La lutte contre le harcèlement est avant tout une question de sensibilisation et d’éducation. Pour l’avoir bien compris, quatre étudiantes en journalisme ont décidé d’engager la bataille, à leur façon, contre ce phénomène de plus en plus inquiétant dans la société marocaine.

Les quatre étudiantes à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) à Rabat (Kaoutar Abou Tir, Ahlam Chyadmi, Imane Abhari et Wafaa Baghouani) ont réalisé un petit film de sensibilisation sur le harcèlement contre les femmes qui fait un tabac sur les réseaux sociaux.
Le film intitulé « wach hassitou bina » (Ressentez-vous la même chose que nous) est en fait un sévère réquisitoire contre le harcèlement quotidien subi par les femmes dans la rue, au travail et même au sein de sa propre famille.

Dans ce petit film, inspiré de la réalité marocaine, les quatre journalistes en herbe endossent le rôle de ceux qui s’adonnent au harcèlement contre les femmes dans la rue pour connaître leurs réactions et les amener finalement à changer leurs comportements.
« En tant que victimes du harcèlement, que ce soit par l’attouchement ou par des propos injurieux, nous avons décidé de dénoncer ce phénomène et de transmettre notre souffrance », affirme Kaoutar Abou Tir.

« Après avoir opté pour ce sujet, nous sommes allées à la rencontre des victimes du harcèlement et de ceux qui le pratiquent. Nous avons ensuite contacté des sociologues et des psychanalystes et à ce moment là que nous avons décidé d’inverser les rôles », explique-t-elle.
La jeune fille n’a pas été surprise par l’avalanche de réactions suscitées par le film surtout sur les réseaux sociaux.

#واش_حسيتو_بينا ..فتيات مغربيات يبدعن ضد التحرش.. شاهد الفيديو

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Publiée par One Minute TV sur Vendredi 12 janvier 2018

« C’est normal que le film suscite autant de réactions, étant donné que nous sommes des femmes et puisqu’il s’agit aussi d’un sujet tabou », a analysé la jeune journaliste citée par le site elaphmorocco.com.
Elle précise que si les médias ont bien accueilli cette oeuvre, les attaques sont surtout venues des hommes qui estiment que les quatre étudiantes ne représentent pas toutes les femmes du Maroc et que la façon de s’habiller de ces femmes est la « principale cause » du harcèlement.

« Le harcèlement est devenue une habitude qui se pratique matin et soir et ceux qui incriminent la tenue des femmes ou leur maquillage peuvent être considérés comme malades », assène la jeune fille.

De son côté, Wafaa Baghouani relève que le harcèlement n’épargne pas les femmes voilées, « ce qui enlève tout crédit à l’idée selon laquelle les victimes sont responsables à cause de leur tenue », selon elle.
La jeune journaliste admet toutefois que le phénomène est complexe et pour lequel les solutions radicales n’existent pas.
Mais, nuance-t-elle, on peut atténuer son ampleur à travers l’éducation au respect des autres et de la femme en particulier, au sein de la famille, et aussi par l’intensification des actions de sensibilisation dans les médias et à l’école.

Article19.ma

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