Les marocains ignorent l’hygiène en répétant « anazafa mina al’i’mane »*

share on:

JAOUAD MABROUKI

Combien de fois par jour le marocain se lave-t- il les mains? Je parle du lavage avec du savon, et non uniquement avec de l’eau ! Combien de fois par jour se brosse-t- il les dents? Combien de fois par semaine prend-il une douche et change-t- il ses vêtements et sous-vêtements ? Je l’ignore, mais quel que soit le nombre, il reste insuffisant.

Avec l’été et la chaleur je remarque beaucoup d’odeurs dérangeantes à chaque fois que je m’approche des gens aussi bien dans la rue, au café, que dans le bus , au souk, dans le taxi et même dans les administrations. Une odeur de vieille transpiration, de sueurs des aisselles, de pieds, de vêtements sales et des cavités orales.

Je remarque aussi souvent des hommes qui urinent dans les ruelles et qui iront par la suite serrer la main à d’autres. D’ailleurs, la majorité des hommes quittent les toilettes sans se laver les mains avec du savon, ou dans le meilleur des cas se les rincent avec de l’eau, mais elles resteront humides lorsqu’ils te serreront la main. Tout comme je remarque ceux qui finissent de sonder les profondeurs de leur nez avec le doigt et continuent ce qu’ils étaient en train de faire, et qui vont même jusqu’à poser leur main sur quelqu’un d’autre sans aucun lavage des mains au savon. Les exemples sont multiples et il est impossible de tous les énumérer.

La gravité de cette situation est que l’absence de l’hygiène se propage dans tous les domaines de la vie, comme par exemple dans l’industrie du pain artisanal, de sa fabrication à son arrivée chez l’épicier. Je vois souvent un véhicule de ville, sans aucune condition d’hygiène, rempli de pains, s’arrêtant d’une épicerie à une autre, les fenêtres ouvertes, le livreur tenant une cigarette, éternuant, toussant et pouvant très bien avoir une maladie contagieuse. La voiture roule sous les rayons du soleil, et les mains sur le volant abritent tout un monde de microbe.

A un moment le livreur s’arrête et saisit fortement entre ses bras et son torse un nombre considérable de pains reposant sur ses vêtements impropres et son haleine n’est qu’à quelques centimètres du pain. Puis il dépose le lot devant l’épicier et s’en va à la hâte pour livrer les autres commerces. L’épicier à son tour sans se laver les mains au savon commence à ranger le pain. Par la suite le premier client palpe tous les pains pour retenir celui qui lui convient. Puis le 2 ème , le 3 ème jusqu’au nième client répétant la même opération de palpation. A un moment donné tu arrives et tu ne trouves qu’un seul pain restant, tu le prends pour le manger avec tes enfants sans savoir où les centaines de doigts ayant touché ton pain trainaient avant la palpation!

Méditons un instant sur le degré de l’hygiène de ces mains qui ont palpé ton pain quotidien ?

Méditons sur le parcours de ton pain dans ce monde septique avant d’atterrir dans ton estomac ?

Il est inutile d’évoquer les conditions d’hygiène de fabrication et de vente des aliments de tous les jours comme « alharcha », « mel’oui », « frites », « merguez », « shawarma » et tous les sandwiches.

Inutile aussi de parler de la vente des viandes rouges en dehors des frigos, à la merci de la poussière, de la chaleur, des haleines des clients ! Et les œufs sous les rayons de soleil, et les fruits, les légumes et la menthe établis par terre près de la poussière des chaussures et des pieds.

Inutile de parler de la grande catastrophe de la vente du poulet, ses conditions d’abatages et la bassine d’eau chaude qui accueille dans la même eau des dizaines de poules avant leur passage dans la machine à déplumer sans aucune soumission aux règles sanitaires de base.

Observons maintenant le style des vendeurs de tous ces aliments ? Ils portent des vêtements sales, leurs ongles abritent des corpuscules noirâtres, l’odeur de leur transpiration et de leur haleine est sans pareille. Plus grave encore le fameux tablier porté par certains, blanc autrefois, mais maintenant sculpté de toutes les saletés possibles. Imaginez un instant où étaient les mains de ces vendeurs, tous les lieux infects qu’elles ont visité avant de vous préparer un sandwich ou une « harcha » ou de vous faire livrer un pain !

Le marocain répète cent fois par jour « anazafa mina al’i’mane »* mais est-ce qu’il voit toute cette saleté et ce bouillon de culture microbienne ou non ?

l’hygiène émane de la foi

Article19.ma

share on:

Leave a Response