Dans une salle de cours de l’Institut catholique de Paris (ICP), avec vue sur le dôme de l’Eglise Saint-Joseph des Carmes, six séminaristes orthodoxes et trois musulmanes d’origine algérienne décortiquent l’étymologie du mot « laïcité ».

Comme chaque vendredi soir, ces élèves viennent parfaire leur connaissance du droit et de l’histoire français.

Après un refus de la Sorbonne, c’est ici que la volonté politique de former à la laïcité les futurs imams et aumôniers musulmans de France a pris corps, en 2008, avec le soutien du ministère de l’Intérieur.

« C’est un travail sur l’islam du juste milieu », juge Kamel Kabtane, recteur de la grande Mosquée de Lyon, où une formation similaire a été créée en 2012. « Ici, on ne peut pas dire la même chose qu’à Kaboul ou au Mali. »

Sept ans plus tard, le gouvernement, soucieux de lutter contre la radicalisation de certains jeunes et de limiter les interventions étrangères dans la deuxième religion de France, a annoncé qu’il encouragerait la multiplication de ces formations civiques et civiles d’un an, subventionnées par l’Etat à hauteur de 15.000 euros par étudiant.

L’objectif, affiché depuis les attentats djihadistes de janvier, est de les porter de six à douze d’ici la fin de l’année et de les rendre progressivement obligatoires pour les aumôniers, dans l’armée, à l’hôpital et en prison.

La France compte environ 2.500 mosquées et salles de prière et à peu près 1.800 imams en fonction.

Souvent formés seuls ou à l’étranger, ceux-ci ne parlent pas toujours français et ont des profils très hétérogènes. Des religieux respectés, formés dans les meilleurs instituts ou autodidactes, côtoient des prêcheurs « autoproclamés », l’imamat n’étant régi par aucun statut.

Reuters/ Article19.ma

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