Quand un barbu « rend hommage » à la femme…

share on:

Par Ahmed Assid

Cet article n’est pas pour en vouloir ou nous moquer du docteur Ahmed Raissouni, mais seulement pour corriger les données exposées dans son article intitulé « Rendre hommage à la femme de manière moderniste » et qui sont incorrectes en ce sens qu’elles sont démenties par la réalité aussi bien au Maroc que dans les pays occidentaux développés.

Monsieur Raissouni a construit ses jugements et ses arguments sur des données imaginées et ayant court dans les milieux islamistes dans le but de l’endoctrinement idéologique ce qui en fait des jugements incorrects et éloignés de la réalité.

La première question qui vient à l’esprit du lecteur est : Pour qui ce prédicateur a-t-il écrit son article lequel semble avoir été écrit dans l’émotion et en l’absence de la raison et de la réflexion rationnelle ? Nous posons cette question parce qu’il m’apparaît que les données qu’il présente semblent comme si elles sont adressées à des personnes isolées du contexte de la vie contemporaine, enfermées dans une grotte abandonnée loin de la réalité, car il n’est pas possible pour des gens qui voient et vivent avec nous dans la réalité dans laquelle nous vivons et savent ce que nous savons comme données sur notre réalité et la réalité des des pays développés de croire les paroles du Cheikh.

Si ses paroles étaient adressées aux modernistes alors il sera comme celui qui vend de l’eau dans le quartier des porteurs d’eau car il parle d’un sujet qu’ils savent mieux que quiconque. Mais si ses paroles étaient adressées à ses disciples alors je ne pense pas que les sages parmi eux le croiront, parce qu’ils connaissent la réalité, même si son discours s’adressait aux enfants du mouvement islamique, ceux qui sont réveillés dans les colonies de vacances pour la prière de l’aurore à trois heures du matin alors il ne sera pas plus chanceux avec eux, car les enfants d’aujourd’hui connaissent tout à travers Internet sur la vie des sociétés avancées et développées.

Le docteur en loi Islamique a écrit : « Il ne fait aucun doute que les conditions modernes de la femme lui ont permis de bénéficier de nombreux droits, acquis et positions sociales, politiques et financières qui méritent d’être appréciés et soutenus ». Ce sont des propos justes mais il a peur que « les frères » les comprennent comme un éloge de l’Occident et une admiration pour la modernité et il a ajouté pour se rattraper à la manière des « frères » dans leur entêtement et leur détermination à ne reconnaître à l’Occident aucune vertu : « Sauf que celui qui regarde les choses sans exaltation et les examine sans aliénation, trouvera des femmes noyées dans des formes douloureuses et des situations honteuses d’humiliation et de souffrance moderne et moderniste ». Et de donner l’exemple de la prostitution organisée, le métier du massage, le harcèlement sexuel dans les forums et les institutions, les mannequins et les miss beauté, et les épouses des présidents et des leaders.

Le problème avec ce que Monsieur Raissouni a mentionné au sujet des conditions dégradantes des femmes occidentales est que ces situations ne correspondent pas à ce qui est de mieux chez nous. Le lecteur des propos du Cheikh croira que les musulmans disposent dans le passé ou dans le présent de ce qui est encore mieux que dans la modernité alors que nous n’avons rien dont nous pouvons être fières au sujet de la femme, ni dans notre sombre passé ni dans notre présent imparfait, ce qui rend les propos du Cheikh étranges et dénués de sens.

Le prédicateur veut les fruits de la modernité et ses acquis, mais dans le cadre d’un système traditionnel antique encadré et gardé par les cheikhs, ceci est impossible parce que si le système traditionaliste pouvait atteindre les acquis de la modernité, il l’aurait fait depuis longtemps au Soudan, en Arabie Saoudite, en Iran et chez les Talibans et l’Etat islamique en Syrie et en Irak. Il aurait même pu réaliser cela pendant l’Etat du Khalifat qui a duré quatorze siècles sans que les femmes quittent le harem de mauvais souvenir et atteindre le statut qu’elles connaissent aujourd’hui en jouissant du droit à l’éducation et au travail et en participant à la construction et à la promotion de la nation.

Examinons ce qu’a rapporté l’érudit comme information et examinons sa validité et son exactitude, notamment en ce qui concerne les positions du mouvement des femmes et des droits de l’homme au Maroc et les positions de la mouvance moderniste : commençons par le sujet de la « prostitution réglementée ».

