L’avocat du chef de file des protestataires d’Al Hoceima, Me Isaac Charia, serait dans une mauvaise posture. Son principal client, Nasser Zefzafi, vient d’annoncer mardi devant la Cour d’appel de Casablanca qu’il « refusait tout » comme ses co-accusés, de voir cet avocat assurer leur défense.

Dans une lettre remise au magistrat Ali Tarchi, et portant la signature de 38 co-accusés, Zefzafi a demandé à Me Charia et son collègue Mohamed Ziane de se retirer de leur équipe de défense.

«Je n’ai aucun lien avec les déclarations qui m’ont été attribuées par l’avocat Isaac Charia, selon lesquelles Ilyas El Omari incitait les manifestants d’Al Hoceima… », affirme Zefzafi et ses co-accusés dans cette lettre.

Face à ce rebondissement, le magistrat Tarchi a prié Zefzafi de confirmer ses propos et la teneur de la lettre devant la Cour, ce que l’accusé n’a pas hésité à faire, alors que Me Charia était absent de l’audience après avoir annoncé sa décision de se désister de la défense des individus poursuivis dans le cadre des évènements d’Al Hoceima.

« Au vu des tensions qui pourraient influencer le cours du procès des détenus (…), j’annonce la suspension de ma plaidoirie au profit des détenus Hirak Rif pour préserver l’unité de sa défense », avait écrit samedi l’avocat sur son compte Facebook.

Le journaliste Hamid Mahdaoui, poursuivi également dans le cadre de ces évènements, aurait de son côté, demandé à Me Ziane de se retirer de l’équipe de sa défense.

Selon un avocat contacté par le site «hespress.com », cette lettre de Zefzafi et ses co-accusés met dans l’embarras Me Charia qui pourrait être poursuivi pénalement pour tentative d’induire en erreur justice.

Pour rappel : Cet avocat avait créé la surprise en déclarant la semaine dernière devant la Cour d’appel de Casablanca que le patron du Parti authenticité et modernité (PAM) Ilyas El Omari avait été en contact permanent avec les activiste du Hirak et les incitait à durcir leurs positions et à comploter contre la monarchie.

Suite à quoi, le procureur général du Roi près la cour d’appel de Casablanca a demandé à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) de diligenter une enquête au sujet de ces accusations et d’entendre Nasser Zefzafi.
Devant les enquêteurs de la BNPJ, ce dernier a mis les choses au clair, en apportant un démenti sans équivoque aux propos qui lui ont été attribués par son avocat.

Zefzafi a toutefois imputé à Ilyas El Omari « l’entière responsabilité » des protestations qui ont secoué le Rif, de par ses fonctions de président de la Région Tanger-Tétouan-Hoceima et de secrétaire général du PAM.

Le patron du PAM avait dénoncé toutes ces accusations, demandant l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Article19.ma

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