ALGÉRIE – Hadda Hazem en grève de la faim pour dénoncer «la mise à mort programmée» de son journal

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La journaliste et directrice de publication du quotidien «El Fedjr», Hadda Hazem, a annoncé lundi l’entame d’une grève de la faim afin de protester contre «la mise à mort programmée» de son journal, qui est privé de publicité institutionnelle et privée depuis trois mois.

«L’asphyxie financière de mon journal a commencé à la suite d’une déclaration que j’ai faite le 9 août dernier sur France 24 en arabe, dans le cadre d’une émission intitulée +Face-à-face+ et lors de laquelle j’ai posé la question +qui détient le pouvoir en Algérie, après le limogeage de l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune ?», a déclaré Mme Hazem à la presse.

Elle a expliqué que depuis, son journal est privé de la publicité institutionnelle et privée et il est puni pour ses positions politiques tranchées. «En 2004, en raison de mes positions par rapport au troisième mandat de Bouteflika, le journal a été, certes, privé de la publicité de l’Entreprise Nationale de Communication, d’Edition et de Publicité (ANEP) pendant 18 mois, mais à l’époque, les annonceurs privés étaient présents. Il y avait, notamment, les opérateurs de téléphonie mobile et des concessionnaires automobiles pour nous aider à tenir le coup», témoigne-t-elle, ajoutant «qu’aujourd’hui, les quelques annonceurs qu’on a approchés nous posent toujours la question au sujet de notre relation avec l’Anep, qui constitue l’indice à suivre pour eux, ce qui signifie que si le pouvoir est fâché avec vous, vous n’aurez rien».

Pour elle, cette grève de la faim est juste un moyen de lutter, car, ajoute-t-elle, il est peu probable que son action contribue à changer la situation en Algérie. «Je vais faire une grève de la faim et je sais qu’elle ne va mener à rien parce que le système est ferme», reconnait-elle.

«J’ai écrit au Premier ministre, au chef de l’État, à tout le monde, mais je n’ai pas reçu de réponse », a indiqué Hadda Hazem, qui a tenu à dénoncer le double standard appliqué par les pouvoirs publics aux journaux qui bénéficient de 9 à 10 pages de publicité par jour, contrairement au sien. Et d’ajouter que cette asphyxie a fait que les travailleurs du journal ne sont pas payés depuis près de deux mois.

Pour rappel, plus de 20 éditeurs de la presse électronique algérienne issus de 8 wilayas ont, à plusieurs reprises, condamné le blocage depuis le 05 octobre dernier de l’accès au site électronique «TSA» et l’atteinte aux libertés fondamentales de l’expression, de la presse et de l’entreprise.

Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion pour la troisième semaine consécutive à Alger, les éditeurs s’élèvent énergiquement contre cette censure que «le gouvernement ne veut pas assumer et qui, de surcroit, porte atteinte aux libertés d’expression, de la presse et à la liberté d’entreprendre».

Article19.ma

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