Monsieur Raissouni a écrit : « Peut-être que la pire des formes d’humiliation moderniste envers les femmes est la prostitution réglementée et reconnue ». Il a estimé que cette prostitution réglementée est pire que l’esclavage, qui était dans le passé (sic!), nous allons fermer nos yeux sur cette dernière considération qui ne mérite pas une réponse car c’est inutile, en ce sens qu’il s’agit de propos qui ne peuvent être la fait d’une personne raisonnable, et il nous suffit la réponse convaincante à ce sujet du professeur Saïd Alkihel, tout comme nous nous contentons de dire que le passé de l’esclavage dans toute son horreur était « un système légitime » dans l’Islam pendant 1400 ans, et ce système n’a été aboli au Maroc qu’avec l’entrée des armées françaises qui ont mis fin aux marchés d’esclaves dans notre pays. Est-ce que le Cheikh s’est rappelé ce qu’ont écrit nos érudits à ce moment où lorsqu’ils ont condamné l’interdiction de l’esclavage et l’ont considéré comme « une hérésie occidentale ».

Quant à la prostitution réglementée, le prédicateur a commis une grave erreur en considérant que la réglementation ajoute à l’humiliation des femmes et à la perte de leur dignité, comme si la prostitution non réglementée, comme celle qui se répand parmi nous, rend hommage aux femmes et les glorifie. Pour que le Cheikh comprenne la philosophie derrière la réglementation de la profession de prostitution en Occident, il doit comparer la prostitution réglementée en Occident à la prostitution dans les pays musulmans, qui n’est ni réglementée ni organisée. En Occident, la femme qui exerce la prostitution a des papiers qui prouvent sa profession et jouit de la sécurité en premier lieu en ce sens que l’Etat la protège des agresseurs. Elle jouit aussi du droit à un suivi médical, alors que les femmes marocaines qui se livrent à la prostitution sont exposées – en plus à la perte de leur dignité dans la prostitution- à tous les types d’abus, que ce soit de la part des services sécuritaires dans les postes de police ou de la part des clients.

En Occident, nous constatons aussi que grâce aux examens médicaux réguliers, les femmes et les clients sont protégés contre les maladies alors que dans les pays musulmans où l’hypocrisie sociale, le mensonge et la corruption prévalent, les femmes et les clients sont exposés aux maladies sexuellement transmissibles. Il n’y a pas de place ici à la prédication religieuse parce que ça ne marche pas, on ne peut pas arrêter le besoin sexuel en prêchant comme tout le monde le sait, mais en prenant des précautions nécessaires strictes, qui ne sont pas les interdictions lesquelles ne servent à rien -non plus- mais par la réglementation. Les sociétés musulmanes fournissent la plus grande preuve de ce que nous disons, mais les érudits musulmans ne partent jamais de leur réalité.

Il n’y a pas de doute que la prostitution est un métier qui porte atteinte à la dignité, il n’y a rien de pire qu’une femme qui est obligée de vendre son corps, mais les sociétés modernes ont compris l’impossibilité d’y mettre fin et elles l’ont traité avec réalisme et dans le cadre du principe de la citoyenneté. Et elles ont considéré ce métier comme « un mal nécessaire » et tant que c’est ainsi il faut absolument une réglementation pour protéger les femmes et les clients.

Il ressort clairement de ce qui a été dit l’erreur du docteur Rissouni, l’interdiction de la prostitution et sa non-réglementation ne conduit pas comme il le prétend à un meilleur résultat, mais bien au contraire. En ce sens que la prostitution continue d’exister et s’exerce dans des circonstances qui entraînent des problèmes supplémentaires tels que la maladie, la violence et la criminalité. Celui qui refuse un phénomène négatif doit offrir des alternatives possibles, pas seulement le rejet et l’appel à l’oppression et à la répression, car les femmes qui exercent la prostitution n’ont pas choisi ce métier mais y ont été poussées par l’oppression sociale et la marginalisation.

D’autre part, il semble que le problème du cheikh est qu’il ne pouvait pas sortir de la doctrine de « la centralité de l’homme » intrinsèque à la pensée traditionnelle islamique, et c’est pour cela qu’il a été incapable de réfléchir sur la femme occidentale à partir de sa réalité qui est complètement différente dans ses tous aspects de celle à la base de sa pensée, lorsqu’il a dit : « Dans la prostitution, la femme prostituée est utilisée par n’importe qui ». Cela nous rappelle les discours des érudits sur « la copulation », qui parlent de l’homme « montant » la femme et jouissant d’elle comme si la femme était une poupée sans se rendre compte que dans le phénomène dont il parle les deux parties utilisent l’un l’autre.

