Le Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (M.A.L.I.) s‘est dit « consterné »par la récente décision du ministère de la la santé de suspendre la vente au Maroc d’Artotec, un anti-inflammatoire dont une molécule provoque l’avortement. « Nous, militantes et militants de M.A.L.I. sommes consterné-e-s par cette décision qui met la vie de milliers de femmes en danger », a souligné le mouvement dans un communiqué posté jeudi sur sa page Facebook, relevant que « l’avortement libre et sans risques est une question de santé publique ».

Pour MALI, « les femmes issues de milieu socio-économique faible seront les premières victimes de cette suspension et auront recours aux méthodes moyenâgeuses », estimant que « les méthodes chirurgicales, et particulièrement celle du curetage, ne sont pas dénuées de risque surtout lorsqu’elles sont clandestines, pratiquées par des personnels de santé non qualifiés, à l’aide de méthodes dangereuses et/ou dans un environnement sanitaire inadéquat ».

« Et cela, sans compter le business lucratif pour les médecins exerçant en libéral et le ‘marché noir` – déjà existant- en milieu hospitalier et en laboratoire. (Le « Cytotec » contenant la même molécule, à savoir le Misoprostol, n’étant pas soumis à ladite suspension) », a encore souligné le mouvement dans son communiqué.

+ L’avortement au Maroc reste interdit sauf… +

M.A.L.I. a, en outre, rappelé que depuis 2012, en collaboration avec l’ONG néerlandaise « Women OnWaves », une équipe de bénévoles compétents fournit et accompagne toutes les femmes désireuses de recourir à l’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, et fournit, gratuitement, lorsque cela s’avère nécessaire, une boîte d’Artotec, aujourd’hui suspendu de la vente.

Justifiant cette décision, Ouadie Zerhouni, directeur par intérim de la division du médicament et de la pharmacie au ministère de la Santé, a déclaré à TelQuel que « le centre antipoison a noté que le produit (Artotec) est utilisé dans les cas d’avortement. Or, il est interdit d’utiliser un médicament en dehors de sa prescription principale ».

L’avortement au Maroc reste interdit sauf notamment dans les cas où la grossesse présente un danger pour la mère. En juin 2016, un projet de loi élargissant le droit à l’avortement a été présenté au parlement mais il n’a pas encore été adopté.

Ce projet élargit le droit à l’avortement au Maroc aux cas de viol, d’inceste, de handicap mental ou de malformation très grave du fœtus.

COMMUNIQUÉ DE PRESSELe Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (M.A.L.I.), mouvement féministe,…

Publiée par Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles – Maroc sur Jeudi 16 août 2018

Article19.ma

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