Par Ahmed Ifzaren*

Notre presse est dans un état anormal…

… Bref : « Le Syndicat national de la presse marocaine » est fini !

Le temps de le remettre en l’état de l’intérieur est passé… « ses dirigeants » n’écoutent personne…ils ne reconnaissent personne…

Ils sont les seuls qui savent, comprennent, analysent et agissent….

Et ils détiennent des secrets qu’ils ne partagent avec personne !

Il n’est pas nécessaire de discuter avec eux de démocratie et de participation…

Le résultat est que nous avons atteint la ligne d’arrivée…il n’y a nul besoin d’autres discours…

« Le syndicat » a réussi dans une seule chose, à savoir, diviser les journalistes…

La division est ce qu’il a réussie…

Et qui parie sur « le syndicat », que ce soit de la part de certaines institutions de l’Etat ou des partis, est comme celui qui parie sur un vide absolu…

Ils vous feront part de toute la littérature de la calomnie, des promesses sans fin et n’attendez pas leur mise en œuvre… En bref : Des parleurs inefficaces ! S’ils sont efficaces, c’est juste pour eux-mêmes, seulement…

Ce « syndicat » n’a aucune valeur, comparée à ce qu’il était dans les années soixante, quand il a été fondé pour combattre la « presse Mas » …

La différence est grande entre les syndicalistes de cette époque là, et après, et ceux qui, aujourd’hui, sont à la tête du syndicat, au nom de deux partis : « l’Istiqlal et le Socialiste » …

Demandez aux journalistes des publications des deux partis, et même au parti « progressiste » qui a expulsé les journalistes et n’ont pas trouvé dans le « Syndicat de la presse » une protection et une défense de leurs droits…

Ils ont trouvé devant eux un syndicat qui exploite leurs noms seulement…

Et ne résout pas les problèmes…

Tout comme c’est arrivé à nos collègues des deux journaux du « Parti des indépendants », dont « Almitaq alwatani » …

Le « syndicat » maîtrise seulement la bouffonnerie…

Pas de solutions …

Et des partis pensent encore que ce « syndicat » est capable de défendre médiatiquement « l’Istiqlal et le socialiste » …

Deux partis qui se moquent des journalistes marocains sous le couvert et avec la collusion du « syndicat » …

Le « syndicat » joue sur trois fronts : l’instance partisane, le corps de la presse, et une quelconque partie au « ministère de tutelle » …

Il joue la carte de la presse imprimée, comme si tous le monde était stupide …

Alors que le temps de la presse imprimée est terminé …

Le « syndicat » n’a même pas assimilé le sens des noms successifs du ministère de la Communication :

Il s’appelait « Ministère de l’Information », pendant les années soixante du temps du papier, de l’impression et de la distribution …

Puis, il a changé de nom parce que les médias ne sont pas seulement imprimés, mais qu’il y a aussi la radio, la télévision et le cinéma …

Aujourd’hui, le ministère porte un autre nom celui de ministère de la Communication …

La communication englobe encore un champ plus large que celui des médias …

Et il comprend de nouveaux médias, des réseaux sociaux, tout ce qui est Internet, et ce qu’on appelle le « journalisme mobile » : le téléphone mobile qui contient des applications capables de faire du « mobile » englobant la presse, les médias et la communication, et tous les supports audiovisuels …

Le journalisme mobile est aujourd’hui le plus actif au niveau mondial …

C’est ce journalisme qui agit et interagit avec les sociétés, y compris des millions de Marocains …

Et les dirigeants du « syndicat » ne savent peut-être pas … font fi … ou font semblant, eux et ceux qui mènent leurs partis vers l’inconnu et qui monopolisent « le syndicat » …

Le « syndicat » aurait dû changer son nom pour être au diapason de la communication, ou le Multimédia ou les « nouveaux médias », qui signifient un seul appareil dans lequel sont réunis le texte, le son, les graphiques, l’image, la vidéo et des applications interactives …

Où en est le « syndicat de la presse » par rapport aux groupes professionnels marocains de ces divers médias, à l’intérieur et à l’extérieur et même dans nos villages les plus lointains ?

S’il savait, c’est un problème …

S’il ne savait pas, le problème est pire …

Dans tous les cas, il n’est pas exempt de mauvaise gestion … Ceci est un autre sujet … complexe et long …

Brièvement la question est la suivante : pourquoi le « syndicat » a-t-il exclu la participation de la majorité des professionnels au débat national, et donc aux élections du Conseil national de la presse ?

On dit qu’il est le plus représentatif sur la scène professionnelle marocaine …

Il se peut qu’il soit une « majorité », mais dans la présentation de « pièces », c’est à dire qu’il joue et théâtralise pour ses partis, dans le cadre d’un jeu conjoint : le jeu de suggérer que les deux partis contrôlent tout le champ de la presse marocaine et qu’ils étaient les seuls à avoir produit toutes les lois relatives à la presse et à la toile, et à avoir mis fin au laxisme dans la profession et au dépassement de tous les sites électroniques et autres…

Et ça c’est le plus étonnant …

Et en tout cas, c’est un discours creux …

Les deux partis, avec eux le « syndicat », restent sous l’œil vigilant de ceux qui tirent les ficelles…

Ni le « syndicat » ni ses lois ne servent personne … et ne servent le pays…

Et les deux partis sont les plus vulnérables à la désinformation … Et ils vont récolter les fruits amers des mauvaises graines que leur a semées le « syndicat » dans un terreau empoisonné…

Le « syndicat » continue de jouer la carte de « l’intégrité territoriale » !

L’Etat -dans sa longueur et sa largeur- a-t-il besoin d’un syndicat pervers pour défendre la « première cause nationale » auprès des organisations des médias en Europe ?

Un syndicat qui défie tout le monde ..

Et il n’est ni utile ni productif ni pour l’Etat ni pour les partis !

Surtout pour les deux partis induits en erreur, lesquels se relayent depuis les années 1960 à la direction du Syndicat de la presse et de « l’Union des écrivains marocains » …

Deux partis qui, dans leurs publications, n’écoutent pas les professionnels, et ne comprennent donc pas que la presse imprimée est en voie d’extinction…

Et que l’avenir est aux nouveaux médias …

Ce « syndicat » ne nous représente pas…

Et il n’est pas une « majorité représentative » …

Il continue de se moquer de nous tous …

Et de jouer la carte du papier imprimé… Cela n’existe plus chez nous et chez d’autres, suffisamment pour produire une grande presse imprimée …

Et l’impression a changé … et ne trouve plus des journaux à imprimer …

La distribution diminue progressivement dans tout ce qui est culture, et s’oriente vers la distribution de biens et de denrées alimentaires…

La presse papier est en train de mourir …

C’est une réalité … sous nos yeux…

La technologie attire les jeunes vers le téléphone portable…

Le « journalisme mobile » est le présent et le futur.

– Fin du discours !

 

*Fondateur de la section du nord du Syndicat de la presse
Ancien membre de la commission d’arbitrage du syndicat

 

Article19.ma

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