L’homme couche avec la prostituée pour son plaisir personnel et la femme aussi utilise ses clients pour leur argent et pour pouvoir subsister.

Parmi les erreurs du Cheikh dans sa comparaison étrange entre la prostitution et l’esclavage, ses propos selon lesquels « la prostitution a été laissée aux femmes seules, c’est une pure humiliation des femmes ». En fait, Cheikh n’a mené aucune étude de terrain pour découvrir l’existence de la prostitution des femmes et de la prostitution des hommes aussi. Il ne s’agit pas seulement là de la prostitution homosexuelle, qui est répandue dans tous les pays du monde, y compris le Maroc, mais aussi de la prostitution d’hommes que des femmes riches paient pour le plaisir qu’ils leur procurent. Il s’agit de phénomènes que l’esprit de l’érudit ne pourrait pas comprendre.

Jusque là, nous n’avons parlé que des méconnaissances de l’érudit, mais il ne s’est pas contenté que de cela. Il y a ajouté des erreurs d’estimation de la réalité, le mensonge sur le mouvement des femmes, sur les modernistes et sur les défenseurs des droits de l’homme, quand il a considéré que « les militantes, défenseuses des droits de l’homme et modernistes ainsi que leurs camarades masculins n’étaient pas préoccupés par la question de la prostitution, mais qu’ils coexistent avec elle et que certains d’entre eux la défendent. La raison en est que c’est un exercice qui a obtenu le soutien moderniste occidental ».

En fait, le mouvement des femmes a une position claire sur la prostitution qu’il considère comme un fléau social reflétant un phénomène de marginalisation des femmes et sa privation d’accès au travail. Le mouvement des femmes contrairement aux propos de l’érudit mettent en lumière les causes du phénomène et proposent des alternatives pour le faire diminuer. Ils montrent à travers des statistiques précises que l’accès des femmes au travail se situe entre 27 et 31% dans le meilleur des cas, et appellent à cet égard l’Etat à mettre fin à la discrimination afin que les femmes aient des conditions de travail qui leur assurent une vie digne.

A cet égard, nous demandons au Cheikh érudit de nous informer des documents du mouvement des femmes dans lesquels ils soutiennent la prostitution ou appellent à sa pratique comme il l’a prétendu.

Le prédicateur a commis une autre erreur quand il a confondu les libertés individuelles, les relations sexuelles en dehors du mariage et la prostitution en affirmant : « les associations des droits de l’homme et de femmes chez- nous sont très préoccupés par la lutte pour la levée de l’interdiction et de la criminalisation des relations sexuelles en dehors du mariage, ce qui développera encore la prostitution et la rend accessible à tout le monde».

Alors qu’il n’y a aucune relation entre les deux, la pratique sexuelle individuelle résultant de l’amour ou de la relation amicale aboutissant à une relation sexuelle consentante sans aucun viol ou agression n’est ni une prostitution ni un crime, parce que ce n’est pas un métier et n’a pas été faite pour l’argent ou pour gagner de quoi manger ou dans le but de nuire, mais il semble que le Cheikh saute d’un sujet à l’autre pour régler ses comptes avec les libertés qui le préoccupent, parce qu’il ne trouve pas de place pour elles dans le système intellectuel patrimonial.

Le Cheikh ne s’est pas contenté seulement de ces erreurs, mais il y a ajouté, en sautant de la prostitution à ce qu’il appelle « le mariage des filles mineures », en disant : « Nous trouvons que la lutte des modernistes chez-nous, plutôt que de se préoccuper du problème de la prostitution, et au lieu de la placer à la tête de leur combat des droits de l’homme, nous trouvons qu’ils inventent et s’engagent dans une bataille permanente contre ce qu’ils appellent » le mariage des mineurs ».

En poursuivant les mensonges et les finasseries sans aucune honte il a ajouté : « Cela signifie que la guerre contre le soi-disant  » mariage des filles mineures « vise à empêcher le mariage à ceux qui sont dans les dix-septième et dix-huitième années ».

