Cet instituteur qui se croyait « Prophète » (Vidéos)

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Le poète Égyptien Ahmed Chaouki, l’un des pionniers de la littérature moderne, faisait l’éloge des instituteurs dans la lutte contre l’obscurantisme et l’analphabétisme au point de comparer leur mission à celle d’un « Prophète » (كاد المعلم ان يكون رسولا) .

C’était au début du siècle dernier, une époque où les instituteurs étaient respectés et respectueux de leur mission. Mission qui exige sagesse, pédagogie et surtout beaucoup de patience car l’enseignant incarne un rôle moral notamment celui du père à l’école et parfois de l’ami et du confident de l’élève en cas de besoin.

Les enseignants sans exception citent par coeur et avec fierté les premiers vers de ce poème inoubliable composé par le « Prince des poètes », qui par ailleurs incitent les élèves au respect quasi religieux des instituteurs qui « auraient pu être Prophètes ».

Toutefois, il ne faut pas se perdre en conjectures car le poète parlait au conditionnel et certains de nos professeurs croient dur comme fer qu’ils sont effectivement des « Prophètes », des hommes au dessus de la mêlée.

Et pour illustrer cet état des choses (vidéos à l’appui), il est fort utile de rappeler seulement deux incidents qui se sont produits ces dernières années au Maroc et qui ont provoqué l’indignation des Marocains. L’incident de la fillette dans une école primaire à Kénitra en 2014 qu’un instituteur tournait en bourrique devant ses camarades car elle ne savait pas écrire le chiffre 5, et cette semaine, le mouaalim de mathématiques « fou furieux » qui administra des claques à une pauvre élève qui apparemment n’était pas, à ses yeux, de la trempe d’Albert Einstein.

Heureusement que le Ministère de l’Éducation Nationale est là pour agir vite et rappeler à l’ordre ceux qui s’estiment investis d’une mission divine et qui se croient au dessus de la loi. Dans les deux cas de figure le Ministère a pris les décisions qui s’imposent mais le mal n’est-il pas déjà fait?

Parfois certaines familles se demandent pourquoi leurs enfants ne sont pas motivés à poursuivre leur cursus dans l’école publique et seraient une proie facile à l’abandon des études dès que des obstacles se dressent devant eux?

Et loin de donner des leçons à quiconque, on est en droit de s’interroger:

  • Quelles valeurs véhicule l’école publique et quelles valeurs prônent ses enseignants?
  • Ces enseignants reçoivent-ils des formations régulières de mise-à-niveau et d’adaptation aux changements socio-culturels et technologiques que connaît le monde d’aujourd’hui?
  • Y a t-il un dialogue permanent et horizontal entre enseignants, parents et élèves ou plutôt un dialogue vertical hiérarchisé de haut en bas? En d’autres termes: le dialogue du « Prophète » avec ses disciples?

A rappeler que le manque de dialogue aboutit parfois à la violence comme seul moyen de résoudre les problèmes entre enseignants et élèves. Un exemple: en novembre 2017 à Ouarzazate, une vidéo sur Youtube montrait un élève boxer son professeur en classe… du jamais vu ou presque dans les annales de l’enseignement au Maroc.

Et la violence dans l’école publique, c’est toute une histoire…

Voici les vidéos :

1 – L’élève tabassée à Khouribga

2 – L’écolière tournée en bourrique à Kénitra

3 – Un lycéen tabasse son professeur à Ouarzazate

Article19.ma

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