Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ont lancé, mardi, les travaux de construction de la première centrale nucléaire.

Cette centrale sera réalisée par l’Agence russe de l’énergie atomique Rosatom à Mersin (sud) sur les bords de la mer Méditerranée, qui prévoit d’y construire 4 réacteurs nucléaires à eau pressurisée de type VVER d’une puissance unitaire de 1.200 MW pour 20 milliards de dollars, soit l’investissement le plus élevé jamais réalisé dans un unique projet dans le pays.

Elle est prévue pour produire près de 35.000 milliards de kWh d’électricité par an et devrait entrer en service en 2023 au centenaire de la République.

D’une durée de vie de 60 ans, la centrale répondra, une fois entièrement opérationnelle, à environ 10 % de la demande d’électricité de la Turquie, ce qui correspond à la consommation d’électricité d’Istanbul, la plus grande métropole turque.

Les entreprises turques participant au projet devraient créer une valeur ajoutée de 6 à 8 milliards de dollars pour l’économie turque.

Ce projet est d’une très grande importance pour la Turquie qui cherche à diversifier ses sources, à assurer sa sécurité énergétique et le développement de plusieurs domaines technologiques, y compris la médecine nucléaire, l’aéronautique, l’agriculture et le nucléaire pacifique.

Avec une facture énergétique annuelle aux alentours de 50 milliards de dollars, la Turquie vise à réduire sa dépendance des combustibles fossiles importés constituant une charge pour le déficit du compte courant du pays.

À cette fin, le pays a défini un programme nucléaire de trois centrales, la deuxième devant être construite à Sinop sur la Mer noire, un projet de 15 milliards d’euros attribué à un consortium réunissant le turc EUAS (49 pc), les japonais Mitsubishi et Itochu (30 pc) et le français GDF Suez (21 pc) d’une capacité totale de 4.480 MW avec quatre réacteurs ayant chacun une capacité de 1.120 MW.

Ankara envisage de mettre en chantier une troisième centrale d’ici 2030 à Kirklareli (nord-ouest).

La Turquie et la Russie avaient signé en 2010 un accord intergouvernemental prévoyant la construction de ladite centrale. Mais le projet avait connu un coup d’arrêt en raison de la grave crise diplomatique née de la destruction, en novembre 2015, par l’aviation turque d’un bombardier russe pour violation de l’espace aérien turc à la frontière syro-turque.

Rosatom exploitera la centrale, qui sera réalisée selon le modèle construction-exploitation-transfert (BOT), pendant 15 ans. Après que la compagnie aura prélevé ses propres revenus, 20% des revenus seront versés à la Turquie.

Article19.ma

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