En fait, c’est un phénomène sérieux, qui ne peut être accepté par un esprit sain à savoir permettre le viol des filles à l’âge de sept, neuf et douze ans, à Midelt et à Ouarzazate et dans d’autres régions, et il suffit de jeter un coup d’œil, par exemple, sur le rapport de l’association « Etto » qui détient tous les détails et les chiffres concernant cette question. Le viol des filles au nom du mariage ne peut être le fait que de malades mentaux, et sa justification dans l’article 20 du Code de la famille est une exploitation d’une situation exceptionnelle et sa transformation en une règle jusqu’à ce que nous soyons arrivés à une situation catastrophique laquelle fait que le taux de viol de mineurs sous le couvert du mariage a atteint en 2016 plus du double de ce qu’il était il y a dix ans (dépassant les 45.000 cas).

Ce qui est drôle est que le Cheikh parle des « dix halals » (les 10 autorisés par la religion) alors qu’il parle du sujet de viol des fillettes, et ce qu’il ne sait pas ou ne veut pas savoir est que les statistiques disent que le sort de la grande majorité des filles mariées / violées avant l’âge légal est le divorce après un ou 2 ans avec un ou deux enfants. Ce qui est étrange est qu’aucun des érudits et des juges ne remarque que la raison du divorce est que la fille ne peut pas supporter les responsabilités du mariage parce que son développement psychologique et mental est incomplet, croyant que la croissance physiologique est suffisante pour la « consommation sexuelle » de la fille.

La seule solution à cette réalité déplorable est d’amender le code de la famille pour supprimer cette exception qui permet le viol des mineurs au nom du mariage, dont les résultats catastrophiques sont devenus évidents. Pour être d’accord avec nous, nous demandons au docteur Rissouni d’imaginer sa petite fille, entre 7 et 12 ans, épouser un adulte et la priver de ses études, dans ce cas il changera sans aucun doute son point de vue immédiatement.

Nous souhaitons une société sans prostitution, dans laquelle tout le monde vit dignement, mais nous devrons trouver un travail digne pour chaque citoyen et chaque citoyenne. Le Cheikh semble n’avoir d’autre solution que la rhétorique, la réprimande et la diffamation.

– Le harcèlement sexuel dans les institutions

Monsieur Raissouni a écrit : « La question de la propagation du harcèlement sexuel à l’encontre des femmes et des filles, des filles et des élèves, et ce qu’il représente comme humiliation pour elles, est devenu sur toutes les langues et n’est plus un sujet de discussions discrètes lors de rencontres privées ou occasionnelles, de rumeurs ou de rapports et d’enquêtes de presse occasionnelles, ou encore dans les récits d’une telle ou telle artiste audacieuse ».

L’érudit ne fait pas attention au fait que le sujet, dont il parle, est considéré comme un des crimes punissables par la loi, alors qu’il en a parlé comme s’il était d’usage et acceptable au nom de la « modernité occidentale ». En réalité, celui dont il a été prouvé avoir commis un harcèlement, avoir usé de sa position hiérarchique ou exploité la faiblesse d’autrui pour les violer ou les harceler sexuellement est poursuivi et écope des sanctions les plus dures.

Cela se passe au Maroc, et encore plus dans les pays développés, avec une différence naturellement entre les pays développés et les pays sous-développés des musulmans. La différence est que dans ces derniers, peut être, le mis en cause peut échapper à la punition s’il est un proche du décideur, d’une personne influente, ou s’il est très riche et pourrait corrompre des fonctionnaires et des juges corrompus.

Le harcèlement sexuel n’est donc ni un fruit de la modernité, ni un de ses points positifs, mais ce qui est le fait de de la modernité c’est le travail de la femme, sa sortie dans l’espace public, sa participation aux côtés des hommes à des activités dans tous les domaines et d’avoir prouvé sa compétence et son indépendance. C’est ce qui conduit des hommes sans scrupule à commettre des erreurs et des abus qui ne sont pas acceptables par le bon sens, comme le harcèlement, le viol et le chantage, selon ce qui est entre leurs mains comme pouvoir, ceci est sans lien avec la modernité. Je ne sais pas où l’érudit a trouvé que toutes ces déviations (qui ne relèvent pas de la sphère des libertés et des droits) sont des principes de la modernité ou parmi ses valeurs et ses effets souhaités.

Ce que nous savons à cet égard est que durant la phase prémoderne a connu dans les pays musulmans des choses répréhensibles, en ce sens que ces pays ont été noyés dans la féodalité et l’oppression hormis certaines zones qui ont été en mesure de se protéger contre le pouvoir des gouvernants et des influents. Sous l’Empire ottoman, par exemple, les dirigeants brutaux excellaient dans la persécution et l’humiliation des gens. Et parmi leurs méthodes d’humiliation et d’assujettissement le viol des femmes et des filles de manière brutale, et parmi les vestiges de ces anciennes méthodes qui prévalaient sous le califat islamique ce que faisaient les fils des chefs militaires arabes comme les fils de Saddam Hussein, qui n’hésitaient pas à enlever et à violer des filles dont ils apprennent la beauté. Ce sont des pratiques horribles qui ne peuvent pas survenir en Occident moderne.

