Par Rachid Idrissi Kaitouni

Le Maroc est en deuil : l’ épidémie du coronavirus à emporté des dizaines de personnes, le confinement à eu raison de Abderahmane El Youssoufi et la vie que nous menions,avant ces circonstances ne se reproduira plus jamais ! Les paradigmes nouveaux seront nécessaires pour conduire demain sans verser dans l’optimisme béât ni le pessimisme misérabiliste.

Nos larmes, nos souvenirs et nos regrets ne s’estomperont pas de sitôt. La levée de l’état d’urgence sanitaire n’attendra plus indéfiniment . Le monde est partout aux angoisses, aux inquiétudes et aux incertitudes. Il ne s’agit pas uniquement d’un désordre provoqué par cette redoutable épidémie; ou qu’il faille croire que l’état de grâce est pour demain.C’est un tripatouillage de ce gouvernement qui n’a jamais été capable d’être vraiment à la verticale pour lui en vouloir de se prendre les pieds dans le tapis. Il n’est pas le seul dans cette situation. Il es tout à fait représentatif de la coalition qu’il représente .

Le dépassement de cet événement devrait être consécutif à une remise en cause fondamentale de ce qui a été jusqu’à maintenait. C’est une absurdité de continuer à imaginer qu’a force de faire parler des courbes,des lignes et afficher des chiffres nous allons retrouver l’espérance qui va nous projeter sur des croissances inespérées et réaliser un développement fulgurant . Il en va de même lorsque l’argumentaire juridico- politique prêche pour le maintien d’une situation qui ne présage que des lendemains émaillés d’incertitudes.

Nous sommes encore dans l’expectative de savoir ce que le projet de loi de finance rectificatif nous réserve alors que le couperet est déjà tombé. La foi dans la consolidation de notre économie n’est pas d’actualité. Le Maroc ne dispose pas d’un pouvoir financier suffisamment dense qui lui permettra l’injection de centaines de milliards de dirhams dans l’économie et le social juste pour se permettre de se retrouver dans la conjoncture,pas du tout enviable, d’avant l’épidémie .

Le mythe du développement a enfermé notre pays à l’intérieur d’un système qui l’a rendu incapable d’agir en dehors des schémas et dès pré requis établis et contrôlés par les institutions financières internationales. Le légalisme constitutionnel nous a projeté dans l’immobilisme et provoqué confusion et retard institutionnel

L’avènement messianique de la raison et la sagacité nous a conduit, certes,à réfléchir et repenser,au plus haut niveau de l’Etat, aux moyens et méthodes à mettre en œuvres pour faire face à ce redoutable virus, au début du confinement et nous a donné des motifs de fierté pour en être devenus des winners.

La célérité du confinement, la fermeture rapide des frontières (nonobstant nos malheureux compatriotes restés livrés à eux-mêmes à l’étranger), le choix des méthodes thérapeutiques et enfin la solidarité de participation au fond du Covid-19 est une leçon royale vivante, une leçon de méthode; une actualité du primat d’une institution bien établie et bien assise: la monarchie

La crise qui s’annonce nous obligera à un réexamen profond et une autocritique rigoureuse. Il nous faut prendre conscience qu’elle ne signifie pas la faillite mais qu’elle peut être, au contraire la prémisse pour éviter la débandade, le premier pas vers une re-naissance: une marche du règne.

En utilisant ce procédé pour être au rendez-vous de demain;on devrait mesurer,sans complaisance ni vergogne, face aux nombreux problèmes qui se posent: crise économique,faillite du modèle de développement,sclérose des universités et des intellectuels, déclin des partis de gauche et incapacité des formations nouvelles de se hisser, sans démagogie, vers le haut et de se délivrer de leurs avatars génétiques.

Être les premiers ne confère pas l’aptitude à diriger, ni le professionnalisme pour gérer et encore moins l’expérience requise à anticiper pour formuler des stratégies des affaires publiques. Le Maroc a besoin de performances,de détermination et d’intégrité de ses dirigeants. Il ne s’agit donc plus , comme sous le gouvernement d’alternance ou de ceux qui lui ont succédé, de n’être plus que les gestionnaires d’un système d’administration des privatisations, sous couvert de la mondialisation. Pas plus que, de ne savoir exhiber, depuis près de dix ans, que des “ mains propres » levées, comme pour se rendre, et on pour montrer qu’ils sont propres mais à la virginie politique douteuse et incertaine, à travers dès actions nouées et dénouées selon la conjoncture et la contradiction ou en attente de « Insha’Allah ».

C’est un miracle que dans un pays où le gouvernement reste totalement indigeste, l’essentiel des solidarités qui s’expriment trouvent du répondant chez une grande majorité de gens et réussissent à instaurer un confinement dans des réduits de logements de misère mais ou les liens dans les quartiers en sont arrivés à
effacer les suspicions et les craintes historiques et établir des rapports nouveaux entre l’autorité et les masses que d’aucun ne pouvait imaginer avant cette date . Le Mokadem, le Cheikh et encore moins le Caid ou le Pacha nous reviennent de loin pour effacer des rancœurs historiques et des animosités persistantes (malgré quelques bavures signalées par ci et par la). La police et la gendarmerie nous ont administré une belle leçon de civisme et de disponibilité au passage des points de contrôles. J’en oublierais certainement beaucoup de corps de métiers si je devais en énumérer un par un jusqu’ à aboutir dans les hôpitaux. Les mots manqueront alors pour qualifier l’extraordinaire travail et le sacrifice dont a fait preuve le personnel médicale dans toutes ses composantes.

