Au Maroc, pas de mauvaise surprise à l’horizon, l’Etat continuera à soutenir les couches sociales les plus défavorisées en maintenant les prix des produits de première nécessité inchangés en 2018. D’ailleurs, le projet de loi de finances (PLF) relatif à l’exercice budgétaire de l’année 2018 prévoit une dotation de 13,019 milliards de dirhams (MMDH) au titre de la compensation, selon le ministère de l’Economie et des finances.

Cette dotation est destinée à soutenir les prix du gaz butane et des produits alimentaires (sucre et farine de blé tendre), indique le ministère dans un rapport sur la compensation accompagnant le PLF2018 a affirmé le ministre lors d’une conférence de presse jeudi à Rabat.

En 2017, la Loi de finances avait programmé une enveloppe de 12,65 MMDH au titre de la compensation, fait savoir le rapport, notant que pour la période janvier-juillet 2017, la charge de prévisionnelle relative au soutien des prix du gaz butane, du sucre et de la farine de blé tendre s’est élevée à 9,1 MMDH, dont 8,7 MMDH ont déjà été débloqués.

La charge de compensation, qui s’est chiffrée à 56,6 MMDH en 2012, a ainsi totalisé au cours de la période 2011-2015 près de 200 MMDH, ce qui constitue « un important coût d’opportunité par rapport à l’investissement public et au développement de l’infrastructure nationale, ou à l’acquittement d’une partie de la dette du Trésor marocain », estime la même source.

En connaissance des retombées d’une telle dépense à moyen et long termes, tant sur le plan budgétaire que sur le plan économique, la réforme de la compensation a été érigée parmi les réformes prioritaires qui visent à « redresser les équilibres macroéconomiques du pays et favoriser une croissance plus élevée et plus inclusive, où se conjoignent le renforcement des investissements d’une part, et la protection de la population vulnérable d’autre part », souligne le ministre.

A l’issue d’une décompensation progressive qui a commencé en 2012, les prix des produits pétroliers liquides ont été libéralisés en décembre 2015, ce qui a contribué à la baisse du poids de la charge de compensation de 6,5% du PIB en 2012 à 1,4% du PIB en 2016.

Selon le rapport, les marges dégagées à travers cette réforme ont permis, dans un premier temps, de ramener les dépenses aux seuils autorisés par la loi de finances, d’apurer les arriérés de la compensation, puis de renforcer les budgets alloués aux secteurs sociaux dans le cadre d’une transition qui vise à améliorer l’efficience des dépenses publiques et un soutien plus ciblé des populations pauvres et vulnérables.

En s’inspirant des expériences internationales et en puissant dans l’expérience nationale dans le domaine de la protection sociale, le Maroc a conçu de nombreux programmes sociaux adaptés aux contexte marocain durant ces dix dernières années, alimentés à partir du budget général, du Fonds de cohésion sociale, du Fonds d’entraide familiale et du Fonds de l’Initiative nationale pour le développement humain, fait remarquer la même source. Parallèlement à ces programmes, le Royaume a pris certaines dispositions pour préserver l’accès des citoyens au transport public, à savoir le remboursement du surcoût du gasoil induit par la réforme dans le transport urbain par autobus et le soutien au transport scolaire.

Ci-dessous, le document de présentation du projet de la loi de Finances 2018:

Article19.ma

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