C’est pourquoi nous sommes surpris par l’affirmation du cheikh sur les défenseurs des droits de l’homme lorsqu’il dit : « Où sont les organisations et les personnalités des droits humains de l’étendue de cette catastrophe ? Ou bénéficient-elles de la tolérance et de l’empathie parce qu’il s’agit d’un comportement libéral moderne ? Ou sont-ils préoccupés par le problème du mariage des « mineures » ?

Les défenseurs des droits de l’homme n’acceptent pas ces pratiques et les considèrent comme des crimes, et les positions du mouvement des femmes sont bien connues par tous ceux qui suivent de près les problèmes du pays, et le cheikh devait connaître la littérature des défenseurs des droits de l’homme et des mouvements démocratiques pour être au courant.

Quant à la raison pour laquelle les défenseurs des droits de l’homme s’intéressent à la question du tutorat sur les filles c’est parce que ce phénomène conduit à la dislocation des familles et porte atteinte aux droits des filles et des femmes et abouti à des fléaux sociaux dont la privation des filles et des femmes d’un foyer après le décès du père ou de la mère. Les érudits et les théoriciens de la Chariaa devraient être proactifs dans la recherche de solutions pour éliminer l’injustice au lieu de la consacrer au nom du fiqh et de la Chariaa.

Mannequins et Miss beauté :

L’érudit a écrit « ceci est une autre farce et une autre humiliation avec laquelle se divertissent les gens au détriment de la femme et de sa dignité. Les concours de miss beauté, et les défilés de mode sont des humiliations par excellence qui ne permettent pas la compétitivité. Ce sont des occasions où la valeur de la femme se limite à plaire aux spectateurs avec son corps, sa minceur, sa grâce, ses mouvements et ses vêtements et ce qu’ils laissent entrevoir de son intimité afin qu’elle profite de leurs applaudissements et de leur argent ».

Ce texte révèle que la vision de l’érudit de la femme n’a pas changé malgré toutes les mutations que la réalité humaine a connues. Pour lui, la femme est un objet de désir qui doit être couvert de draps sombres, c’est une créature sans esprit, sans personnalité ni formation. Le Cheikh n’a fait aucun effort pour comprendre comment se déroulent les concours de miss beauté au niveau mondial, et quels sont les critères de sélection de miss beauté et son couronnement. Il croit qu’il s’agit d’un concours de minceur et d’exhibition des corps seulement.

Il ne sait pas que la candidate au concours de miss monde, par exemple, doit s’y préparer, pas corporellement seulement, mais aussi intellectuellement et culturellement. En ce sens qu’elle fournit un grand effort pour acquérir une grande culture générale ce qui la pousse à beaucoup lire car elle sera interrogée sur ses connaissances. Le Cheikh ne sait pas que les candidates concourent aussi pour les projets qu’elles portent et que ces projets sont d’utilité pour l’humanité. Il ne sait pas non plus que parmi les conditions de la participation l’exigence d’avoir une vision humaniste concernant l’avenir de la terre et les causes des peuples, en ce sens qu’elles sont interrogées sur les questions liées aux guerres, à l’environnement, la migration et la pauvreté entre autres et qu’elles doivent présenter les meilleures réponses à ces questions, et parmi les candidates il y en a qui font connaître leurs pays d’origine, sa culture et sa civilisation à travers la presse.

Tout ceci ne l’a pas vu l’érudit et il ne s’est soucié que du corps des candidates, car chacun réfléchit dans les limites de son esprit. Les érudits sont connus pour s’attacher aux apparences et ne cherchent pas à chercher dans les profondeurs des choses. C’est la cause même de leur différend avec les philosophes, les écrivains, les poètes et les intellectuels depuis toujours.

Les épouses des chefs d’Etat et des leaders :

A ce sujet, Monsieur Raissouni a écrit : « Une des traditions modernes que généralement les gens et particulièrement les femmes considèrent comme l’une des gloires réalisées par les femmes est l’accompagnement protocolaire des épouses des dirigeants politiques de leurs maris. Et partout où le chef de l’Etat et le leader se trouve et là où il va sa femme apparaît derrière lui ou à côté de lui. Elle échange les bises et prend des photos avec ses invités ou hôtes. Et elle peut même se voir comme la femme la plus heureuse du monde parce qu’elle est la première dame…alors que tout ça sont de fausses illusions.

