Il y a 2.500 ans que la vigne a été introduite au Maroc par les Carthaginois, mais l’industrie vinicole est maintenant en train de se renouveler et de s’épanouir, selon les spécialistes.

 Après une épidémie de phylloxéra, un insecte ravageur, au 19ème siècle, la vigne de cuve n’était replantée que durant le protectorat. Production a augmenté depuis les années 2000, et elle a dépassé 400.000 hectolitres pendant la campagne 2014-2015.

Cependant, les caves du Maroc sont face à un compétiteur ‘pas cher’ mais très agressif, le marché « semi-informel » de vodka, liqueurs et spiritueux artisanales. La vente de ces boissons alcoolisées fabriquées par une vingtaine d’ateliers à Casablanca, El Jadida, et Essaouira a battu un record l’année dernière avec l’écoulement de 700.000 hectolitres sur le marché national. C’est l’équivalent de 60% des volumes de bières, vins et spiritueux commercialisés dans le circuit formel, selon un reportage de L’Économiste.

unnamed-16

+ALCOOL BON MARCHÉ…MAUVAISE QUALITÉ +

Pourtant que ces entreprises sont inscrites au Registre du commerce et déclarées auprès de l’Administration des douanes et des impôts indirects, elles échappent au contrôle des autorités et peuvent réaliser des marges jusqu’à 100%.

Ces opérateurs achètent l’alcool alimentaire, l’ingrédient principal des boissons alcoolisées, en contrebande, qui « coûte à peine 10 DH/l de 96° », explique Oussama Aissaoui, président de l’Association des producteurs de raisins du Maroc. Ce qui leur permet de vendre leurs produits à des prix plus abordables que ceux des importés ou du secteur formel.

En outre, ces petits ateliers évitent le marquage fiscal chez eux avec la demande à SPICA (société de marquage fiscal), qui les prépare le nombre des timbres fiscaux dont ils ont besoin. Sinon ils utilisent des vignettes fiscales contrefaites ou ne mettent rien du tout, ce qui aide à masquer la provenance du produit.

Mais ce manque de respecte pour les règles de production et de distribution a un prix encore plus cher pour les consommateurs marocains que le vin commercialisé : la mauvaise qualité. Par exemple « le degré d’alcool mentionné ne correspond pas au degré réel sur 80% des bouteilles » fabriquées de manière artisanale, explique Aissaoui.

In fine, à qui profite ce désordre et laxisme? N’est-ce pas à ces opérateurs ‘informels’ qui menacent par leur activité lucrative une industrie millénaire, la vinification marocaine.

Par Emma Davis

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.