Une petite femme face aux faucons. Et pour cause, Mme Itimad Zahidi, militante de première heure et membre du Conseil national du Parti justice et développement (PJD), crie au scandale en affirmant que sa démission du parti est due à « ses différends » avec ses membres et « au changement de la ligne générale » du parti et non autre chose.

Mme Zahidi a expliqué dans une interview accordée au site arabophone Hespress.com, que « le PJD a connu des problèmes organisationnels sans que les dirigeants du parti n’interviennent pour remettre les choses à la normale », soulignant la nécessité d’une séparation définitive entre ce qui est politique et ce qui relève du prosélytisme religieux au sein du parti qui est lié à son bras prosélytique « le Mouvement pour l’unicité et la réforme » (MUR) lequel doit s’éloigner de l’action politique et des partis.

Elle a relevé que l’organisation et l’orientation du PJD ne sont plus adaptées au Maroc et au parti qui doit ouvrir « ses yeux sur la société », se disant étonnée que « l’organisation qui s’opposait à la politique du parti unique mène aujourd’hui cette même politique ».

+ La démission n’est pas une réaction conjoncturelle… +

L’ancienne parlementaire du PJD a ajouté que ce qu’elle a qualifié de « manière irresponsable de gérer les choses » l’a poussée à démissionner du parti dans lequel elle a passé 20 ans, affirmant: « la démission n’est pas une réaction conjoncturelle, mais le résultat naturel d’une évaluation générale que j’ai faite depuis des années sur l’évolution du parti. « 

À cet égard, Zahidi a souligné que la rhétorique du PJD au cours des dernières années est incompatible avec le pluralisme que le Maroc connaît depuis l’indépendance, car il se présente « comme la seule force politique sur la scène politique et le seul à agir », estimant qu’il exerce « une sorte d’hégémonie sur la scène politique à vouloir être le seul à pouvoir gérer les affaires du pays. »

La vice-présidente de la commune de Témara a souligné que contrairement à son discours, le PJD a échoué à donner l’exemple, en ce sens qu’il n’a pas pu traduire dans la réalité ce qu’il promettait dans son discours, relevant que la confiance des Marocains dans le parti n’était plus de mise, notamment dans un certain nombre de villes que le parti a ramenées à l’âge de pierre, dont Témara. « Comment est-il possible de trouver aujourd’hui dans cette ville un pont au-dessus des fenêtres d’habitants? ».

Elle a souligné que parmi les points de son désaccord avec le PJD, la relation de ce dernier avec le MUR, qui lui garantit des voix aux élections et lui assure une protection, dénonçant l’exploitation par le parti du réseau de l’association religieuse pour le recrutement de nouveaux adhérents alors qu’il faudrait mettre une distance entre la religion et les acteurs politiques.

Zahidi a expliqué à cet égard que le PJD exploite la religion dans son action politique, sur la base de ce qu’il considère comme un partenariat avec un mouvement de prosélytisme, soulignant que gagner la sympathie des Marocains en utilisant la religion est inacceptable, d’autant plus que le Maroc dispose d’une institution de commandement des croyants dont une des missions est de protéger la religion. »

Article19.ma

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