre. Du point de vue anthropologique, linguistique, culturel et des coutumes, elles interagissent et se mélangent, la culture ou la civilisation qui ne prend pas et ne donne pas s’étouffe et meurt. Il ne nous faut pas imaginer la culture Amazighe seule comme étant pure ou que l’Arabe est la seule à être pure. Une telle conception est irréaliste », a-t-il poursuivi.

Pour lui, « Tamaghrabit » est un retour à soi et constitue un élément important pour le développement de la société au plan intérieur et dans son interaction avec d’autres sociétés, en ce sens que ce retour à soi renforce « l’esprit de patriotisme et permet d’exporter sa culture vers les autres comme valeur ajoutée ».

Assid a exclu que « la marocanité » pourrait conduire à l’isolement et à la fermeture sur soi, ajoutant qu’au contraire elle renforce l’attachement des Marocains à leur identité et à la rendre universelle.

« Par le passé, nous nous considérions comme étant des Orientaux ou des Français, et maintenant nous allons passer de la fusion à la singularité, c’est-à-dire à l’assimilation de l’appartenance au Maroc », a-t-il relevé.

Il a, par ailleurs, attribué la faiblesse de l’édifice commun, au cours des dernières décennies, à l’incapacité de l’État à donner aux citoyens un sentiment d’appartenance à leur pays, en raison d’un enseignement qui passait sous silence les composantes amazighs, hébreu et africaine, relevant que le Royaume s’emploie à corriger les erreurs du passé après avoir reconnu constitutionnellement toutes les composantes de l’identité marocaine et son retour à l’Union africaine.

« Par le passé, nous n’avions pas réussi à construire l’édifice commun parce que les décideurs prenaient en considération uniquement un seul élément comme l’islam ou l’arabisme. Ces discours ont échoué. Actuellement nous construisons un nouvel édifice commun », a-t-il martelé.

Assid a, enfin, souligné que « la découverte au Maroc du plus ancien Homo sapien, qui remonte à plus de 300.000 ans, est l’illustration parfaite des racines profondes dans l’histoire humaine de ce pays, alors qu’une certaine idéologie prétendait que ce territoire était inoccupé avant l’arrivée de ceux qui sont venus d’autres régions pour s’y installer ».

(Source : Hespress et la traduction d’Article19)

* Ahmed Assid est un intellectuel marocain, universitaire et militant Amazigh

Article19.ma

1 COMMENTAIRE

  1. Il n’y a pas un seul de ses ‘’discours’’ où il ne catégorise pas le peuple marocain. Il est quelqu’un qui travaille sournoisement tel une ‘’soussa’’ pour arriver à un but bien précis. Celui de faire douter tous les marocains de leur Histoire millénaire et de leur destin communs. Ses ressources sont immenses ; il puise méthodiquement dans la littérature coloniale du 19ème siècle et de la première moitié du siècle dernier ainsi que celle des instituts néocolonialistes qui continuent à opérer avec acharnement contre les peuples africains en général et particulièrement contre les peuples de l’Afrique du nord.

    PS :

    En tant que berbère rifain (Je déteste de le dire parce que je suis d‘abord marocain de Tanger à Lagouira et je déteste aussi tout régionalisme ou séparatisme quel qu’il soit et surtout ethnique), ‘’Thamaghrabit’’ n’est pas ‘’Marocanisation’’, mais veut dire ‘’Marocanité’’.

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