Ahidous, un art original et ancestral des habitants de l’Atlas, est menacé de disparition en « l’absence d’un soutien » de la part des responsables chargés de la culture, affirme le poète amazigh Mohamed Ajidad, chef de la troupe d’Ahidous à Ben Smim près d’Ifrane.

Ahidous un art d’expression musicale tant bien masculin que féminin. C’est une danse traditionnelle pratiquée par les tribus berbères au Maroc dans les régions du Moyen Atlas et du haut-Atlas, dans laquelle hommes et femmes, coude à coude, forment des rondes souples et ondulantes, accompagnées de chants rythmés par le bendir. On le dansait à l’occasion des moindres fêtes et même, l’été, après la moisson, presque tous les soirs dans les villages.

« Lorsque les jeunes voient notre état et notre situation, nous et les pionniers qui nous ont précédé, et savent que nous n’avons profité de rien malgré ce que nous avons donné, cet art amazigh authentique est par conséquent en danger », a déclaré Ajidad au site d’info Hespress.

+ »Nous continuerons …même si nous devrions mourir de faim »+

Selon le poète, « ce qui fait mal » est que le soutien octroyé par les institutions officielles aux professionnels dans le domaine des arts et de la culture « va dans les poches » de personnes qui ne font que des semblants d’art, et que « personne ne se préoccupe » des véritables artistes amazighs.

Lors du récent festival international d’Ifrane, une symphonie a été interprétée par 23 troupes d’Ahidous dont une constituée entièrement de femmes, la première du genre, mais dès que les lumières du festival ont été éteintes toutes ces troupes sont retournées dans leurs douars dans l’Atlas où elles sont négligées malgré que cet art est considéré comme étant un patrimoine immatériel.

« Nous ne bénéficions d’aucune subvention. Il y a des troupes constituées en associations et qui reçoivent des subventions des collectivités territoriales mais jamais des institutions nationales », a-t-il regretté, ajoutant qu’elles sont même exclues des chaines de télévision publiques.

Ajidad a également indiqué qu’il a traduit les poèmes de la symphonie, exprimant l’espoir que les chercheurs et les journalistes s’y intéressent pour découvrir ce « trésor ».

« Nous, nous continuerons à faire cet art même si nous devrions mourir de faim, car c’est notre culture et c’est pour le bien de notre pays et de notre public », a-t-il encore dit.

Quant à la subvention octroyée par le ministère de la culture, le poète amazigh a raconté qu’il avait fait la démarche auprès de ce département dont la réponse a été : « nous avons 5000 associations et voulez-vous que l’on vous soutienne vous aussi ».

Article19.ma

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