Débat – Maroc : « Le retard, les résistances et les enjeux… » de la régionalisation avancée… (Vidéo)

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« L’avenir du Maroc c’est la régionalisation, l’avenir de la démocratie c’est la réussite de la régionalisation…et le succès du développement économique c’est la régionalisation », affirme le politologue, Mustapha Sehimi.

C’est au cours d’une émission live « L’Info En Face » du journal Le Matin du Sahara que Mustapha Sehimi, professeur de droit et politologue, a débattu sur ce qui « retarde » le processus de régionalisation avancée.

Pour le juriste, ce retard est principalement dû au fait qu’il existe une certaine rigidité politique et administrative. « Nous sommes formaté par un Etat unitaire et centrale » dit-il, « les acteurs ne sont pas prêts de changer de paradigme pour se risquer vers une régionalisation qui n’est pas maîtrisée. »

En effet, la loi sur la déconcentration (qui induit la réduction des compétences de l’Etat central au profit des collectivités territoriales) est toujours au cœur du débat public au Maroc. Selon Sehimi, les administrations centrales font de « la résistance au changement » et possède un état d’esprit entièrement défavorable à la régionalisation.

La solution : « Ce qui permettrait à ce processus d’avancer serait pour lui une ferme injonction royale concernant la loi sur la déconcentration, pour que cette régionalisation ait une chance de réussir. »

Cependant, depuis l’annonce de ce projet dans la Constitution de 2011, il n’y a pas eu de grands changements, ni un quelconque engagement, ce qui provoque un certain scepticisme chez les citoyens.

Ce modèle inspiré du modèle français, peine à trouver sa place. Pour Mustapha Sehimi, les acteurs doivent s’adapter à une toute nouvelle répartition, comme par exemple la création du poste de président du conseil de région en plus de celui du wali, explique-t-il.

Sehimi relevé au cours de ce débat, que « le modèle économique marocain génère de l’inégalité » et que de ce fait, les douze régions doivent et devront être traitées différemment. Il insiste donc sur la nécessité de « revoir le système fiscal afin qu’il varie selon les régions, ces dernières n’ayant pas le même niveau de développement ni les mêmes besoins. »

Le problème majeur réside également dans la difficulté pour les partis politiques de s’adapter à une régionalisation de leur structure et dans ce sens déconcentrer leur pouvoir. C’est pour cela que Monsieur Sehimi insiste sur l’importance d’une dynamique sociale pour qu’un changement du système s’opère.

Enfin, le dernier enjeu pour le politologue est de donner « une forme à la démocratie participative ».

Grâce à la régionalisation, les citoyens seront en mesure de pétitionner, la création de direction d’écoute et de doléance est aussi prévue. Cependant tout cela ne sera possible qu’après 20 ou 30 ans, et ce, seulement si ce projet devient plus qu’un discours, ajouta-t-il.

Article19.ma

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