Le confinement a permis à la cellule familiale de se retrouver de rétablir le dialogue, de participer ensemble à des activités domestiques et faire le suivi du travail scolaire des enfants. Moins visible, sont les représentants locaux et régionaux qui n’ont rien opéré de consistant sauf à agir timidement pour venir en aide à quelques nécessiteux et aux démunis que le confinement a réduit à la précarité sinon à la pauvreté.

Il n’est pas plus royaliste que les autres celui qui ne s’arrête pas à répéter que la stratégie opérée par le Souverain est pertinente sans acquérir une vision intellectuelle et morale capable de s’inscrire dans le prolongement de cette conviction. Il n’est pas plus monarchiste que les autres celui qui , qui ne ponctue pas ses propos de louanges sans apporter des d’arguments pour faire avancer les schémas stratégiques adoptés …
Il n’est pas plus makhzenien que les autres celui qui se refuse d’émettre une quelconque critique de peur d’être taxer de subversif.

C’est tout aussi vrai aujourd’hui, que par le passé, mais nos gouvernants comme nos représentants semblent toujours terriblement réfractaires aux changements et archaïques; à instaurer une entière liberté de débat à l’intérieur même de leurs structures.
Rien donc d’étonnant que dans l’hémicycle le gouvernement et le parlement se drapent de masques… et que dehors « le cirque » n’intéresse plus personne…

C’est que, les partis politiques n’exercent plus un grand pouvoir de séduction par la nature et les taches qu’ils proposent d’accomplir en vue d’exercer le pouvoir. N’avoir pour idéologie que l’islam dans un pays musulman est un non sens. Prôner un projet libéral par des gauchistes non convertis est un parjure à toutes les pensées philosophiques. Enfin porter les couleurs de l’arc en ciel partisan pour venir aux commandes du plus vieux parti politique marocain est une insulte non pas à l’histoire mais à l’avenir. Les partis politiques se sont figés en procédures ou se prélater ( en rapport avec le prélat ) en principes oubliant de se donner les moyens intellectuels de produire les conditions objectives suffisantes de leur conception sociétale du monde intérieur et extérieur et participer à la construction d’une société plus juste et plus représentative ( le monde entier est sorti pour dénoncer le racisme qui sévit en Amérique et en Europe ; nous;on s’abstient au motif que nous n’avons pas ce phénomène au Maroc !).

Il n’est pas admis de participer à l’émancipation d’une société sans instruments intellectuels sans éthique.

La grande débandade, se situe aussi, à l’occasion des grandes crises, au niveau du rapport entre les élites et le pouvoir. Ou sont nos think- tank ! Que font-ils ! Que proposent-ils ! Des citadelles dorées pour enfants gâtés…

L’union triomphale,autour des fondamentaux de ce pays, n’est pas de nature à s’acquitter du rôle essentiel d’une intelligentsia non inféodée. Elle ne peut se pourvoir en solution de crises sans raviver des rapports rigoureux et sans veulerie entre les élites et les gouvernants. Des rapports non conflictuels mais non complaisants.

Il est nécessaire de faire une impitoyable critique de nos faiblesses et se demander tout d’abord pour quelles raison nous avons perdu la bataille de l’enseignement, de la santé, du travail et du logement. Rien de concret ne se réalisera sans s’interroger sur, ce que nous étions et où nous voulons arriver.

La principale raison de la défaite des partis: c’est de ne plus avoir d’idéologie, ne pas l’avoir communiquer clairement à opinion publique , ne pas avoir fortifier la conscience de leurs militants, adhérents et sympathisants à l’aide de convictions tant morales ( et non de la Morale ) que psychologiques. Comment peut-on ne pas s’étonner que la chose publique n’intéresse plus personne lorsque les élites politiques ne sont recrutées que pour leurs capacités censitaires ou relationnelles.

Dans quel paradigme peut-on inscrire les partis politiques marocains aujourd’hui! Pourquoi vilipender les technocrates et les traîner dans la boue lorsque les partis politiques ne sont plus incapables de les recruter dans leurs rangs? Faut-il attendre qu’ils soient au gouvernement pour les recruter immédiatement dans les bureaux politiques et exécutifs des partis politiques. Que sont devenues nos structures partisanes, nos organisations professionnelles et de la société civile! Que sont devenues nos élites, nos intellectuels !

Lorsque Antonio Gramsci relevait, suite aux bouleversements de la première guerre mondiale et aux conséquences désastreuses de l’épidémie de la grippe espagnole, que
« le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres », pour faire observer que la victoire du fascisme n’a été rendue possible que grâce à la complicité des partis politiques, la complaisance des élites et l’inaptitude à se conformer et se reconnaître dans une éthique profonde.

Article19.ma

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