Des pièces paléontologiques sont extraites, vendues et exportées de façon informelle, grâce à une filière bien huilée qui joue sur l’absence de législation claire.

Abdelaziz se hisse avec peine d’un trou de dix mètres creusé dans le désert de caillasse à côté d’Erfoud, petite ville dans l’est du Maroc. Après vingt jours de labeur sous le soleil, le ramasseur de fossiles de 40 ans a sorti, de ses mains abîmées par quinze ans dans les carrières improvisées, deux grandes pierres rouges contenant des crinoïdes, animaux marins fossilisés. «Je les ai vendues 3 500 dirhams [318 euros, ndlr]. Parfois, je ne trouve rien pendant des mois», explique-t-il. Ses découvertes font vivre sa femme et ses trois enfants.

«Erfoud est réputée dans le monde entier pour le commerce de fossiles», note Hasnaa Chennaoui, de l’Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc (APPGM). «A la charnière des futurs continents américain et africain, le Maroc a vu une première ouverture d’océan avortée, avant celle de l’Atlantique. Les vies animales et végétales qui ont subi des extinctions massives ont laissé de nombreux restes retrouvés aujourd’hui sous forme de fossiles», poursuit la professeure en géologie à l’université Hassan-II de Casablanca. Ce musée à ciel ouvert attire un trafic informel et a permis la sortie de pièces de valeur, comme un squelette du plésiosaure (un reptile marin) qui a ressurgi en 2017 lors d’une vente aux enchères à l’hôtel Drouot, à Paris, et qui a depuis été restitué au Maroc.

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Article19.ma

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