Non, ce n’est pas le titre du film du réalisateur Brésilien Nelson P. Dos Santos, l’histoire s’est passée au Maroc en 2017.  L’artiste Salima Ziani, alias Silya, une des figures de Hirak Rif, qui a été détenue à la prison d’Oukacha à Casablanca avant de bénéficier d’une grâce royale, a failli entrer « en dépression nerveuse »  lors de sa détention, a révélé une source judiciaire qui a pris connaissance du PV établi par le juge d’instruction annexé à sa décision d’ordonner son incarcération.

Selon ce PV, a rapporté Alyaoum 24, Silya, est arrivée au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNJP) après 13 heures de voyage dans le siège arrière de la voiture de police avec les mains menottées. La voiture de police avait quitté Al Hoceima à minuit et n’est arrivée que le lendemain à 13 heures alors que l’hélicoptère dont il a été dit qu’elle a été utilisée pour le transfert des détenus du Hirak n’a servi en réalité que pour le transport de l’activiste Nasser Zefzafi.

+Menottée d’Al Hoceima à Casablanca+

Sur le chemin, les policiers ont pris le repas du « S’hour » car c’était Ramadan sans lui ne donner ni à manger ni à boire.

Une fois arrivée au siège de la BNJP, les policiers ont entamé son interrogatoire qui a duré 4 heures.

« Ils me disaient : parlez, ministre de la culture », a-t-elle confié au juge d’instruction en allusion à la liste du gouvernement postée par l’activiste rifain El Mortada Iamrachen.

Elle a ajouté que les policiers lui ont présenté des PV pour les signer avant de revenir une nouvelle fois pour lui signifier que des changements ont été introduits sur ces PV et lui demander de les résigner sans qu’elle prenne connaissance de leur contenu.

+Cris et souffrances de détenus…+

Silya a, en outre, fait savoir qu’elle a été menacée durant l’interrogatoire.

« J’ai entendu des cris que j’ai crus provenir de mes camarades détenus, puis j’ai demandé des nouvelles de Nasser Zefzafi et ils m’ont dit qu’il était dans un hôtel 5 étoiles », a-t-elle affirmé soutenant que les policiers l’ont menacé de connaître le même sort que ces derniers si elle ne collabore pas avec eux.

Silya revient, en outre, sur les événements de la journée du 26 mai. Elle dit avoir demandé, vers midi, à un chauffeur de taxi du nom de Mohamed Al Mahdali, actuellement détenu à la prison d’Oukacha, de la conduire du centre ville à la maison de sa famille. Mais le chauffeur du taxi l’a informé qu’il devrait rencontrer Nasser Zefzafi pour récupérer une somme d’argent qu’il lui avait prêtée. C’est ainsi, affirme-t-elle, qu’elle s’est trouvée au quartier de Zefzafi où régnait la tension.

+Deux versions des faits à Al Hoceima+

Elle a affirmé qu’elle a filmé Zefzafi à sa demande avant de demander au chauffeur de taxi de la ramener puis de décider de revenir dans le quartier une nouvelle fois avec des amies pour se rendre chez la mère de Zefzafi alors que ce dernier était en train de prononcer un discours sur la terrasse de la maison. Puis elle est partie chez sa tente qui habite le même quartier avant d’être arrêtée alors qu’elle était dans le taxi avec 2 de ses amies.

A Al Hoceima, Silya dit avoir fait l’objet de maltraitance de la part de la police qui a pris un échantillon de sa salive en lui disant sur un ton ironique que c’était pour voir si elle n’avait pas le Sida.

Selon Alyaoum 24, la version racontée par l’activiste au juge d’instruction est très différente de celle contenue dans les PV de la BNPJ où il est dit que Silya a aidé Zefzafi à fuir après que ce dernier ait interrompu le prêche de la prière de vendredi avant de revenir avec lui et de monter tous les deux sur la terrasse pour appeler à la poursuite des protestations.

Article19.ma

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