Une fois de plus, le Cheikh tombe dans une autre erreur par manque d’information, il pense qu’il peut parler de ce genre de questions. Le Cheikh aurait dû consulter certains de ses collègues des ministres du Parti de la Justice et du Développement ou certains cadres parlementaires du parti pour qu’ils l’informent des programmes des épouses des chefs d’Etat et lui préparer un dossier à ce sujet. Afin de lui monter son erreur, il suffit de lui donner quelques exemples : La première est que l’épouse du président américain Clinton est devenue ministre des Affaires étrangères après avoir accompagné son mari, et elle s’est même présentée à la présidence des Etats-Unis d’Amérique, alors comment cela s’est passé si elle était juste un décor ? Est-ce que les Américains ne croient pas en la compétence et l’expertise ?

Le deuxième exemple fera sans doute honte au Cheikh. En 2015, la première dame des Etats-Unis, Michelle Obama, est arrivée au Maroc. L’objectif de la visite était d’encourager l’initiative américaine « Let the girls learn » (laisser les filles apprendre), lancée en faveur de la scolarisation des filles, notamment dans les campagnes. La première dame est venue d’Amérique pour encourager les Marocains à laisser les filles apprendre dans les écoles et à discuter avec eux des obstacles qui les empêchent de terminer leurs études. Elle ne sait pas que dans le pays où elle est il y a un érudit nommé Ahmad Rissouni qui considère le viol des filles au nom du mariage comme un « accouplement permis par la religion (halal) et appelle à sa consécration.

Le troisième exemple concerne la femme du président chinois, qui a impressionné les gens par sa simplicité, sa compétence et ses activités, en ce sens qu’elle a œuvré avec beaucoup de succès pour améliorer l’image de son pays à travers le monde.

Au fait, les épouses des présidents dans le monde développé ne sont pas moins occupées que leurs maris, et peut-être le Cheikh confond les épouses de ces présidents avec les épouses des princes du Golfe qui passent le temps dans le shopping et l’achat des bracelets d’or, du diamant et à se faire belle devant les miroirs et à s’engraisser en se préparant à recevoir le Prince dans la soirée. Le cheikh ne comprend pas que dans les pays occidentaux et dans les pays d’Extrême-Orient, personne ne peut rester sans travail et sans activité et que ce genre d’oisiveté n’existe que dans les pays musulmans (notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) au point que dans les pays occidentaux leur oisiveté et leur arriération mentale est devenue une de leurs caractéristiques et vous les voyez chercher en Occident les pensions de chômage pour en vivre en fuyant le travail.

Les épouses des présidents, notre Cheikh, ont des programmes de travail intenses dans les domaines de l’action sociale, de l’éducation, de l’enseignement, de la migration, de l’environnement et d’autres domaines. Plusieurs d’entre elles ont fait de grandes choses que seuls ceux qui apprécient les bonnes actions peuvent voir.

A chaque fois, les femmes des présidents sont classées au niveau mondial selon des critères tels que : qu’elle soit un modèle dans son action, ses préoccupations et ses goûts, même dans sa façon de parler et de communiquer avec les gens. Il n’est pas dans les critères d’être une ombre de son mari et un décorer à ses mouvements, comme l’a dit notre Cheikh Rissouni.

Un gentil homme m’a demandé : « Pourquoi accordez-vous autant d’attention à la critique d’une position piteuse et très superficielle ? Ma réponse a été la suivante : mon but n’est pas de répondre à un érudit qui s’est trompé mais de critiquer une manière de penser erronée et que le temps était venu pour que ça cesse en raison de son inefficience. De même, le Cheikh est également lié à l’organisation de l’unicité et de la réforme. Une organisation attachée à un parti qui dirige le gouvernement, le Parti justice et développement, et garder le silence sur ceux qui occupent une telle position peut induire en erreur les gens sur les valeurs avec lesquelles nous devons encadrer notre société marocaine, à savoir les valeurs de liberté, d’égalité, de justice, de respect mutuel et de coexistence au lieu d’une culture de discrimination, d’injustice, d’exclusion et de haine.

Traduction de l’arabe par Article19.ma

Article19.ma

share on:

Leave a Response