Par Abderrahim Manar Slimi*

Après la confirmation par un avocat du cabinet du ministre Mustapha Ramid, la nouvelle qui circule depuis environ une semaine concernant feue Jamila Bachar, qui a travaillé au bureau de Ramid depuis plus de vingt ans sans couverture sociale, il est devenu clair que le ministre Mustapha Ramid doit présenter sa démission, et il n’y a pas dans l’appel à sa démission quelque chose qui relève du complot contre le ministre ou son parti comme le disent certains.

Il est demandé au ministre Mustapha Ramid de prendre l’initiative lui-même et de présenter sa démission, comme c’est le cas dans toutes les expériences politiques démocratiques afin de préserver l’image que le Maroc a accumulée dans le domaine des droits de l’homme. Le ministre Mustapha Ramid ne devrait pas attendre son renvoi ou attendre une éventuelle initiative d’El Othmani de lui demander de démissionner, mais c’est plutôt au ministre Ramid de prendre l’initiative et de présenter lui-même une demande pour les raisons suivantes:

Premièrement: il s’agit d’un ministre occupant un poste qui n’est pas ordinaire, un ministre qui a occupé le portefeuille du Ministère de la justice et maintenant celui des droits de l’homme et des relations avec la société civile. La nouvelle a été relayée par les médias nationaux et internationaux. Ainsi, comment le ministre pourra demain défendre les droits de l’homme. Il s’agit de l’image du Maroc.

La question est que dira-t-il à Genève lors de l’examen universel approfondi lors de son exposé sur la situation des droits de l’homme au Maroc et si un défenseur ou un groupe étranger de défenseurs des droits de l’homme ou une partie hostile au Maroc interviennent pour poser cette question au ministre sur le recrutement d’une citoyenne marocaine sans couverture sociale, quelle sera alors sa réponse?

Je ne pense pas qu’il répondra en évoquant les justificatifs que l’avocat du bureau de Ramid a présentés ou les lettres signées par la famille de la défunte. Le cas du ministre Mustapha Ramid est devenu une énorme tache dans le dossier des droits de l’homme difficile à effacer avec n’importe quelle justification si Ramid lui-même continue d’occuper le poste de ministre des Droits de l’homme au Maroc.

Deuxièmement: la réunion de la commission de l’intégrité et de la transparence du Parti justice et développement pour examiner la question de feue Jamila Bachar et écouter le ministre Mustapha Ramid sur instruction du Secrétaire général et chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani est une nouvelle bourde parmi les bourdes du Parti justice et développement qui ne fait toujours pas de distinction entre les questions d’État et les questions du parti et ceci est très grave. El Othmani doit agir en tant que chef du gouvernement et représentant légal de l’État marocain et non pas en tant que secrétaire général du parti. Mustapha Ramid porte aujourd’hui la qualité de ministre avant toute autre qualité partisane. C’est une grave erreur qu’El Othmani pense au parti avant l’État.

Troisièmement: le cas du ministre Mustapha Ramid est plus grave que celui de la « Karata », du « Chocolat », de « Zbal Talian » et de « l’anniversaire » car il a une dimension interne et internationale et intervient dans un contexte difficile et particulier. Car comment le gouvernement peut-il continuer à faire pression sur les propriétaires des cafés en ce qui concerne l’enregistrement de leurs employés auprès la Caisse de sécurité sociale comme condition de travail après la période de la pandémie de Covid-19 alors que le gouvernement lui-même comprend un ministre des droits de l’homme qui ne respecte pas cette condition. Le ministre est tenu de respecter la loi avant tout le monde.

(Archives)

Le ministre Mustapha Ramid est sorti pendant la période de confinement pour désavouer le « projet de loi de Benabdelkader » et crier contre la fuite. De la même manière, il est tenu aujourd’hui de prendre l’initiative de présenter sa démission. Dire que le cabinet du ministre Mustapha Ramid distribue des aides aux familles, selon une lettre d’un avocat de son bureau ou des messages de la famille de la défunte, ce sont des choses qui prouvent que ceux qui entourent le ministre Mustapha Ramid pensent dans la limite du cercle familial et partisan alors qu’il s’agit d’une question d’État qui est plus important que la famille, le parti et le ministère.

*Professeur de science politique à l’Université Mohamed V – Rabat.

Article19.ma

1 COMMENTAIRE

  1. et dire que ce sinistre péjidien du travail est président de la commission de la cnss hurlait à tue-tête qu’il faut sanctionner sévèrement tout employeur qui ne déclarerait pas ses employé(e)s à la cnss,agissait-il de la sorte pour cacher ses dérives et ses non-déclarations à la cnss de ses propres employé(e)s?cet institution de la cnss devrait être réformée de fond en comble et un changement radical devra être opérer,des inspections à l’improviste sur les lieux du travail ne sont jamais faites,et si inspection il y a,les cupides voraces patrons sont les premiers avisés qu’une inspection viendra chez eux,des patrons qui déclarent leurs épouses,leurs enfants ou leurs frères et sœurs à la place des vrai(e)s employé(e)s qui triment pour eux,il y en a des légion,la cnss est la première coupable dans cette mascarade et dans ce marché des êtres humains

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