A coeur ouvert, l’ex-secrétaire général du PPS, Moulay Ismail Alaoui relate certaines étapes de ‘la transition démocratique’ au Maroc et lève le voile sur ‘le pourquoi’ les islamistes ‘modérés’ du PJD n’ont pas pu accéder au pouvoir en 2002. 

Contexte: Un mois et demi après les élections législatives de 2002 remportées par l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Jettou, indépendant, est appelé par le Roi Mohammed VI à former le gouvernement.

En principe, le Premier ministre devait être issu du parti qui obtient le plus grand nombre de voix. et c’était une revendication de la classe politique marocaine. Bref, Moulay Ismail Alaoui explique les circonstances de cette « rupture inattendue » dans ce que les partis politiques appellent « la méthodologie démocratique ».

 Extraits de l’interview publiée dans le journal Almassae mardi 24/2/2015 (dernière page):

Q: En 2002, il a été dit qu’Abbas El Fassi (ex-leader de l’Istiqlal) a fait une grande pression pour qu’Abderrahmane El Youssoufi puisse continuer à la tête du gouvernement?

R: En 2002, il y avait « Moula nouba » (à chacun son tour), et d’autres considérations, dont la composition d’une majorité virtuelle.

Q: Qu’est-ce que ça veut dire une majorité virtuelle ?

R: La majorité ne s’est pas composée dans la réalité. Le parti de l’Istiqlal a essayé de constituer une majorité avec le MP, le PJD, et d’autres partis. L’USFP, à son tour, a commis les mêmes erreurs, au point que certains de ses dirigeants ont déclaré que l’Istiqlal ne figurait pas sur l’agenda de l’USFP.

Q: Ceci est arrivé avant la nomination de Driss Jettou au poste de premier ministre?

R: C’est ce qui a conduit à la nomination de Jettou.

Q: Vous voulez dire que le conflit entre l’Istiqlal et l’USFP ont poussé le palais à mettre un terme à l’expérience de ‘l’Alternance’ et à la nomination d’un premier ministre technocrate?

R: En plus de ce que j’ai cité, la non-disposition de l’USFP d’une majorité et la constitution de l’Istiqlal d’une majorité virtuelle comprenant le PJD , ont poussé le roi à nommer Driss Jettou au poste de premier ministre.

Q: Pourquoi le Roi aurait refusé une coalition dirigée par l’Istiqlal, et comprenant le PJD ?

R: Il était difficile pour le Roi d’accepter l’entrée du PJD au gouvernement une année après les événements du 11 septembre 2001 (USA). Il était probable que la réaction des américains soit négative. Dieu seul sait. Mais, il y eut de grandes erreurs.

Q: Certains transposent  l’obstruction que faisait  l’Istiqlal, sous la direction de Abbas El Fassi, au gouvernement de Youssoufi à  ce que fait ce même parti, sous la direction de Hamid Chabat, au gouvernement de Benkirane?

R: (Silence)…Il est difficile d’établir une comparaison alors que le contexte est totalement différent…Mais malheureusement qui est perdant dans ce genre de situation: notre peuple et notre patrie.

PS: 10 ans plus tard, le PJD sous la houlette de « l’homo politicus » Abdelilah Benkirane accéda au affaires de l’Etat, suite au ‘Printemps Arabe’ et à des élections transparentes en novembre 2011.

Article19.ma

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